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Formation : les chiffres clés de la neuropédagogie
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Neuropédagogie : 5 chiffres clés pour la formation

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Certains organismes de formation n’ont pas attendu la nouvelle réforme de la formation professionnelle [1] pour combiner les modalités pédagogiques et innover en termes d’ingénierie. Objectif : faciliter les conditions d’apprentissage en présentiel ou à distance, grâce à la neuropédagogie. Concoctée par XOS, spécialiste de l’e-learning, notre infographie du jour illustre les apports clés de cette discipline née de la rencontre entre la pédagogie et les sciences cognitives [2].

 

Le « temps court » de la neuropédagogie : 10 minutes top chrono et le taux d’attention chute

Les travaux de John Medina, biologiste du développement moléculaire, professeur à l’université d’État de Washington, révèlent que le taux d’attention d’un adulte diminue de 80 % au bout de 10 minutes. Dans le cadre de la formation, dès cet instant, le participant mémorise moins bien.

L’idée n’est pas d’obtenir l’attention des apprenants « à l’arrachée ». L’ingénierie pédagogique s’attache donc à la solliciter en douceur, à la stimuler – en créant des moments de surprise et en combinant les moments de réflexion,  de partage et de mise en situation.

Les séquences courtes d’apprentissage sont privilégiées, lors des sessions en présentiel ou en formation à distance. La neuropédagogie suggère également de multiplier les pauses, pour lâcher-prise et permettre aux participants de mobiliser leur attention de façon maximale à la reprise de la session. Si l’apprentissage sollicite les facultés cérébrales, le bon fonctionnement de l’ensemble du corps est requis pour oxygéner le cerveau.

D’où l’intérêt des ingénieurs pédagogiques pour les nouveaux lieux d’apprentissage, avec des apprenants de plus en plus mobiles lors des sessions de formation (alternance de travail avec tous les participants et d’ateliers en groupes réduits, mobilier sur roulettes, espaces conviviaux pour échanger).

 

La mémoire à court terme : la faculté cérébrale « protégée » par la neuropédagogie

J’ai une mauvaise mémoire. Qui n’a pas entendu – et parfois, prononcé – cette phrase ? Il s’agit pourtant d’un « neuromythe ».

La mémoire à court terme (ou mémoire de travail) dispose en revanche d’une capacité de stockage d’informations limitée. Si cette capacité est variable selon les individus, le psychologue cognitif George A. Miller a montré que l’empan mnésique (qui désigne le nombre d’éléments que l’on peut restituer immédiatement après les avoir entendus ou lus) est de 7 +/- 2 items.

L’ingénierie pédagogique s’attache donc à favoriser l’ancrage mémoriel dans la mémoire à long terme. Comme l’indique Anne Ambrosini, directrice Pédagogie et Développement de l’organisme de formation docendi, il s’agit :

  • De structurer et d’organiser les éléments afin d’en retenir un maximum.
  • En reliant de « gros grains » à de plus petits, pour pouvoir remonter à l’information stockée.

 

La vue : le sens humain adoubé par la neuropédagogie

Le pourcentage est parlant : la vue représente 50 % de l’activité cérébrale !

D’où l’intérêt de la vidéo en formation, mais aussi des éléments visuels pour appuyer les explications orales et les contenus écrits des formations digitales. Notre infographie en témoigne : on retient 6 fois mieux les informations transmises en combinant écoute ou lecture et décodage visuel.

La vue permet d’appréhender un volume d’informations supérieur, de façon plus rapide. Et les efforts à fournir sont moindres ! Le cofondateur du cabinet de conseil Il&DI [3], Philippe Lacroix, prône ardemment les supports vidéo : « Cela ajoute de la valeur cognitive et expérientielle à la formation », mais aussi émotionnelle. L’apprenant se projette plus facilement dans une situation donnée qui peut susciter en lui des émotions. L’apprentissage se fait aussi par ce vecteur.

 

Autre « temps court » de la neuropédagogie : 30 secondes pour évaluer un interlocuteur

Le cerveau humain est capable de traiter une grande quantité d’informations très rapidement. Rien d’étonnant à ce qu’il ne lui faille pas plus de 30 secondes pour relier des éléments objectifs – expression verbale, ton de la voix, regard, posture – et les transformer en opinion sur les compétences, la crédibilité, la légitimité du formateur, voire l’intérêt des contenus que celui-ci présente !

Il convient dès lors de toujours « soigner son entrée », comme au théâtre. Dans le cadre d’une formation que l’on anime ou d’un keynote, mais aussi dans un contexte de recrutement et même en entreprise, lors de réunions rassemblant l’ensemble des collaborateurs par exemple.

Le fait qu’un formateur soit évalué quasi instantanément s’avère toutefois plus problématique car les répercussions concernent également l’apprenant. Si la crédibilité et la légitimité du formateur sont impactées, la confiance et le lien qui s’instaurent entre eux seront fragilisés. Or l’accompagnement humain joue un rôle décisif dans la réussite de l’apprentissage.

 

[1] Adoptée par le Parlement le 1er août, la loi Avenir professionnel a été promulguée le 5 septembre 2018 et publiée au JO le lendemain.
[2]  Les sciences cognitives explorent la manière dont les connaissances se construisent, s’utilisent et se transmettent. Leur approche est pluridisciplinaire, avec un aspect théorique et un aspect expérimental.
[3] Le cabinet de conseil IL&DI accompagne les organismes de formation et les grandes entreprises dans la transformation digitale de leurs activités.

 


Formation : la neuropédagogie nous donne des clés

 

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Lydie LACROIX

Rédactrice chez Parlons RH
Lydie est rédactrice RH au sein de Parlons RH. Avant de rejoindre la Team de l’agence, elle a contribué à un mensuel et à plusieurs web magazines, sur des thématiques de conseil en stratégie, culture, histoire et relations internationales. Son intérêt pour les RH et la fonction RH s'est aiguisé au fil de ses rencontres avec des sujets liés au management, à la QVT ou à la RSE – entre autres. Lydie est diplômée en droit et science politique.

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