Accueil | La protection sociale, pépite sous-estimée de votre politique RH

La protection sociale, pépite sous-estimée de votre politique RH

Nous avons réuni dans une infographie quelques chiffres qui devraient, chers amis de la fonction RH, vous donner matière à réflexion.

Publié le 20/10/2026

Par Stéphane Varisellaz

Cette semaine, la rédaction de Parlons RH s’intéresse à un sujet qui ne fait pas toujours rêver mais qui mérite pourtant toute votre attention : la protection sociale. À l’occasion de la sortie du 9ème tome de la collection Guide Pratique de Parlons RH, “Comment repenser la protection sociale pour mieux couvrir et engager les salariés ?“, nous avons réuni dans une infographie quelques chiffres qui devraient, chers amis de la fonction RH, vous donner matière à réflexion. Parmi eux, nous avons choisi de nous arrêter sur trois chiffres particulièrement révélateurs. La mutuelle arrive en tête des avantages sociaux préférés des salariés de PME (les attentes les plus fortes ne sont pas toujours les plus originales !). 49 % des actifs affirment que la protection sociale influence leur choix d’un employeur. Voilà un argument qui mérite d’être pris au sérieux. Quant à l’épargne salariale, seuls 2,5 % des salariés des TPE en bénéficient, contre 28 % dans les entreprises de 250 à 499 salariés. Il y a manifestement une belle marge de progression ! Trois chiffres, trois bonnes raisons de donner à la protection sociale la place qu’elle mérite dans votre politique RH. Explications.

La mutuelle, 1er avantage attendu par les salariés de PME : qui l’eût cru ?

Vous connaissez la chanson : les attentes des salariés évoluent, ils sont de plus en plus exigeants, veulent davantage de flexibilité, de reconnaissance, de bien-être, de sens… Bref, il faudrait en faire toujours plus pour les satisfaire. Alors voilà, quand il s’agit de séduire les salariés, les entreprises ne manquent pas d’imagination. Abonnement à une salle de sport, budget bien-être, aide à la parentalité, chèques vacances, conciergerie d’entreprise, massages au bureau, animaux de compagnie autorisés, congés d’anniversaire… Certaines vont même jusqu’à proposer des siestes rémunérées (on signe où ?). Sauf qu’à en croire l’étude Dans la tête des salariés de PME signée Mūcho x Toluna, les salariés de PME ont des attentes un peu moins originales. En tête de leurs avantages sociaux préférés ? La bonne vieille mutuelle. Pas franchement de quoi faire rêver sur une plaquette de marque employeur à première vue, on vous l’accorde. À première vue seulement.

Alors quoi, les salariés manqueraient d’ambition ? Au contraire ! Les aspirations évoluent, les modes de travail aussi, mais les besoins fondamentaux, eux, ne se démodent pas. La santé, la sécurité financière, la protection de sa famille… Difficile de faire plus universel, vous en conviendrez. Ces préoccupations existaient bien avant les discours sur la QVCT. Devinez quoi ? Il y a fort à parier qu’elles seront toujours là dans vingt ans.

Qu’on se comprenne bien, personne ne vous demandera de renoncer aux avantages qui font plaisir ou qui contribuent à la convivialité. Ils ont toute leur place dans une politique RH, et il serait dommage de s’en priver ! Alors, continuez à faire preuve d’imagination pour séduire vos salariés. Simplement, avant de chercher à les épater, assurez-vous qu’ils sont bien protégés. C’est moins spectaculaire, mais tout aussi plus précieux.

49 % des actifs sensibles à la protection sociale : le minimum syndical, ça suffit !

Vous vous dites qu’une mutuelle, aujourd’hui, ce n’est pas vraiment une nouveauté. Vous avez raison ! Depuis 2016, les employeurs du secteur privé doivent proposer une complémentaire santé collective à leurs salariés. Autant vous dire tout de suite que vous ne décrocherez pas la palme de l’employeur de l’année en annonçant fièrement que votre entreprise propose une mutuelle. Alors, à quoi bon se creuser la cervelle pour faire mieux ? Eh bien, parce que 49 % des actifs français affirment que l’offre de protection sociale influence leur décision lors d’une recherche d’emploi, selon le rapport Howden, Protection Sociale à l’international. Ah, ça change un peu la donne !

