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Revue du web #584 : tâches ingrates, balade heureuse et casque VR

Dans la Revue du web, tâches ingrates, pauses clope et casque VR. Aussi au menu : VSST, balade du midi et grand écart entre savoir et faire

Publié le 27/03/2026

Mis à jour le 27/03/2026

Par Stéphane Varisellaz

Comme chaque semaine, la Revue du web ausculte le monde du travail, ses tensions comme ses évolutions. On commence avec ces tâches ingrates que l’on distribue un peu trop facilement, alors qu’elles peuvent entraîner des conséquences bien moins anodines qu’il n’y paraît. On s’arrête ensuite sur les pauses cigarette, non pour relancer un vieux débat de machine à café, mais pour poser une question bien plus intéressante : pourquoi faut-il encore, dans certaines entreprises, un prétexte pour avoir le droit de souffler ? On poursuit avec les violences sexistes et sexuelles au travail, alors qu’une proposition de loi entend rappeler aux employeurs que la prévention, le signalement et la protection doivent enfin faire l’objet d’un cadre clair et structuré. Changement d’ambiance ensuite du côté de la formation, où le casque VR commence sérieusement à bousculer les habitudes en remettant l’action, l’entraînement et le droit à l’erreur au cœur des apprentissages. Une petite balade, ça vous dit ? Une simple marche pendant la pause déjeuner peut parfois faire bien plus pour l’énergie, la concentration et la santé mentale qu’un café avalé en vitesse devant son écran. Enfin, le chiffre de la semaine vient rappeler une évidence que certains débats oublient un peu vite : si l’on veut vraiment faire travailler plus longtemps, encore faut-il commencer par rendre le travail plus soutenable. Bonne lecture !

[MANAGEMENT] Les tâches ingrates coûtent plus cher qu’on ne croit

Demander à un salarié de “rendre service”, de prendre une tâche ingrate ou de gérer ce que personne ne veut faire, sur le moment, cela peut vous sembler anodin. Attendez un peu de plonger dans l’article de The Conversation. Pour faire court, ces missions jugées illégitimes ne sont pas de simples irritants du quotidien et abîment bien plus que l’humeur des collaborateurs : elles minent le sentiment de justice, fragilisent l’identité professionnelle et, surtout, encouragent un silence bien plus dangereux qu’il n’y paraît. En effet, lorsqu’un collaborateur se sent méprisé dans son rôle ou son expertise, il ne décroche pas forcément. Il peut continuer à faire le job, tout en cessant de parler. Moins de questions, moins d’alertes, moins d’idées, moins de feedback sincère. En résumé, moins de ce qui permet à une organisation de corriger ses failles avant qu’elles ne deviennent des problèmes plus sérieux. Derrière la mauvaise répartition des tâches, ce n’est donc pas seulement la motivation qui s’effrite, c’est la parole utile qui se retire. Ce silence-là, c’est le calme avant la tempête. Je lis l’article

[EXPÉRIENCE COLLABORATEUR] Pas de fumée sans feu

Cinq milliards d’euros par an. Voilà le montant que coûteraient les pauses cigarette aux entreprises françaises, selon une étude relayée par Capital. Toutefois, l’intérêt de l’article est ailleurs : derrière la petite polémique sur les “fumeurs qui prennent plus de pauses”, c’est surtout notre rapport aux temps morts au travail qui se retrouve sur la braise. Non, le vrai scandale n’est pas que l’on fasse des pauses. C’est que l’on continue, dans bien des organisations, à tolérer celles qui se voient… tout en négligeant celles dont tout le monde aurait besoin. Les pauses clope posent donc une question plus large et franchement plus intéressante : pourquoi certains salariés doivent-ils s’autoriser un prétexte pour souffler, quand la récupération, la concentration et la lutte contre la sédentarité devraient relever d’une hygiène de travail normale ? Finalement, le problème n’est peut-être pas la cigarette mais le fait qu’il faille encore s’en griller une pour avoir le droit de respirer. Je lis l’article

