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inégalité salariale hommes femmes
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Inégalité salariale : arrêt de travail des femmes à l’appel du #7novembre16h34

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Depuis le 7 novembre, soit hier à 16h34, les femmes travaillent gratuitement… proportionnellement aux salaires des hommes. C’est la statistique scandaleuse qui se partage depuis ce week-end sur les réseaux sociaux sous le hashtag #7novembre16h34. On doit cette campagne d’action contre l’inégalité salariale hommes femmes aux Glorieuses, un collectif féministe qui a appelé à des actions de mobilisation à la date et à l’heure dites. Elles reprennent ce mouvement des Islandaises qui le 24 octobre dernier quittaient leur lieu de travail à 14h38. Pour justifier cette date à partir de laquelle les femmes travaillent « bénévolement », les Glorieuses retiennent les chiffres 2010 d’Eurostat. Mais pourquoi une telle différence ? L’infographie suivante, publiée par Alterecoplus et conçue à partir d’une étude de la DARES, nous donne quelques pistes d’explication.

 

Travailler moins pour gagner moins

C’est un fait, les femmes travaillent moins que les hommes pour des raisons qui tiennent plus aux stéréotypes de nos sociétés et aux choix familiaux qu’aux compétences professionnelles, ce qui réduit d’autant leur rémunération.

  • La différence de temps de travail : 30 % des femmes sont à temps partiel contre seulement 7 % des hommes. La répartition des tâches familiales notamment après la naissance des enfants pousse les femmes à sacrifier leur temps de travail professionnel au profit du temps familial. Un choix que font rarement leurs conjoints masculins, souvent freinés dans cette entreprise par des profils de carrière au sein du couple plus rémunérateurs et des stéréotypes sociaux qui n’incitent pas à une inversion des rôles ni à une répartition du temps travail/famille plus équitable.
  • Interruption momentanée de carrière : En 2012, les femmes avaient en moyenne un nombre de jours travaillés inférieurs de 1,7 % à celui des hommes. Bien sûr : porter des enfants implique une période d’inactivité. Peu de chance de ce côté-là que la maternité et l’accouchement reviennent un jour aux pères, mais les congés parentaux sont inégalement répartis au sein du couple.

Selon la Dares, 9,4 % des inégalités salariales entre femmes et hommes provient de la différence du nombre d’heures travaillées.

 

Une ségrégation professionnelle

Près de la moitié des femmes sont employées dans une dizaine de professions fortement féminisées : aides à domicile, secrétaires, enseignantes, infirmières… des métiers très peu lucratifs. Ces professions sont pour la plupart destinées aux jeunes filles, orientées très tôt vers ces filières de formation. Cette concentration professionnelle explique 3,5 % de l’écart de rémunération total.
C’est vrai aussi pour les postes à responsabilité, souvent occupés par les hommes.

Dans un précédent article sur l’entrepreneuriat au féminin nous constations déjà l’écart important entre les hommes et les femmes chefs d’entreprise. Elles représentaient seulement 30 % des créations d’entreprise. Un écart dû notamment à des inégalités sur le marché du travail et à un moindre accès aux responsabilités et aux financements. De fait, dans l’entreprise, les femmes sont concentrées au bas des hiérarchies salariales. Selon la DARES, “dans 73 des 76 familles de métiers étudiées, plus de 50 % des femmes sont rémunérées sous le salaire horaire net médian (hommes et femmes confondus) alors que c’est le cas de moins de 50 % des hommes “.
 
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Une discrimination phallocrate ?

Dans les 12,8 % d’inégalités qui ont lieu au sein des mêmes familles professionnelles, le phénomène de non évolution des carrières (effet de structure) est évalué à 2, 3 %. Il reste donc 10,5 % des inégalités salariale entre les hommes et les femmes qui ne trouve pas d’explications. Existe-t-il des pratiques discriminatoires à l’embauche, au mérite ou en matière de promotion ? On peut le penser mais on n’en connaît pas l’ampleur. Ces inégalités salariales pourraient tout aussi bien découler de la valorisation du diplôme, de l’expérience professionnelle ou de l’ancienneté sur le poste, même si les pratiques inégalitaires citées précédemment ne sont évidemment pas niées.

 

Des solutions simples pour lutter contre l’inégalité salariale

Le message porté par l’initiative des Glorieuses n’est pas nouveau et le problème est régulièrement porté à l’attention de l’opinion publique. Catherine Genisson, à l’origine de la loi du 9 mai 2001 relative à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, rappelle le travail déjà entrepris par les parlementaires pour combler ce fossé salarial entre homme et femme.

En octobre 2014, Antoine Bozio, Brigitte Dormont et Cecilia Garcia-Peñalosa faisaient déjà des propositions dans le cadre d’une note du Conseil d’Analyse Economique. 7 points très simples pour réduire les inégalités salariales entre femmes et hommes :

  • Promotion de la visibilité des femmes dans les métiers “masculins” et sensibilisation des enseignants et conseillers d’orientation à la mixité des professions.
  • Aide aux femmes célibataires ou dépendantes par une meilleure prise en charge des jeunes enfants dans des structures d’accueil.
  • Développement du partage des congés parentaux entre les deux parents grâce au CLCA (Complément de libre choix d’activité).
  • Amélioration des indemnités journalières lors des congés maternité/paternité.
  • Utilisation des quotas uniquement dans le cadre de la représentation politique ou syndicale.
  • Réforme des droits familiaux de retraite pour réduire les dispositifs qui amplifient les inégalités entre hommes et femmes.

Des mesures à mettre en place tout de suite si on ne veut pas attendre 2186, suivant la prédiction du Forum économique mondial, pour que les femmes et les hommes aient enfin des salaires égaux.

 

infographie inégalité hommes femmes 7novembre2016
 

Source : AlterEco+

 

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