Pour se démarquer, il faudrait peut-être commencer par abandonner une vieille habitude : décider à la place des salariés de ce qui est bon pour eux. Qui peut prétendre qu’un jeune célibataire, un parent de trois enfants et un salarié à deux ans de la retraite attendent la même chose de leur mutuelle ? Personne, évidemment. Le caractère collectif de la mutuelle n’impose pas de faire une croix sur les besoins individuels, bien au contraire. Alors, donnons un peu de liberté à tout ce petit monde ! La possibilité de personnaliser sa couverture, de la faire évoluer, de revoir ses choix sans attendre le prochain renouvellement du contrat collectif… La vie est pleine de surprises, heureusement, et nul ne sait de quoi demain sera fait. Autant prévoir une protection sociale capable de s’adapter en chemin !

En revanche, ne tombez pas dans l’excès inverse. Proposer quinze formules et cinquante options incompréhensibles, ce n’est pas exactement notre conception de la liberté. Mettez-vous à la place du salarié qui doit comparer des dizaines de garanties, décrypter des tableaux de remboursement et jongler avec des pourcentages auxquels il ne comprend pas grand-chose. Vous parlez d’un cadeau ! La personnalisation, oui, mille fois oui ! À condition qu’elle soit simple, lisible et accessible à tous. Sinon, à force de vouloir lui donner le choix, vous risquez surtout de lui donner mal à la tête.

2,5 % de bénéficiaires de l’épargne salariale dans les TPE, contre 28 % dans les entreprises de 250 à 499 salariés : cherchez l’erreur !

Il y a tout de même un piège dans lequel il serait dommage de tomber : ne proposer que ce que les salariés réclament. Souvenez-vous, dans l’étude Mūcho x Toluna, la mutuelle arrive en tête des avantages sociaux préférés des salariés de PME. L’épargne salariale ? Sixième. Le problème, c’est qu’on ne pense pas toujours à préparer son avenir financier quand on a déjà mille choses à gérer au quotidien (ou, pour les plus chanceux, lorsqu’on est jeune). Pourtant, mettre de l’argent de côté, se constituer une épargne ou préparer sa retraite, ça concerne à peu près tout le monde.

C’est à vous, chers professionnels des RH, d’aller au-delà des attentes de vos collaborateurs et l’épargne salariale en est un bon exemple. Regardez plutôt les chiffres du Baromètre sur la protection sociale de Silae : 2,5 % de bénéficiaires d’un dispositif d’épargne salariale dans les TPE, contre 28 % dans les entreprises de 250 à 499 salariés. Évidemment, les petites entreprises n’ont pas les mêmes moyens que les grandes. Faut-il pour autant considérer que l’épargne salariale est réservée aux entreprises d’une certaine taille ? Certainement pas. Il existe des dispositifs accessibles aux plus petites structures, qui méritent au moins d’être étudiés. Et puis, soyons francs, ce fameux 28 % n’a rien de très réjouissant non plus. Moins de trois salariés sur dix, alors que personne ne sait vraiment à quoi ressemblera notre retraite dans dix, vingt ou trente ans ? L’avenir est incertain mais rien ne vous empêche de préparer celui de vos salariés dès aujourd’hui. Bien au contraire.

La protection sociale n’est plus seulement une obligation réglementaire. L’enjeu est autrement plus ambitieux : faire de l’entreprise un véritable employeur protecteur, capable d’accompagner ses salariés dans les moments difficiles, mais aussi d’anticiper les risques et d’agir pour leur bien-être au quotidien. Demain, les entreprises qui sauront faire de cette protection globale une priorité auront une longueur d’avance pour attirer, engager et fidéliser leurs collaborateurs. A vous de jouer donc, et de donner une nouvelle ambition à la protection sociale !

La protection sociale, pépite sous-estimée de votre politique RH

Partagez cet article

Les événements

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.