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Recruter la Gen Z : guide de survie pour éviter de passer pour un boomer

Attirer la Gen Z ne se résume pas à l’ouverture d’un compte TikTok ou à la multiplication d’emojis dans une offre d’emploi.

Publié le 11/06/2026

Mis à jour le 11/06/2026

Par Stéphane Varisellaz

À l’approche de la prochaine session de nos incontournables #24heuresRH consacrée en ce mois de juin au recrutement, la rédaction de Parlons RH a décidé de se plonger dans le monde merveilleux de la Gen Z. Recruter ces jeunes pousses représente aujourd’hui à la fois un défi et une énorme opportunité pour les entreprises. Transparence, authenticité, sens, reconnaissance : cette génération est exigeante. Tant mieux car cela pousse progressivement les organisations à repenser certaines pratiques, il faut l’avouer, parfois franchement ancestrales. Méthodes innovantes, bonnes pratiques et red flags à bannir sont au menu de ce voyage initiatique au cœur de la Gen Z. N’ayez pas peur, approchez-vous, elle ne mord pas.

Une génération pas comme les autres

“Ingérable”, “trop exigeante”, “moins investie”, voire carrément “allergique au travail”, voici quelques qualificatifs sortis tout droit de la bouche de certains managers à bout de nerfs et assurément peu objectifs.. Les membres de la Gen Z ne jouissent pas toujours, à tort, d’une très bonne réputation, c’est le moins que l’on puisse dire. Si vous acquiescez en lisant ces lignes, mauvaise nouvelle : ces jeunes nés en 1997 et 2012 représenteront 30% de la population active mondiale d’ici 2030, selon France Travail.

Il faut bien reconnaître que cette génération détonne : selon une étude Ipsos menée en 2024, 86% d’entre eux considèrent que la Gen Z se distingue clairement des générations précédentes. Pourquoi est-elle si différente ?

Elle a grandi avec Internet, les technologies numériques et les réseaux sociaux. La Gen Z appartient pleinement à cette génération des “digital natives”, ultra-connectée, habituée à l’instantanéité, aux échanges permanents et à l’accès immédiat à l’information.

Elle a aussi grandi dans un contexte bien particulier. Pandémie de Covid-19, montée des inégalités, crise climatique, tensions économiques… autant de sujets pas très folichons auxquels elle a été confrontée très tôt, forgeant dans son esprit une sensibilité particulière aux enjeux sociétaux et environnementaux. Pas étonnant que leur rapport au travail soit un peu différent.

De fait, la Génération Z se caractérise par une forte quête de sens au travail. Plus que les générations précédentes, ces jeunes candidats recherchent des opportunités en accord avec leurs valeurs personnelles. Ils ont tendance à privilégier les entreprises engagées sur des sujets comme la diversité, l’inclusion ou encore la responsabilité sociale.

Ah oui, au fait ! Vous pouvez oublier dès maintenant les clichés qui présentent les membres de la Gen Z comme des fainéants. 84 % des jeunes de 18 à 28 ans disent avoir le goût du travail et 85 % considèrent la réussite professionnelle comme essentielle1. Ouf.

Quatre pratiques modernes pour chouchouter la Gen Z dans vos process de recrutement

Attirer la Gen Z ne se résume pas à l’ouverture d’un compte TikTok ou à la multiplication d’emojis dans une offre d’emploi. Cette génération a grandi avec d’autres usages, d’autres réflexes et une autre manière de communiquer. Pour les entreprises, l’enjeu n’est donc pas forcément de tout réinventer, mais plutôt d’adapter certaines pratiques de recrutement à des candidats qui n’interagissent plus tout à fait comme leurs aînés.

Passez au SMS

Selon une étude de GWI, les 15-30 ans passent plus de sept heures par jour sur leur smartphone, et 98% d’entre eux possèdent un téléphone portable. Et pourtant, le téléphone pleure… (voilà un exemple de réf ringarde à bannir de vos échanges avec la Gen Z !).

Aussi contradictoire que cela puisse paraître : pour beaucoup de jeunes candidats, votre appel ne récoltera probablement pas de réponse… car ceux-ci considèrent un appel imprévu comme trop intrusif. D’après un sondage britannique publié par The Times, un quart des 18-34 ans ne répondent jamais aux appels téléphoniques. Même son de cloche du côté des emails : selon une étude Rival Tech, 67% des membres de la Gen Z déclarent utiliser très peu le mail dans leurs échanges du quotidien. Quant à la messagerie vocale, n’y pensez pas, vous aurez sûrement plus de chance en envoyant une bouteille à la mer.

La solution : les échanges courts, rapides et directs sont généralement mieux perçus. SMS, WhatsApp ou autre messagerie instantanée permettent souvent d’établir un premier contact plus fluide avec ces candidats et de les tenir informés tout au long du process. Pensez tout de même à les prévenir de cet usage dans l’annonce.

Investissez les réseaux sociaux avec une stratégie bien définie

Avez-vous une idée du temps moyen passé sur les réseaux sociaux par les 16-25 ans ? Entre trois et cinq heures par jour, selon une enquête BDM et Diplomeo. Difficile, dans ces conditions, d’ignorer ces plateformes dans votre stratégie de recrutement.

