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ANDRH prix du numérique 2017 à Montrouge

Prix du DRH numérique : l’humain, facteur indispensable à la transformation des entreprises

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Lors de la 4e édition du Prix du DRH numérique de l’ANDRH (Association nationale des DRH) qui s’est déroulée le 27 septembre à Montrouge (92), dans les locaux de Orange Campus, quatre récompenses ont été décernées, par un jury d’exception, aux directeurs des ressources humaines qui ont su appréhender la transformation digitale de leurs entreprises avec brio. Retour sur une soirée riche d’échanges et d’enseignements.

 

Transformer l’entreprise, une expérience digitale et humaine

Il n’est pas encore tout à fait 19 heures lorsque le public composé de professionnels de l’écosystème RH pénètre dans l’auditorium de Orange Campus qui accueille cette année, la 4e édition du Prix du DRH numérique organisée par l’ANDRH (Association nationale des DRH). Tous sont venus applaudir les quatre lauréats qui s’apprêtent à être récompensés pour leurs projets tant innovants qu’audacieux de transformation numérique de leurs entreprises. Mais, avant de connaître les DRH digitaux 2017, plusieurs personnalités ont pris la parole afin de vanter ces changements inéluctables au sein des organisations et surtout, leur caractère urgent.

C’est ainsi que Jérôme Barré, directeur exécutif du groupe Orange a rappelé, à l’instar de tous les intervenants de la soirée, que transformer l’entreprise « est une expérience à la fois digitale et humaine ». « Ces deux mots que l’on oppose souvent, je considère non seulement que l’on peut les rapprocher et même les faire entrer en résonance », a-t-il déclaré. Il a ajouté que se « tourner vers le digital et accompagner ses salariés dans leurs usages digitaux [étaient] de formidables opportunités pour l’entreprise ». En effet, la transformation digitale reste l’occasion de repenser :

  • l’expérience salarié
  • les organisations et les espaces de travail
  • les business modèles
  • ainsi que les postures managériales.

 
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« Si le DRH n’est pas digital aujourd’hui, que sera-t-il à l’avenir ? »

Le président du jury Pierre-Marie Argouarc’h introduit la 4e édition du Prix du DRH numérique

 

Un avis amplement partagé par Pierre-Marie Argouarc’h. En sa qualité de président du jury, le directeur des Relations Humaines et de la Transformation du groupe FDJ®, a souligné que « la transformation passe par les managers de proximité » qui peuvent au sein des entreprises devenir des « digital mentors », des ambassadeurs. Pour lui, il paraît aussi évident que la DRH doit être au coeur du processus, qu’il en va de la destinée même de la fonction. « Pourquoi faut-il saisir cette opportunité ? », fait-il mine de s’interroger. Parce que d’ici cinq à dix ans, l’intelligence artificielle et le Big Data vont modifier bien plus nos vies privées et professionnelles que n’avait pu le faire l’électricité à l’ère de la révolution industrielle. « Si le DRH n’est pas digital aujourd’hui, que sera-t-il à l’avenir ? »

L’assistance a également eu la chance d’écouter Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du Conseil d’orientation pour l’emploi et invitée d’honneur de l’événement. Celle qui représente la France au G20 sur les questions sociales et d’emploi, est revenue sur l’impact de la numérisation et de l’automatisation sur le marché du travail. Contrairement à certaines études alarmistes (1), elle a expliqué que le nombre de postes « vulnérables dans leur composition actuelle et qui pourraient être supprimés dans un contexte d’automatisation, représentent moins de 10 % des emplois ». Un argument de plus pour les DRH confrontés aux craintes qu’engendrent les nouvelles technologies en matière de sécurité de l’emploi.

 

Le palmarès 2017 du #DRHNUM

Parmi les prétendants au titre de DRH numérique, qui avaient été auditionnés au préalable pour argumenter du bienfondé de leurs démarches, quatre ont réussi à sortir du lot. Par leur pertinence et leur exigence, leurs projets ont su convaincre le jury composé de dix-neuf DRH du secteur public et privé, tels que Jean-Paul Charlez d’Etam et président national de l’ANDRH, Xavier Broseta du groupe Bolloré, Christophe Foglio de M6 (DRH numérique 2016) ou encore Yves Arnaudo du groupe La Poste. Voici le palmarès.

