Cette semaine, la Revue du web explore les bouleversements du monde du travail. Première escale sur TikTok, où le « quittoking » transforme la démission en spectacle viral et questionne le rapport des jeunes générations à l’emploi. En parallèle, les débats sur le télétravail refont surface : entre quête de productivité et confiance brisée, certaines entreprises persistent à vouloir rapatrier leurs troupes au bureau… au risque d’y perdre plus qu’elles n’y gagnent. Côté management, une qualité longtemps sous-estimée refait surface : le calme, désormais vu comme un véritable levier de performance collective. La RSE, elle, s’impose au-delà des contraintes légales comme un atout stratégique pour séduire talents et clients. Insolite cette fois : au Chili, une erreur de paie XXL transforme un salaire en véritable jackpot, validé par la justice ! Enfin, le chiffre de la semaine met en lumière une tendance préoccupante : la santé mentale des professionnels RH, déjà fragilisée, continue de se dégrader et appelle des réponses urgentes. Bonne lecture !
[GEN Z] Quittoking : la démission à la sauce TikTok
Filmer sa démission et la publier sur TikTok ? Bienvenue dans l’ère du « quittoking », cette nouvelle pratique expliquée par Tendances Trend. Tout commence en 2021 dans un McDonald’s britannique : un départ collectif filmé à la volée, 16 millions de vues et une déferlante mondiale. Après le quiet quitting et le loud quitting, la Gen Z a trouvé sa version 3.0 : transformer la démission en spectacle. En toile de fond, les motivations sont diverses : dénoncer un management toxique, partager son burn-out ou annoncer un nouveau job plus cool et donner des conseils à la communauté. Pour les professionnels des RH, le sujet est loin d’être anecdotique : chaque vidéo peut exposer la culture d’entreprise, révéler des infos sensibles ou alimenter un bad buzz qui démotive les équipes et décourage les candidats. Au fond, le quittoking illustre la vision d’une génération qui représentera bientôt un quart des effectifs : l’emploi n’est plus sacré. Il doit être flexible, épanouissant, et s’il ne l’est pas… il partira peut-être en live. Je lis l’article
[QVCT] Télétravail or not télétravail ? That is the question.
Depuis quelques mois, une petite musique résonne, portant encore et toujours à nos oreilles les mêmes débats sur la productivité, l’innovation ou collaboration loin du bureau… Sans surprise, de plus en plus d’entreprises, à commencer par les GAFAM, misent sur le retour au bureau. Une bonne idée ? Pas vraiment. Comme le rappelle Slate, les études démontrent que le travail hybride ne plombe pas la productivité : ce sont les process dépassés et les outils défaillants qui freinent vraiment les équipes. La preuve par les chiffres : deux jours de télétravail par semaine suffisent pour maintenir la performance et réduire de 33% le risque de démission. En plus de se heurter aux coûts colossaux des locaux, la politique du retour au bureau forcé brise surtout un acquis précieux : la confiance employeur-employé. Le télétravail a offert un équilibre inédit entre vie pro et perso, du temps gagné sur les trajets, plus de concentration et de créativité. Revenir en arrière, sans objectif ni empathie, c’est risquer la fausse note. À la clé ? Une culture d’entreprise fragilisée et des collaborateurs désengagés. Je lis l’article
[MANAGEMENT] Le calme, nouveau super-pouvoir des managers
Alerte rouge au bureau ! Face à la tempête, le manager doit-il se rouler en boule sous son bureau ? Certainement pas. Sa véritable force est ailleurs : rester calme. Cette soft skill longtemps sous-estimée est en réalité un formidable levier de performance. Garder son sang-froid, c’est décider avec plus de recul, limiter les biais cognitifs et booster des fonctions clés comme la concentration ou la priorisation. Même deux minutes de silence suffisent à faire redescendre le niveau de stress et à clarifier les idées. Cerise sur le gâteau, le calme en entreprise est contagieux. Un leader apaisé diffuse confiance et collaboration, quand un manager sous pression envoie un message clair à ses équipes : « c’est la panique à bord ». Alors, comment développer ce super-pouvoir ? Les Echos Solutions proposent un guide express : s’accorder des pauses régulières, limiter les notifications, planifier sa semaine dès le vendredi… et bien d’autres astuces à découvrir pour faire du calme l’oxygène silencieux de la performance individuelle et collective au bureau. Je lis l’article
