Cette semaine, la rédaction de Parlons RH vous présente une infographie réalisée par PerfHomme qui passe au crible quelques grandes tendances RH de la rentrée. L’une d’elles, consacrée au ghosting des candidats par les recruteurs, nous a particulièrement fait frissonner : 80 % d’entre eux déclarent avoir déjà été laissés sans réponse par un recruteur. Un chiffre qui nous donne d’abord l’occasion de revenir sur une drôle de partie de cache-cache entre candidats et recruteurs. Nous verrons surtout pourquoi ces silences sont loin d’être anodins pour l’expérience candidat et peuvent sérieusement hanter l’image d’une entreprise. Puisqu’il est facile de dire « il suffit de répondre », nous passerons aussi de l’autre côté du bureau, où le temps manque parfois autant que les candidatures abondent. L’occasion de voir comment l’automatisation peut remettre un peu d’ordre dans tout ça, sans lui laisser les pleins pouvoirs.
80 % des candidats ont déjà été « ghostés » par un recruteur : ça fait peur
Qui n’a jamais été ghosté par un recruteur ? Pas grand monde, à vrai dire. C’est le cas de 80 % des candidats interrogés dans le cadre de l’enquête Jooble reprise dans l’infographie de PerfHomme.
Soyons beaux joueurs, cette pratique ancestrale n’est plus réservée aux recruteurs. Les candidats, eux aussi, aiment jouer au petit fantôme. Celui qui ne répond plus aux mails, disparaît après un entretien ou, dans sa version la plus spectaculaire, accepte le poste avant de se volatiliser dans la nature. En 2023, une enquête OpinionWay pour Indeed nous révélait que 57 % des salariés avaient déjà disparu sans laisser de traces parce qu’ils ne souhaitaient plus donner suite au processus. De quoi donner quelques sueurs froides aux recruteurs.
Alors, qui a commencé ? Le candidat qui disparaît parce qu’il a été laissé en “vu” ou le recruteur qui ne répond plus parce que le candidat s’est évaporé la fois précédente ? À ce petit jeu du “c’est celui qui dit qui y est”, on risque de tourner longtemps en rond.
Finalement, peu importe. Le ghosting n’est manifestement pas un travers propre aux recruteurs : il illustre simplement le dysfonctionnement de la relation de recrutement elle-même. Il est temps de siffler la fin de la récré. Recruteurs, vous avez bien mieux à proposer : une relation qui commence par de la confiance et donne envie, en retour, de la mériter.
Miroir, miroir, dis-moi qui est la plus belle entreprise ?
Dans cette histoire, il y a quand même un sacré paradoxe : jamais les entreprises n’ont autant travaillé leur image auprès des candidats : site carrière aux petits oignons, marque employeur bichonnée, promesse candidat travaillée au cordeau… Des moyens, du temps et beaucoup d’énergie sont consacrés pour faire bonne impression. Tant mieux, les candidats en font exactement autant lorsqu’ils préparent leur CV, soignent leur candidature ou se préparent à un entretien. Beaucoup d’efforts pour séduire, donc. Un silence pour tout gâcher.
Un refus fait pourtant pleinement partie de l’expérience candidat. Peut-être même en dit-il davantage sur l’entreprise que tous les échanges qui l’ont précédés. Séduire celui que l’on espère recruter, c’est finalement la moindre des choses. La façon dont une entreprise traite celui qu’elle ne recrutera pas est sans doute le meilleur reflet de la place qu’elle accorde vraiment aux personnes qui la composent.
Automatiser n’est pas ghoster
Évidemment, personne n’imagine que les professionnels des RH prennent un malin plaisir à laisser les candidats sans réponse. La réalité est plus terre à terre : le temps manque, les moyens ne suivent pas toujours et les recrutements ne sont qu’un sujet parmi beaucoup d’autres. Toutes les entreprises n’ont d’ailleurs pas une équipe dédiée pour traiter les candidatures, loin de là. Alors quand elles se multiplient, répondre à chacune d’elles peut vite devenir un casse-tête.
L’automatisation est une opportunité dont vous, professionnels des RH, devez vous saisir. Pour confirmer la réception d’une candidature, programmer un entretien, garder le contact pendant un process de recrutement et même annoncer à un candidat que son profil n’a pas passé la première étape. Faut-il y voir une nouvelle étape vers un recrutement entièrement robotisé ? Certainement pas, et les candidats eux-mêmes mettent le holà : selon le baromètre Yaggo-Ifop 2026, 50 % considèrent une réponse négative automatique et impersonnelle comme une mauvaise expérience.
Alors, où placer la limite ? Plus un candidat avance dans le process, plus il mérite une réponse personnelle. Après un entretien, ou dans certains cas particuliers comme celui d’un candidat passif que vous avez vous-même contacté, oubliez le message automatique.
Automatisez ce qui peut l’être, humanisez ce qui doit l’être et, surtout, ne disparaissez plus en cours de route. Bien qu’invisibles, les fantômes laissent des traces. Un candidat oublié pourrait bien revenir hanter votre marque employeur et effrayer au passage ceux qui seraient tentés de pousser votre porte. Inutile d’attendre une séance de spiritisme pour chasser les esprits malins : répondez. Même pour dire non.

Source : Perfhomme