 

  • Le prix du DRH numérique – Jérôme Bouron, DRH du Groupe SOS

Jérôme Bouron répondant aux sollicitations des médias à l’issue de la cérémonie de l’ANDRH

 

Parce qu’il est parvenu à mettre en place « la digitalisation complète du cycle de la collaboration dans une logique de performance, de pertinence et d’attention portée aux personnes », Jérôme Bouron, DRH du Groupe SOS a été sacré DRH numérique 2017 ! « Le digital dans nos métiers du soin peut être perçu comme un frein à la relation humaine approfondie et ce qu’on a réussi à démontrer au travers d’outils simples et efficaces, pensés pour nos collaborateurs pour une part et pour nos usagers d’autre part, c’est que l’écran vient augmenter notre capacité à délivrer nos services », a-t-il confié à Parlons RH. Et d’ajouter : « En développant des applications pour les personnes en situation d’autisme, en incluant des personnes en mal-logement via le cloud solidaire, en développant pour nos salariés qui sont issus de parcours de réinsertion une plateforme numérique qui s’appelle Les bons profils et qui permet de s’insérer durablement dans l’emploi, voilà trois exemples qui nous mettent en situation de mieux faire notre métier. »

En effet, « on a développé un logiciel maison sur le reclassement des salariés, ça n’existe pas sur le marché », a-t-il expliqué. Et on a monté un programme d’engagement des collaborateurs via une plateforme qui leur permet de trouver des missions de bénévolat sur leur territoire. On a également créé un vrai réseau social qui regroupe 100 000 personnes qui partagent sur leurs aspirations et leurs constructions de projets innovants pour les besoins sociaux. »

Et lorsqu’on lui parle du prix d’une telle transformation digitale, sa réponse est sans appel : « Je pense que ça coûte moins cher que de ne pas le faire, notamment si on se place sur une perspective du moyen et du long terme. On a mené beaucoup de projets, mais pour vous donner une illustration, nous avons créé des Moocs de recrutement avec la startup The Mooc Agency qui développe des produits de recrutement très innovants. La mobilisation de nos expertises dans la construction des Moocs, a été l’occasion pour nous d’un contrat de partenariat qui a même dégagé un petit excédent – parce qu’ils les adressent désormais à tout leur marché de prospects et de clients,   »

 

  • Le prix de la disruption numérique RH – Claude Monnier, DRH de Sony Music France

Claude Monnier lors du photocall du Prix du DRH numérique de l’ANDRH

 

Lui aussi a réussi un tour de force : une campagne de recrutement décalée, basée sur le son et l’image via l’application Shazam, le tout sponsorisé par le Crédit Mutuel. Claude Monnier, DRH de Sony France a donc pris à contre-pied les codes habituels du recrutement. S’il a désarçonné le jury, il l’a également bluffé. Tout est parti du constat que « les artistes, les médias, les fans ont beaucoup changé ces dernières années. La façon dont on consomme la musique a évolué, la façon dont on fait la musique a évolué et la façon dont on vit la musique dans les festivals, les concerts, a évolué », nous explique-t-il.

« Auparavant, il était plus facile d’être suiveur des évolutions de nos interlocuteurs au quotidien que d’être dans l’anticipation de leurs besoins et leurs attentes. Or, une maison de disques c’est avant tout des talents qui dénichent de nouveaux talents », poursuit-il. « Je me suis mis en observation extrêmement humble et modeste, au quotidien des métiers chez nous de directeurs artistiques, des personnes qui sont aux tout premiers contacts avec les artistes. J’ai découvert à quel point ce métier n’avait ni formation initiale, ni formation continue, qu’il était exercé en France par peu de personnes et qu’avec toute l’affection que j’ai pour eux, ils ont beaucoup de points communs, ils se ressemblent un peu tous. […] La diversité est un facteur avec lequel nous devons travailler au quotidien ».

Pendant 15 mois, il donne rendez-vous chaque semaine à douze personnes de sept services différents afin de « réfléchir à ce que pourrait être le processus de recrutement qui permettrait de diversifier [leur] communauté de directeurs artistiques ». De cette concertation naît Talent Factory. « Pour être extrêmement pragmatique et honnête intellectuellement, c’est tout sauf une idée RH, c’est le produit de tous les métiers de la maison, et c’est pour ça que ça a fonctionné », déclare-t-il.

