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Santé mentale au travail : l’état psychologique des salariés se dégrade

le 14 mars 2023

En cette période de quiet quitting et de grande démission, la santé mentale des salariés continue de se dégrader et de constituer un élément décisif dans les démissions de ces derniers. Selon le dernier baromètre d’Empreinte Humaine, 44 % des collaborateurs sont en détresse psychologique.

La 11e vague du baromètre de la santé psychologique des salariés français, publié par Empreinte Humaine, met en évidence un taux de détresse psychologique élevé parmi les salariés interrogés. Selon l’infographie qui résume cette étude, 44 % des collaborateurs présentent des signes de détresse psychologique, soit 3 points de plus qu’en juin 2022. Parmi eux, 14 % sont dans un niveau de « détresse psychologique élevé ».

L’étude permet de constater que le rapport au travail est de plus en plus tendu, et qu’il s’agit de l’origine de cet niveau de détresse psychologique latent. Ainsi, 74 % des salariés déclarent que leur état de santé psychologique est « en partie » ou « totalement lié » à leur travail. Selon Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d’Empreinte Humaine : « ces indicateurs et leur progression laissent présager des troubles mentaux et psychologiques qui découlent d’un mal-être au travail. » Il prédit pour l’année qui vient une augmentation ou un « maintien à des niveaux élevés » de l’absentéisme, un fort taux de turn-over, ainsi qu’un rapport au travail toujours plus difficile, et « des difficultés à retenir les collaborateurs. »

Selon le baromètre d’Empreinte Humaine, les populations les plus touchées par les risques psychosociaux (RPS) demeurent les femmes (49 %, +3 points), les managers (44 %) et les jeunes de moins de 29 ans (55 %, +4 points). Par ailleurs, l’étude prévient que le télétravail « nécessite toujours autant de prévention » : 44 % des télétravailleurs « hybrides » et 50 % des « full remote » se disent en situation de détresse psychologique.

Toutefois, le taux de risque de burn-out, évalué à l’aide d’un questionnaire scientifique reconnu, a baissé en 2023 pour atteindre 28 % (-6 points). Parmi ces personnes à risque, 10 % (soit 2 millions de personnes) présentent un risque de burn-out sévère.

Rapport au travail et santé mentale sont liés

L’étude permet également de constater que plus l’état de santé mental est affecté, plus le rapport au travail est impacté. Ainsi, chez les personnes qui « recherchent plus de sens dans leur travail » (70 % des salariés), il y a deux fois plus de détresse psychologique », écrit Empreinte Humaine. En parallèle, 50 % des salariés déclarent qu’avoir été affecté psychologiquement a fait changer leur rapport au travail.

Il est également intéressant de constater que pour 60 % des salariés, le travail a pris moins d’importance dans leur vie, mais que leur santé psychologique a pris une place plus importante dans leur travail, et qu’on leur « demande de plus en plus » en termes de charge de travail. En cette période de « grande démission » et de « démission silencieuse », 50 % des collaborateurs se reconnaissent dans le « quiet quitting ». La même proportion affirme, en outre, qu’avoir vu des burn-out dans leur entourage professionnel les a « amenés à remettre en question » leur rapport au travail, quand 54 % se disent « moins tolérants » au stress professionnel. « Les salariés expriment plus que jamais une plus grande exigence quant aux environnements de travail qui peuvent menacer leur bien-être psychologique », analyse Christophe Nguyen.

Empreinte Humaine constate par ailleurs que « le turn-over est aussi lié » à la santé mentale. Ainsi, les intentions de quitter son entreprise augmentent en 2023 : 39 % souhaitent changer d’organisation (+ 2 points par rapport à juin 2022), et 70 % déclarent qu’ils « partiraient plus facilement » pour des problèmes pouvant atteindre leur santé mentale. Finalement, le cabinet estime que le risque de démission est 2 à 3 fois plus important quand l’état psychique du salarié est affecté par le travail.

L’action des entreprises encore insuffisante

Bien que les entreprises multiplient aujourd’hui les initiatives en matière de qualité de vie au travail (QVT), leur impact réel reste limité. Les travailleurs recherchent avant tout davantage de sens dans leur travail (70 %), plutôt que des initiatives limitées et ponctuelles. Selon Empreinte Humaine, « les gens souhaitent un meilleur rapport au travail, ils ont besoin d’être mieux payés, d’être reconnus, d’avoir un meilleur équilibre avec leur vie personnelle pour être plus efficaces ». Selon l’étude, la majorité (71 %) des collaborateurs estiment que la QVT signifie « travailler autant, mais mieux », tandis que 19 % estiment que cela rime avec « travailler moins ».

Le baromètre d’Empreinte Humaine observe que « la sécurité psychologique reste faible » : seuls 40 % des salariés disent qu’il existe un plan d’action de prévention des RPS dans leur entreprise, et pour 9 collaborateurs sur 10, les entreprises « pourraient faire plus » en matière de lutte contre le stress, le harcèlement, la surcharge de travail, ou encore le manque de reconnaissance.

L’étude avance enfin les « raisons de l’échec » de la prévention des RPS (risques psychosociaux) dans les entreprises, selon les salariés :

  • un manque d’intérêt des managers de proximité ;
  • un manque d’intérêt de la direction générale (Codir, Comex) ;
  • un « manque de contraintes légales pour obliger » les employeurs à protéger la santé mentale des salariés ;
  • un manque de connaissance sur les bonnes actions à mener ;
  • la surcharge de travail des managers.

Source : Empreinte Humaine



hayet2024-01-29 11:15:56
cet article est intéressant , merci .

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