Cahier de tendances 2023

Portrait de Delphine Chevalet-Chapeaud, Verisure : RSE, pour une DRH responsable

le 08 mars 2023
Visuel du Portrait de DRH de Delphine Chevalet-Chapeaud, Verisure, sur la thématique de la RSE

La stratégie RSE d’une entreprise varie selon sa culture et la nature de son activité. Pour Delphine Chevalet-Chapeaud, elle se fonde avant tout sur un pilier central : l’éthique.

Elle estime avoir « évolué dans la fonction de façon classique ». Brillamment classique, alors. Suivons le parcours de Delphine Chevalet-Chapeaud. Son DESS de droit social en poche, elle pratique la paie et l’administration RH chez Ikea, puis le droit du travail chez Decathlon. Elle rejoint PepsiCo en 1997 (« le vrai commencement de ma carrière »). Vient alors le premier poste de DRH à part entière, chez Philips, pendant deux ans. Une expérience stimulante, incluant la réunion de deux filiales, mais qui la confronte à la gestion difficile d’une décroissance. Delphine Chevalet-Chapeaud rejoint ensuite l’univers du luxe, avec le groupe Clarins, d’abord au poste de Directrice des Opérations RH, avec une feuille de route d’harmonisation RH, puis à celui de DRH du groupe en France pendant 3 ans, et enfin des responsabilités RH internationales.

Verisure : se donner les moyens de la croissance

C’est donc une DRH au profil très complet – technique, juridique, social, SIRH… – qui rejoint le groupe Verisure en 2016. Fruit d’une rencontre fortuite avec Olivier Allender, le dirigeant du groupe en France, cette collaboration s’ouvre sur un pari : celui d’accompagner les ressources humaines pendant une période de forte croissance anticipée. Le pari RH, comme le pari économique, a été gagné : pendant que l’entreprise passait de 1 700 à bientôt 4 000 salariés, elle devenait « top employeur » (en janvier 2022) et gagnait dix points d’engagement.
« Je suis arrivée dans une période socialement agitée. Tout était à construire. » Depuis, Delphine Chevalet-Chapeaud n’a pas chômé : 20 accords d’entreprise sont signés, apportant « beaucoup d’améliorations sociales, ma grande marque de fabrique ». « Lors de notre première négociation sociale, un délégué syndical m’a prévenue : “avec nous, les négociations, c’est donnant-donnant”. J’ai répondu qu’avec moi, c’était gagnant-gagnant. »
Sa maîtrise des fondamentaux (paie, recrutement, droit) permet à Delphine Chevalet-Chapeaud d’aborder les sujets de développement, d’amélioration des droits sociaux et de RSE avec une bonne assise. « J’ai pu négocier beaucoup d’accords d’entreprise avec succès parce que j’avais à la fois des convictions RH fortes et un background juridique et technique solide. »

L’éthique au fondement de la RSE

En matière de stratégie RSE, Delphine Chevalet-Chapeaud part de l’essentiel : l’éthique. « Nous sommes une entreprise de sécurité. Notre métier est de protéger ce qui compte vraiment pour nos clients, qui sont des particuliers et des petits professionnels. Aucun de nos collaborateurs ne doit abîmer le travail collectif par ses actes. » Les 600 managers ont été formés pendant une journée sur le sujet de l’éthique, puis l’ensemble des collaborateurs. La devise de Verisure en la matière : « Nous faisons les bonnes choses, toujours. »

En matière de RSE, chez Verisure, « le plus important, c’est le « S » social et sociétal ». L’environnement compte aussi : la flotte de 2 000 véhicules des commerciaux passe progressivement à l’hybride ou à l’électrique, et le nouveau siège social respecte toutes les normes. Mais le cœur reste le social. Trois actions fortes ont été lancées sur trois thématiques-clés de la RSE : l’emploi des jeunes, l’égalité femmes-hommes, le handicap au travail.

« Tendre la main aux jeunes »

Sur le premier axe, Delphine Chevalet-Chapeaud a déployé une politique spectaculaire de recrutement d’alternants. « Il y a trois ans, nous n’en avions quasiment aucun. Nous nous sommes fixé l’objectif d’atteindre 5 % de jeunes en alternance en trois ans, en partant de zéro. Nous sommes très près d’y arriver. » À terme, l’alternance « doit devenir l’une de nos sources principales de recrutement ».
Mais l’alternance, c’est « d’abord et avant tout la possibilité de tendre la main à des jeunes », et notamment ceux venant de quartiers difficiles, en recherche d’un métier et d’une carrière. La progression de carrière est de fait une valeur forte chez Verisure, où l’encadrement commercial est issu du terrain. Le directeur commercial est lui-même issu d’un recrutement en alternance, il y a 18 ans. « En matière de RSE, poursuit Delphine Chevalet-Chapeaud, notre plus grand privilège reste le fait de créer de l’emploi, de pouvoir donner la chance au plus grand nombre sans distinction de genre, de religion, d’âge ou de culture. »

Sensibiliser à l’inclusion

La féminisation des équipes est une autre affaire, dans une entreprise où les femmes ne comptent que pour 30 % des salariés, voire 20 % dans la fonction commerciale. « Les stéréotypes ont la tête dure : le monde de la sécurité repose sur des codes très masculins. » Cinq cents managers ont été formés à repérer et désamorcer les biais de genre.
À ces actions de sensibilisation s’ajoute une mesure d’incitation très concrète. Verisure pratique et rémunère la cooptation : un collaborateur qui permet le recrutement d’une personne de son entourage à un poste commercial reçoit une prime. Celle-ci s’élève à 600 € si le coopté est un homme, et 800 € si c’est une femme. Sur le handicap, Verisure agit également par la sensibilisation. Avec au moins deux enjeux : amener les collaborateurs concernés à « oser se lancer dans un parcours de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) », et recruter/maintenir en emploi des personnes en situation de handicap. Cette politique de fond va de pair avec des actions partenariales fortes, agissant sur l’image du handicap, comme la participation de Verisure au French Riviera Open, un tournoi de tennis pour personnes en fauteuil roulant.

La RSE, un sujet RH ?

Qui doit donc gérer la RSE dans l’entreprise ? « Nous recrutons un responsable de la RSE, qui dépendra de la DRH. Tout simplement parce que chez nous, une très grande partie de la RSE relève du social », expose Delphine Chevalet-Chapeaud. « Pour que la politique RSE fonctionne, il faut cependant que la finance, le marketing et les RH travaillent main dans la main. La RSE est un territoire partagé. » La politique RSE « doit être un projet d’entreprise et non un projet de direction. Un projet incarné, pas fake. Je crois à une DRH humaniste, sociale et écolo. Tout à la fois ».

Retrouvez cet article et bien plus encore dans notre Cahier de tendances RH ! À travers des portraits de DRH, des interviews d’experts ou encore des chiffres-clés, nous décryptons pour vous les 10 tendances RH qui rythmeront l’année 2023. Un grand merci à nos partenaires Lucca, Cornerstone, GoodHabitz, Afnor, Golden Bees, United Heroes, Universum, Actinuum, Swile, LinkedIn Talent Solutions sans qui ce cahier n’aurait pu voir le jour.

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