Malgré le succès de cette première édition (2 millions de personnes connectées, 60 000 candidatures et les félicitations du groupe Sony au niveau mondial), Claude Monnier a voulu « confronter [le projet] à un jury extérieur, impartial, objectif, exigeant, technique ». « Qui mieux qu’une communauté de DRH et donc de pairs peut juger l’un des siens en lui disant “super, moyen, à revoir ou complètement médiocre”. L’exercice était délicat car il y avait une prise de risque, mais il nous était nécessaire, notamment à moi dans la fonction RH pour investir cette saison 2. Voir l’association de ces DRH et notamment le président du jury, souligner que nous avons fait quelque chose d’un peu étrange mais qu’ils veulent le reconnaître, c’est du courage. Et aujourd’hui dans le monde de l’entreprise, du courage c’est probablement ce dont on a le plus besoin. »

 

  • Le Prix de la transformation numérique de la fonction RH – Sébastien GRAFF, DRH Groupe de Invivo

Sébastien Graff revient sur la transformation digitale de son entreprise pour Parlons RH

 

L’exemple de Invivo prouve qu’il n’est jamais trop tard pour se lancer dans la transformation digitale de son entreprise. Cette société, dont « l’ambition est de défendre la coopération agricole française et d’aider les agriculteurs », a lancé son projet en 2014. « Jamais il y a trois ans, on aurait cru être invité comme speakers sur VivaTech ou recevoir ce prix », remarque Sébastien Graff, DRH de Invivo qui décroche le trophée de la transformation numérique de la fonction RH. « C’est une valorisation des équipes, tout ce monde qui travaille et produit de belles choses est reconnu par la profession. »

L’entreprise voit les choses sur le long terme et a établi plusieurs phases stratégiques à mener d’ici 2025. S’ils se projettent si loin dans le temps, c’est pour deux raisons :

  • le secteur agricole qui repose lui-même sur des cycles longs (création de semence, nouvelle race d’animal…)
  • et pour rassurer les collaborateurs et booster leur motivation.

Si tout a démarré en 2014, la partie consacrée au numérique en tant que tel a débuté en 2016 et devrait durer jusqu’en 2020.
Invivo a également ouvert une nouvelle division, Food and Tech, dédiée à la recherche de nouvelles formes de consommations et de productions agricoles. A ce titre, elle travaille sur quatre segments que sont le e-commerce, les modalités de retail, les alternatives aux protéines animales et l’urban farming. Elle s’apprête prochainement à lancer son Tour de France pour aller à la rencontre de startuppers, particuliers, étudiants… afin de financer des projets en lien avec ce nouveau département.

 

  • Le Prix Mieux travailler à l’ère du numérique – Stéphanie Villejoubert, DRH de Retis

Avant de reprendre la direction de Toulon, Stéphanie Villejoubert nous accorde un entretien

 

Stéphanie Villejoubert, DRH de Retis a, quant à elle, décroché la mention spéciale du jury, le Prix Mieux travailler à l’ère du numérique. « Tout ce projet est né d’une prise de conscience collective que nous avions accumulé du retard dans notre propre transformation digitale. Pour rattraper ce retard — sachant que nous sommes dans un secteur qui bouge très vite, Rétis conçoit et installe des réseaux informatiques, — nous avons compté sur tous les collaborateurs pour repenser ensemble notre stratégie, notre projet d’entreprise baptisé projet 2020 », explique-t-elle.

Pour parvenir à ses fins, elle a « mis en place des communautés d’intérêts en fonctionnant en groupes agiles pour repenser les trois dimensions de la transformation digitale », à savoir : – le business plan, business model et organisation – les usages digitaux – le mode de management

Et les résultats ne se sont pas fait attendre : « Un an plus tard, notre positionnement est revu. Nous proposons trois services : la mise en place de la Digital Workplace et des espaces de travail collaboratifs. On a conservé notre coeur de métier — l’installation d’infrastructures de réseaux informatiques — mais on a développé une activité de cybersécurité. »

Parmi les moyens utilisés, Retis « s’est acculturé digitalement en utilisant Microsoft365 qui a facilité la vie des communautés agiles, raconte Stéphanie Villejoubert, et on a couplé avec de l’affichage dynamique pour faciliter la communication, axe très important pour réussir un projet de transformation digitale. »

 

A noter que le hashtag #DRHNUM, permettant aux internautes de suivre la cérémonie de remise des prix, a été le sujet le plus commenté de la soirée sur Twitter France.

(1) L’étude d’Oxford annonce la destruction de 47 % des emplois par le numérique et l’automatisation

 

Crédit photo : © ANDRH

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Aurelya BILARD

Journaliste, Aurélya multiplie les expériences au sein de startups et pure players, avant de s’orienter vers le brand content en freelance. Après avoir traité de nombreux sujets dans les domaines du recrutement et de la formation pour le compte d’un jobboard, elle rejoint Parlons RH en tant que rédactrice RH. Diplômée d’une Licence d’Histoire à la Sorbonne, elle est aussi titulaire d’un Certificat de qualification aux métiers du journalisme (ESJ Paris).

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