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Revue du web #565 : Femmes « bénévoles », problème du piédestal et culture de la honte

Cette semaine, la Revue du web prend le pouls d’un monde du travail tiraillé entre doutes, réformes et nouvelles attentes.

Publié le 14/11/2025

Mis à jour le 02/01/2026

Par Stéphane Varisellaz

Cette semaine, la Revue du web prend le pouls d’un monde du travail tiraillé entre doutes, réformes et nouvelles attentes. Entre les femmes qui, depuis lundi, travaillent symboliquement « bénévolement », la « culture de la honte » qui freine la génération Z et le « problème du piédestal » qui pousse certains à idéaliser leur boss, le monde du travail nous tend un miroir sans filtre. Côté politique RH, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 poursuit sa route vers le Sénat, dans un contexte où les réformes sociales redessinent peu à peu le quotidien des entreprises. Pendant ce temps, Alain Klarsfeld rappelle que l’inclusion en entreprise se construit, dans les process et les petits gestes du quotidien. Quant au chiffre de la semaine, il confirme une tendance forte : les compétences s’imposent plus que jamais comme le cœur battant de l’expérience collaborateur. Bonne lecture !

[ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES] Mesdames, vous travaillez « bénévolement »

Chaque année, la même claque : depuis ce lundi 10 novembre à 11h31, les femmes travaillent gratuitement. Ce n’est pas une formule choc, mais le résultat d’un calcul précis signé Rebecca Amsellem, économiste et autrice de la newsletter “Les Glorieuses”. En cause ? Un écart salarial de 14,2 % dans le privé, qui repousse toujours plus loin l’horizon de l’égalité. En 2016, la date tombait le 6 novembre à 16h34, pour un écart de 15,8 %. Une avancée ? En apparence seulement. Dix ans plus tard, rien n’a vraiment changé et à ce rythme, les femmes devront patienter jusqu’en… 2167 pour être payées comme les hommes ! Oui, vous avez bien lu. Explications chiffrées (et un brin désespérantes) dans cet article signé 20 Minutes. Je lis l’article

[MANAGEMENT] “Problème du piédestal” : pourquoi idéaliser son boss est une mauvaise idée

Avez-vous déjà idéalisé un manager juste parce qu’il avait un titre plus ronflant, plus d’expérience ou plus de charisme que vous ? C’est ce qu’on appelle le « problème du piédestal » : vous finissez par croire qu’il sait forcément mieux, au point de taire vos idées et d’étouffer votre créativité. Cette admiration mal placée isole aussi les dirigeants, privés des retours sincères de leurs équipes. Pour en sortir, Slate nous présente la méthode simple de Kelli Thompson, coach américaine et autrice de Closing The Confidence Gap : reconnaître ses zones de doute, valoriser ses forces et oser se percevoir comme un égal. Les leaders de demain l’ont bien compris : plus besoin de trôner pour inspirer. L’avenir du management se joue dans la proximité, l’écoute et la confiance partagée. Je lis l’article

[CULTURE D’ENTREPRISE] Génération Z : sortir de la culture de la honte au travail

La peur d’être perçu comme « incompétent » freine une partie de la génération Z. Ces jeunes professionnels veulent bien faire mais redoutent le jugement et la critique. Résultat : ils se retiennent de poser des questions, de partager leurs idées ou de prendre des risques. Cette « culture de la honte », née d’une éducation hyperconnectée où chaque erreur peut être amplifiée publiquement, agit comme une barrière invisible à la performance. Cependant, comme tout comportement socialement appris, cette attitude peut être modulée. Sur son site internet, Forbes détaille trois leviers concrets pour permettre aux dirigeants d’inverser la tendance : montrer l’exemple en admettant ses propres erreurs pour normaliser la vulnérabilité, transformer le feed-back en outil de progression et créer des occasions d’expression à faible enjeu pour redonner de la confiance. Autant de leviers pour bâtir un environnement professionnel où l’apprentissage prend le pas sur la peur de l’erreur, afin de permettre à la Génération Z de s’exprimer pleinement. Je lis l’article

