La transparence salariale, c’est pour quand ? Certainement pas pour tout de suite. Dans la première actu de cette Revue du web, on fait le point sur un sujet aux allures d’Arlésienne. En selle maintenant, direction l’Essonne où des salariés pédalent désormais pendant leurs réunions et produisent même de l’électricité au passage. Changement de braquet, ensuite : après plusieurs décennies à accélérer la cadence, l’intensité du travail recule en France pour la première fois. Une bonne nouvelle à nuancer, vous vous en doutez. Esprit d’équipe, confiance, bienveillance… Les belles valeurs ont la cote en entreprise, mais font-elles vraiment la différence ? Réponse dans la quatrième actu. Une question un peu intime, ensuite : est-ce que tu biaises ? La question mérite d’être posée aux algorithmes de recrutement, dont la prétendue neutralité peut parfois reproduire les inégalités qu’ils étaient censés éviter. Enfin, connaissez-vous vraiment votre voisin d’open space : près d’un Français sur deux reconnaît ne pas avoir tout à fait la même personnalité au travail et à la maison. Bonne lecture !
[RÉMUNÉRATION] Transparence salariale, Arlésienne, quand tu nous tiens !
Vous aviez consciencieusement entouré le 7 juin 2026 en rouge sur votre calendrier ? Nous aussi. La France avait jusqu’à cette date pour transposer la directive européenne sur la transparence salariale, mais trois mois plus tard, le texte vient seulement d’arriver en Conseil des ministres. Souvenez-vous, le projet prévoyait notamment de communiquer aux candidats la rémunération prévue pour le poste et de permettre aux salariés de connaître le niveau moyen de rémunération de leurs collègues qui exercent un travail de même valeur. Tout cela à une condition, évidemment, que la loi soit votée. Comme le souligne Cadremploi, entre les débats budgétaires et la présidentielle qui approche à grands pas, le calendrier se resserre sérieusement. L’entrée en vigueur pourrait finalement attendre le printemps 2028. C’est encore un peu flou, tout ça. Je lis l’article
[QVCT] En selle !
Pédaler dans la semoule au travail, ça nous est tous arrivé au moins une fois. Pédaler vraiment, c’est déjà plus rare. Au conseil départemental de l’Essonne, huit « vélo-bureaux » ont pris place dans une salle de réunion. Les salariés peuvent ainsi pédaler pendant qu’ils travaillent et produire l’électricité nécessaire pour recharger leur ordinateur. Et pourquoi pas la machine à café tant qu’on y est ? France Info est allé tester ce drôle de mélange entre séance de travail et séance de cardio, pensé pour remettre un peu d’activité physique dans des journées devenues, à l’insu de notre plein gré, souvent très sédentaires. L’idée étant quand même de trouver le bon rythme et de ne pas arriver essoufflé au moment de prendre la parole. Les premiers utilisateurs évoquent une meilleure concentration et moins de fatigue l’après-midi. Bonus inattendu, une salariée assure même que pédaler permet de raccourcir les réunions. Amis RH, vous tenez peut-être là votre prochain investissement QVCT. Je lis l’article
[SANTÉ AU TRAVAIL] Coup de frein sur l’intensité au travail
C’est suffisamment rare pour être signalé : l’intensité du travail recule en France. Selon la dernière enquête de la Dares, relayée par RSE Magazine, les salariés sont moins nombreux à devoir travailler sous la pression de plusieurs contraintes de rythme : délais serrés, cadence imposée, demandes urgentes… Ils sont aujourd’hui 38 % à en cumuler au moins trois, contre 43 % en 2016. Une baisse qui s’accompagne de davantage d’autonomie et d’un sentiment de fierté en hausse. Voilà pour les bonnes nouvelles. Pas question de crier victoire pour autant : après plusieurs décennies d’intensification, le recul est modeste et les contraintes de rythme demeurent élevées. La baisse est aussi très inégale selon les métiers : les employés peu qualifiés continuent notamment de subir plus de contraintes de rythme que les autres salariés. Pour tous, les contraintes physiques, elles, ne diminuent pas. Port de charges lourdes, postures pénibles ou gestes répétitifs restent encore très présents dans le monde du travail. Pas de quoi fanfaronner, donc. Je lis l’article
[TALENT MANAGEMENT] Encore des mots, toujours des mots
Esprit d’équipe, confiance, respect, bienveillance… Vous pouvez choisir les mots que vous voulez. Tout ce qui compte, c’est la manière dont ils se traduisent au quotidien. L’Agefi revient sur une étude de Heidrick Consulting qui confirme le poids de la culture d’entreprise dans la performance. Pour attirer et fidéliser les talents, bien sûr, mais aussi pour accompagner les transformations et rapprocher les équipes après une fusion ou une acquisition. Les dirigeants peuvent donner l’impulsion, mais ce sont aussi (et surtout) les managers qui traduisent cette culture dans le quotidien des équipes, à travers leurs décisions, leurs comportements et leur manière de travailler. Les valeurs, c’est comme la confiture : moins on en a, plus on les étale sur un site carrière. Je lis l’article
[IA] Est-ce que tu biaises ?
Les robots recruteurs n’ont pas encore décidé d’éliminer l’humanité. Ils peuvent en revanche éliminer certains CV un peu trop facilement. The Conversation s’intéresse à la fausse neutralité des données utilisées par les outils de recrutement. Pour classer les candidats, certains systèmes s’appuient sur des données a priori objectives comme l’expérience accumulée, les performances passées ou le nombre de missions réalisées. Seulement, tout le monde n’a pas forcément eu les mêmes opportunités pour accumuler cette expérience. Un candidat moins favorisé au départ risque donc d’être moins bien classé par l’algorithme, d’être moins visible auprès des recruteurs et, de fait, moins sollicité. La « boucle de rétroaction » est bouclée. Rien de surprenant à ce que l’AI Act classe les systèmes utilisés pour le recrutement parmi les IA à haut risque. Chassez les biais, ils reviennent au galop. Je lis l’article
📊 Le chiffre de la semaine : 44 %
Non, vos collègues ne vous cachent pas forcément une double vie, mais presque. Une étude OnePoll pour Hotels.com montre que près d’un professionnel sur deux n’est pas tout à fait la même personne au bureau et à la maison. Au travail, place à « l’effet costume » : on se montre plus ponctuel, plus organisé, on soigne davantage son apparence et certains mettent même une partie de leur personnalité en sourdine. Une fois la journée terminée, « l’effet coulisses » prend le relais et les masques tombent. Le phénomène est encore plus marqué chez la Gen Z, qui est 55 % à reconnaître ce dédoublement. Rien d’anormal pour autant : notre personnalité n’est pas figée et s’adapte naturellement aux différents contextes. Vous pouvez donc continuer à faire confiance à vos collègues. Enfin, normalement.
💻 Le post LinkedIn de la semaine – Un statut en question
Être cadre, ça fait toujours rêver ? Visiblement, un peu moins qu’avant. Charge de travail qui augmente, équipes qui rétrécissent, salaires qui patinent et temps libre qui en prend un coup… Sur LinkedIn, Jérémy Lacoste revient sur ce sentiment de « déclassement » exprimé par de nombreux cadres français. Un statut qui demande toujours beaucoup mais qui semble rapporter un peu moins. Avec l’IA qui vient ajouter son lot de questions sur l’avenir des cols blancs, le tableau ne s’arrange pas vraiment.



