Les microvacances sont-elles en train de remplacer les grandes vacances ? C’est en tout cas une tendance qui séduit de plus en plus de salariés, et c’est notre première actu de la semaine. On reste ensuite dans l’ambiance de la rentrée avec une réalité moins réjouissante : pour certains, les congés agissent comme un révélateur et donnent soudain envie de changer de poste… ou de manager. Changement de décor : le télétravail a beau s’être installé dans nos habitudes, les couloirs du bureau continuent parfois d’ouvrir plus de portes que les visioconférences. Puis, cap sur la génération non non. Refuser un emploi toxique ou claquer la porte au premier désaccord ? Derrière cette image très médiatique de la Gen Z se cachent en réalité des parcours bien plus contrastés. Enfin, s’il vous semblait qu’y’a plus de saisons ma bonne dame, vous n’êtes pas les seuls. À force de se répéter, les canicules ne bouleversent plus seulement nos étés : elles transforment aussi nos conditions de travail. Quant au chiffre de la semaine, il montre que les seniors sont de plus en plus nombreux à rester en emploi… même si la France a encore du chemin à parcourir. Il est temps pour la rédaction de Parlons RH de fermer l’ordinateur, de couper les notifications. et de partir recharger les batteries. Nous vous donnons rendez-vous le vendredi 28 août pour une nouvelle Revue du web. D’ici là, profitez pleinement de l’été et prenez soin de vous ! Bonne lecture !
[QVCT] Microvacances, maxi repos ?
Il fut un temps où les vraies vacances duraient trois semaines minimum. Aujourd’hui, on célèbre presque un week-end de trois jours comme une expédition au bout du monde. La Presse s’est penchée sur le phénomène des microvacances, ces petites parenthèses de deux à quatre jours qui séduisent de plus en plus de salariés. Plus simples à organiser, moins coûteuses, elles permettent de souffler plus souvent au lieu d’attendre désespérément le mois d’août. Une tendance qui colle aussi à une nouvelle façon de travailler, où la recherche d’équilibre prend peu à peu le pas sur le traditionnel marathon estival. Évidemment, trois jours dans une cabane au bord d’un lac ne remplaceront jamais un mois à lézarder sous les cocotiers. Mais entre ça et attendre onze mois pour enfin sortir la crème solaire, certains ont déjà fait leur choix. Je lis l’article
[SANTÉ MENTALE] La reprise n’est pas un long fleuve tranquille
Il paraît que les vacances changent les idées. Elles changent aussi parfois le regard que l’on porte sur son travail. Hellowork présente une étude du cabinet Reversens qui montre que la coupure estivale agit souvent comme un révélateur. En prenant enfin du recul, 30% des salariés réalisent que certaines situations vécues au quotidien n’avaient finalement rien de normal : pression excessive, management défaillant, sollicitations en dehors des horaires, peur de s’exprimer ou encore inégalités de traitement. Si un tiers des salariés reprend le travail sereinement, un autre tiers l’aborde avec appréhension et près d’un sur quatre envisage même de changer d’équipe, de poste ou d’entreprise, ou redoute de retrouver son manager ou certains collègues. Pas étonnant, dans ce contexte, que 61% des professionnels RH constatent une hausse des alertes liées au mal-être après les congés d’été. De quoi regarder la rentrée d’un autre œil. Je lis l’article
[TÉLÉTRAVAIL] Loin des yeux, loin du coeur
Le télétravail a changé nos habitudes et, visiblement, certaines règles du jeu. Depuis quelques années, les entreprises vantent davantage de flexibilité et d’autonomie. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’évoluer, beaucoup de salariés continuent de penser qu’il vaut mieux être vu… au sens propre du terme. Capital relaie une enquête d’Indeed selon laquelle 64% des salariés se rendent au bureau principalement pour gagner en visibilité auprès de leur hiérarchie. Une stratégie qui n’a rien d’un fantasme : 69% des managers reconnaissent qu’une présence régulière influence leur perception de l’engagement d’un collaborateur, et 59% admettent qu’elle entre en ligne de compte au moment des promotions. Les plus jeunes semblent d’ailleurs avoir parfaitement intégré cette règle implicite, puisque les trois quarts des 18-24 ans disent déjà pratiquer ce « présentéisme stratégique ». Oui, même à l’heure du travail hybride, certaines carrières continuent encore de se construire dans les couloirs du bureau. Je lis l’article