[RSE] De la contrainte légale au levier stratégique
La RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) désigne l’intégration volontaire par les organisations de préoccupations sociales, sociétales, environnementales et éthiques dans leurs activités et leurs relations avec les parties prenantes. Comme le rappellent les Éditions Tissot, elle est désormais encadrée par un cadre législatif solide : loi PACTE, loi Climat et Résilience, ou encore directive européenne CSRD qui impose aux grandes entreprises de publier un rapport de durabilité détaillé. Toutefois, la RSE ne peut pas se résumer à une pile d’obligations réglementaires. C’est aussi (et surtout !) un formidable outil de développement. En alignant leurs pratiques avec les enjeux sociaux et environnementaux, les entreprises renforcent leur attractivité et leur capacité à fidéliser. Les jeunes générations, particulièrement sensibles au climat et aux valeurs de transparence, privilégient les employeurs engagés et cohérents. Moralité : les organisations qui s’en tiennent au minimum légal passent à côté d’un puissant levier de compétitivité et s’exposent au risque de décrochage face à des concurrents plus responsables, et capables de le démontrer. Je lis l’article
[SOCIÉTÉ] Une paie XXL qui fait rêver
Imaginez : au lieu de toucher votre paie habituelle, vous recevez 330 fois le montant prévu. C’est exactement ce qui est arrivé à un salarié chilien, payé par mégarde 172.000 € au lieu de 522 €. Après avoir prévenu son employeur, il disparaît… et envoie sa démission par avocat. L’affaire, racontée dans Bonjour ! La Matinale TF1, arrive devant la justice, qui vient de trancher : il n’aura pas à rendre l’argent. Une aubaine pour lui, un cauchemar pour son ex-employeur qui promet de se battre jusqu’au bout pour récupérer la somme. Une belle histoire qui fait sourire (et rêver !) mais inutile de se projeter : en France, la législation est implacable et un trop-perçu doit être remboursé dans les trois ans. Hélas. Je lis l’article
📊 Le chiffre de la semaine : 38%
La santé mentale des RH vacille. Surcharge de travail, hyperconnexion, pression psychologique : à force d’absorber les tensions sans pouvoir partager les leurs, beaucoup s’épuisent. Conséquence directe, 38% envisagent aujourd’hui de quitter leur entreprise pour se protéger, selon le baromètre Teale. Heureusement, la tendance n’est pas irréversible, mais il y a du pain sur la planche pour préserver la fonction RH. Cela passe notamment par un droit à la déconnexion réellement respecté, des espaces de parole sécurisés, une reconnaissance accrue de leur rôle stratégique et l’appui de l’IA pour alléger les tâches chronophages. L’équilibre se construit aussi de l’intérieur : poser un cadre clair, se recentrer sur l’essentiel, savourer les petites victoires et savoir demander de l’aide sont autant de réflexes qui permettent aux professionnels de la fonction RH de préserver leur énergie, et donc de continuer à jouer pleinement leur rôle auprès des équipes.
💻 Le post LinkedIn de la semaine – Octobre Rose : une responsabilité qui concerne aussi l’entreprise
Dans un post fort et inspirant, Bice Lorraine SODJIEDO rappelle que la prévention et le dépistage sauvent des vies. Palpation régulière, consultation au moindre doute, dépistage organisé : des gestes simples, mais essentiels. Au-delà de la sensibilisation individuelle, elle invite les organisations à s’engager. Former, informer, créer des espaces de dialogue : autant d’actions qui permettent de briser le silence et de protéger les collaboratrices concernées. Elle rappelle par ailleurs qu’un collaborateur en bonne santé, conscient des bons réflexes, c’est aussi un collaborateur plus serein, et donc plus performant. Octobre Rose n’est pas qu’un symbole, c’est une opportunité pour la fonction RH et les managers de renforcer leur rôle de prévention et de soutien.
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Illustration : Shutterstock / rudall30