[POLITIQUE RH] Projet de loi de financement 2026 : les points clés pour la fonction RH

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 redessine plusieurs lignes clés de la politique RH. Les députés ont rejeté la taxe patronale de 8% sur les titres-restaurant, tout en validant la hausse de la contribution sur les ruptures conventionnelles, qui passerait de 30% à 40%. Côté retraites, le gouvernement propose de geler l’âge de départ et le nombre de trimestres requis jusqu’en 2028. Enfin, les arrêts de travail seraient désormais limités à un mois pour une première prescription, sauf justification médicale. Parmi les nouveautés les plus inattendues : les médecins pourraient bientôt prescrire… du télétravail en alternative à un arrêt maladie. S’ajoutent une défiscalisation totale des heures supplémentaires et un allègement de la fiscalité pour les PME, contrebalancés par la prolongation de la surtaxe sur les grandes entreprises. Un tour d’horizon signé HelloWork pour y voir clair avant le passage du texte au Sénat. Je lis l’article

[INCLUSION] Stéréotypes en entreprise : agir avant de vouloir corriger les biais

Pour Alain Klarsfeld, professeur en management RH à TBS Education, lutter contre les stéréotypes passe moins par les discours que par des mesures concrètes. S’appuyant sur des décennies de travaux en psychologie et en sociologie, il rappelle dans le média en ligne Les Échos qu’il est illusoire de faire porter la responsabilité des discriminations sur les seuls managers ou recruteurs : l’inclusivité se construit aussi dans les processus et l’organisation du travail. Concrètement, cela passe par des initiatives qui favorisent la rencontre et la compréhension mutuelle : les opérations « vis ma vie », où les collaborateurs découvrent le quotidien de collègues en situation de handicap, ou encore les « Adaptathons », imaginés par TBS, des hackathons dédiés à l’innovation sur l’accessibilité. Son credo : agir avant de vouloir corriger les biais. Pas question de tout révolutionner, Alain Klarsfeld souhaite ancrer l’inclusion dans les pratiques quotidiennes : adapter les horaires, rendre les outils accessibles et encourager les collaborations croisées pour bâtir, pas à pas, des environnements réellement inclusifs. Je lis l’article

📊 Le chiffre de la semaine : 90%

Selon l’étude Fosway réalisée en collaboration avec Cornerstone, 90% des DRH estiment que les compétences sont un élément central de l’expérience collaborateur. Une conviction somme toute logique : l’épanouissement professionnel repose sur un équilibre fragile entre expertise et apprentissage. D’un côté, le sentiment de maîtriser son métier et d’apporter une vraie valeur ; de l’autre, celui de progresser, de repousser ses limites, d’apprendre encore. Entre la sous-qualification, qui nourrit le sentiment d’impuissance, et la surqualification, qui engendre l’ennui, la gestion des compétences doit maintenir ce point d’équilibre. Les salariés, eux, en sont convaincus : 84% jugent le développement professionnel déterminant dans le choix d’un employeur, et plus d’un sur deux quitterait son entreprise sans perspective d’évolution.

💻 Le post LinkedIn de la semaine : Les 10 missions invisibles du DRH

Christopher Nadaud, ex-DRH, décrit un métier qu’on ne voit souvent qu’à moitié. Les urgences, la proximité, la gestion humaine sont bien visibles. Mais derrière, il y a tout le reste : la stratégie, la prévention, la diplomatie, la structuration. Être DRH, surtout en PME, c’est jongler entre dix casquettes, penser long terme tout en gérant l’immédiat. À travers un carrousel clair et juste, il dévoile ces 10 missions souvent méconnues qui font la richesse, et la complexité, de la fonction RH. 

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Illustration : image générée par une IA

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.