[EMPLOI] Génération non non
La Gen Z aurait-elle vraiment révolutionné le monde du travail ? À écouter certains discours, les jeunes n’hésiteraient plus à claquer la porte au nez du manager toxique, à refuser un emploi mal payé ou à quitter une entreprise qui ne respecte pas leurs valeurs. Slate nous invite à nuancer ce récit devenu un brin cliché. Pour beaucoup de jeunes, dire non n’est pas une question de génération, mais une question de ressources. Témoignages à l’appui, le média rappelle aussi que le chômage, les discriminations à l’embauche ou l’origine sociale continuent de peser lourdement sur les débuts de carrière. Derrière l’étiquette « Gen Z » se cachent finalement des réalités beaucoup plus contrastées qu’on ne l’imagine. Il est souvent plus facile de juger une génération… que de regarder les conditions dans lesquelles elle entre sur le marché du travail. Je lis l’article
[SANTÉ AU TRAVAIL] Y’a plus de saisons
Avant, les fortes chaleurs étaient synonymes de quelques journées pénibles au bureau. Mais à force de se répéter, et de s’allonger, les canicules changent peu à peu de nature. Elles ne rendent plus seulement le travail inconfortable : elles épuisent les salariés, perturbent leur sommeil, dégradent leur concentration et, dans certains métiers, mettent directement leur sécurité en jeu. Le HuffPost donne la parole à une employée de bureau et à un chauffeur routier qui racontent, chacun à leur manière, ce que signifie continuer à travailler lorsque les nuits ne permettent plus de récupérer. Difficultés à réfléchir, erreurs inhabituelles, anxiété, impression de ne plus faire correctement son travail… autant de signaux qui interrogent. Jusqu’où peut-on continuer à exiger les mêmes performances quand les conditions de travail changent aussi vite ? Une question qui, avec le réchauffement climatique, risque de s’inviter de plus en plus souvent dans les discussions RH et managériales. Je lis l’article
📊 Le chiffre de la semaine : 62%
C’est le nouveau record du taux d’emploi des 55-64 ans en France. En 2025, 61,7 % des seniors occupaient un emploi, soit 1,3 point de plus qu’en 2024, selon la Dares. Une progression qui s’explique en grande partie par les différentes réformes des retraites, qui ont progressivement repoussé l’âge de départ et maintenu davantage de salariés en activité. Une bonne nouvelle ? Oui… mais à relativiser. Avec un taux d’emploi de 44,4 % chez les 60-64 ans, la France reste encore loin derrière la moyenne européenne et très distancée par des pays comme la Suède, les Pays-Bas ou l’Allemagne. Faire travailler les seniors plus longtemps est une chose. Réussir à les maintenir durablement dans l’emploi en est une autre.
💻 Le post LinkedIn de la semaine – Contrôle total
Le management est-il vraiment devenu plus humain… ou simplement plus subtil ? C’est la question que soulève Patrick Santilli dans un post LinkedIn inspiré des travaux de la sociologue Danièle Linhart. À rebours de l’idée d’un management devenu naturellement plus bienveillant, il rappelle que les formes de contrôle ont surtout évolué. Aujourd’hui, il ne suffirait plus d’être compétent ou efficace : il faudrait aussi afficher son enthousiasme, adhérer aux valeurs de l’entreprise et incarner une culture. En s’appuyant également sur les travaux de Michel Foucault, Patrick Santilli interroge la place du bien-être au travail et invite à dépasser les évidences. Améliorer la qualité de vie des salariés est évidemment souhaitable. Mais lorsque le bien-être devient avant tout un levier de performance, ne risque-t-il pas de perdre une partie de son sens ?