Vous le savez sans doute, mais il n’est jamais inutile de le rappeler : à chaque réseau ses usages. LinkedIn est incontournable pour le sourcing et les profils qualifiés. Instagram permet surtout de valoriser la culture d’entreprise et la marque employeur. TikTok offre un fort potentiel de visibilité auprès des jeunes candidats grâce à ses formats courts et viraux. Discord, Reddit ou encore Twitch séduisent quant à eux des communautés plus spécialisées, notamment dans les univers tech, gaming ou créatifs.

Toutefois, publier une offre d’emploi classique sur Instagram ou TikTok ne suffit pas pour capter l’attention de la Gen Z. Cette génération recherche davantage de spontanéité, de transparence et d’authenticité dans les contenus qu’elle consomme. 

La solution : bannir les formats très institutionnels ou trop “corporate” au profit de contenus plus incarnés : coulisses de l’entreprise, témoignages de collaborateurs, vidéos courtes, formats immersifs ou échanges en direct.

Simplifiez le processus de candidature

Plus c’est long, moins c’est bon. Un processus de recrutement trop long ou trop complexe rebute les jeunes candidats. Scroll, swipe, bye bye !

Selon Hellowork, chaque question supplémentaire ajoutée dans un formulaire de candidature entraîne une perte de 20% à 25% des candidats. Outch. Les profils les plus recherchés iront souvent vers les entreprises capables de proposer une expérience plus rapide et plus simple.

La solution ? Plusieurs leviers peuvent être activés, parmi lesquels :

  • réduire le nombre d’étapes et de formulaires ;
  • proposer des candidatures en quelques clics ;
  • privilégier des formats mobile friendly ;
  • réduire les délais de réponse ;
  • communiquer régulièrement sur l’avancement du processus…

Certaines entreprises expérimentent également des formats plus innovants : hackathons, recrutement gamifié, vidéos de présentation ou portfolios interactifs. Ces approches permettent à la fois d’évaluer les compétences et de proposer une expérience candidat inoubliable.

“Vis ma vie” version recrutement

Au début des années 2000, l’émission “Vis ma vie proposait à des personnes savamment sélectionnées d’échanger leur quotidien pendant quelques jours. La télé so Gen Y ! Vingt ans plus tard, c’est toujours dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures.

La Gen Z ne veut plus seulement entendre parler d’un métier ou d’une entreprise. Elle veut voir à quoi ressemble le quotidien des équipes, les rencontrer, comprendre l’ambiance et constater par elle-même si la réalité ressemble au discours tenu pendant les entretiens.

La solution : l’immersion professionnelle. Ces formats, qui peuvent durer d’une journée à plusieurs semaines, permettent aux candidats de découvrir un métier, de confirmer un projet professionnel ou même d’amorcer directement une démarche de recrutement.

Pour les entreprises, ces expériences présentent aussi plusieurs avantages. Elles offrent une vision beaucoup plus concrète des compétences, du savoir-être ou de la capacité d’adaptation des candidats.

Quelques red flags pour finir

Attendez, pas si vite ! Avant de foncer appliquer ces quelques conseils, voici quatre red flags à garder dans un coin de votre tête avant de publier votre prochaine offre d’emploi. 

  • Le ton ultra institutionnel : “Dans le cadre du développement de nos activités, nous recherchons un profil dynamique…”, et voilà, il est parti. Les candidats issus de la Gen Z attendent des messages plus vivants, plus concrets et surtout plus humains. Un ton trop froid ou trop formaté crée immédiatement de la distance ;
     
  • La culture du présentéisme : à l’inverse de ses aînés, la Gen Z adhère beaucoup moins à l’idée qu’il faudrait sacrifier son équilibre personnel pour prouver sa motivation et son engagement. Télétravail, flexibilité ou organisation hybride ne sont plus perçus comme des “avantages bonus”, mais comme des acquis élémentaires du quotidien professionnel ;
  • Le manque de transparence : des missions qui partent dans tous les sens ou un intitulé de poste incompréhensible, voilà le genre de détails qui déclenchent instantanément une crise d’urticaire chez les membres de la Gen Z ;
  • La lettre de motivation obligatoire : demander une lettre de (dé)motivation en 2026, c’est techniquement possible, mais de plus en plus déconnecté des usages. Beaucoup de candidats Gen Z considèrent cet exercice comme artificiel, chronophage et inutile car désormais largement réalisé avec l’IA.

N’allez pas jusqu’à révolutionner en profondeur vos pratiques pour recruter la Gen Z. En revanche, adapter certaines habitudes devient essentiel face à une génération qui attend davantage de simplicité, de transparence et d’authenticité dans une expérience candidat qui, elle, se doit d’être mémorable. Attention toutefois aux raccourcis : la Gen Z, comme toutes les autres, est pleine de contradictions, entre quête de sens et besoin de sécurité, envie d’autonomie et attente d’accompagnement. Au-delà des tendances, chaque candidat reste avant tout un individu à écouter et à considérer individuellement.

  1. Etude Ipsos-CESI ↩︎

Illustration : Shutterstock / JosefePhotography

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.