[DIALOGUE SOCIAL] VSST : l’entreprise face à ses responsabilités

Déposée début mars à l’Assemblée nationale, une proposition de loi entend muscler nettement les obligations des employeurs face aux violences sexistes et sexuelles au travail. Derrière ce texte présenté par les Éditions Tissot, il ne s’agit plus seulement de rappeler des principes généraux ou de renvoyer les entreprises à leurs obligations de sécurité : l’objectif est de structurer, noir sur blanc, une véritable politique de prévention, de signalement, de traitement et de protection. Négociation collective, DUERP, plan de prévention, formation obligatoire, référents dédiés, campagnes de sensibilisation, nouveaux droits pour les victimes, prise en compte explicite des violences conjugales dans le cadre professionnel : le texte élargit considérablement le périmètre de responsabilité de l’employeur. Ce qui relevait encore trop souvent du “sujet sensible” pourrait devenir un objet pleinement intégré à la conformité sociale, au dialogue social et à l’organisation du travail. Je lis l’article

[SANTÉ AU TRAVAIL] La balade des gens heureux

Dans cet article, Psychologies nous présente une habitude toute simple : marcher pendant la pause déjeuner. L’idée peut sembler banale, presque trop évidente pour être prise au sérieux. Pourtant, une étude prouve que cette coupure active améliore l’énergie et la concentration. l’idée n’est pas de transformer la pause du midi en programme de développement personnel, mais de rappeler qu’un vrai moment de coupure peut avoir des effets très concrets sur la manière dont on vit son après-midi. Sortir du bureau, changer d’air, bouger un peu, laisser le téléphone tranquille quelques minutes : ce n’est pas grand-chose sur le papier, mais c’est parfois exactement ce qu’il faut pour repartir autrement. Comme quoi, la récupération reste encore l’un des leviers les plus sous-estimés du travail bien fait. Je lis l’article

[FORMATION] Une nouvelle dimension avec le casque VR

La réalité virtuelle commence à trouver une place beaucoup plus sérieuse dans les stratégies de formation. L’article du Point révèle que la VR est une façon de remettre l’action au cœur de l’apprentissage. Apprendre en faisant, tester sans risque, répéter sans casser, se tromper sans conséquence immédiate… pour les métiers techniques comme pour certaines compétences comportementales, la promesse est évidente : raccourcir le temps d’apprentissage tout en renforçant l’ancrage des acquis. L’autre bascule intéressante, c’est que le virtuel ne sert plus seulement à “animer” un team building. Il devient un vrai terrain d’entraînement pour travailler la gestion du stress, la coordination, le leadership ou la communication en situation. À une condition, toutefois : qu’il y ait derrière le casque une vraie intention pédagogique, des objectifs précis et un débriefing digne de ce nom. Quant à l’IA, elle pourrait bien lui donner un nouveau souffle, en rendant les simulations plus vivantes et plus adaptatives. Je lis l’article

📊 Le chiffre de la semaine : +22%

C’est la hausse des symptômes dépressifs observée chez certains seniors lorsque le départ à la retraite est repoussé dans des conditions de travail dégradées. Ce chiffre, issu d’une étude fondée sur l’enquête SHARE sur la santé des seniors et l’European Working Conditions Survey sur la qualité de l’emploi, dit une chose essentielle : le vrai sujet n’est pas seulement l’allongement des carrières, mais l’état du travail en fin de parcours. Non, il ne s’agit pas de dire que travailler plus longtemps est forcément mauvais pour la santé mentale. Il s’agit de rappeler qu’avec une charge excessive, peu de soutien, une faible autonomie ou un manque de reconnaissance, prolonger l’activité ne fait qu’ajouter de l’usure à l’usure. Si l’on veut vraiment faire travailler plus longtemps, encore faut-il commencer par rendre le travail plus soutenable.

💻 Le post LinkedIn de la semaine – Entre savoir et faire, le grand écart

Cette semaine, Sacha Munaut signe un post LinkedIn particulièrement juste sur les compétences de demain. Voici les trois grands enseignements à retenir. D’abord, le diagnostic est désormais connu : les entreprises devront combiner compétences technologiques et compétences humaines, de l’IA à la pensée critique, en passant par la créativité, la résilience ou l’empathie. Ensuite, le décalage entre les discours et la réalité reste immense. Beaucoup d’entreprises disent utiliser l’IA, mais très peu en ont encore un usage réellement avancé, tandis qu’une large majorité de dirigeants reconnaissent que leurs équipes ne sont pas prêtes. Enfin, Sacha Munaut rappelle une chose essentielle : dans ce contexte, attendre passivement un grand plan de formation n’est plus suffisant. La différence se fera de plus en plus dans la pratique, l’expérimentation et la capacité à apprendre en faisant, au contact de ceux qui testent réellement les outils. Une prise de parole lucide sur ce qui sépare encore la promesse de l’adoption

Illustration : Shutterstock / Deutschlandreform & Unajon

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.