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Christophe Doré : « Les entreprises ont intérêt à ajuster régulièrement leurs contrats de mutuelle et de prévoyance »

La priorité est de proposer une bonne mutuelle en phase avec les besoins des collaborateurs, assurant un niveau élevé de remboursement des frais de santé.

Publié le 30/09/2026

Mis à jour le 29/09/2026

Par Stéphane Varisellaz

Pour Christophe Doré, cofondateur et CEO de Mūcho, une offre de protection sociale attractive repose d’abord sur une mutuelle réellement adaptée aux besoins et à la démographie des salariés, avec des garanties pertinentes et un suivi régulier des indicateurs pour maîtriser les coûts. La qualité de gestion compte tout autant, avec des interlocuteurs réactifs et des outils digitaux simples qui facilitent les démarches des salariés et contribuent à améliorer l’image de l’employeur. Retrouvez cette interview et bien plus encore dans le neuvième opus de la collection Guides Pratiques de Parlons RH : « Comment repenser la protection sociale pour mieux couvrir et engager les salariés ?« .

Quels sont les piliers incontournables d’une offre de protection sociale attractive et innovante ?

La priorité est de proposer une bonne mutuelle, c’est-à-dire en phase avec les besoins des collaborateurs et assurant un niveau élevé de remboursement des frais de santé. Les dirigeants d’entreprise ne savent pas toujours si elle est réellement adaptée à leur effectif, et le contrat est parfois méconnu – or c’est un investissement financier important. Il est donc indispensable de faire correspondre l’effectif, sa démographie et les garanties, pour ajuster si nécessaire les prestations proposées.

L’employeur a tout intérêt à s’y intéresser une à deux fois par an, notamment à la fin du premier semestre pour voir où en est le taux de sinistralité, et ainsi vérifier si les cotisations sont en phase avec les indemnisations. Si ces dernières sont trop élevées, les cotisations risquent de fortement augmenter l’année suivante – une augmentation supportée à parts égales par l’employeur et le salarié. Maîtriser l’investissement dans la mutuelle santé implique de prendre les devants, en suivant les indicateurs.

Un autre enjeu concerne la qualité de la gestion. Il est important que l’assureur, ou son délégataire, soit réactif et joignable facilement, et s’appuie sur les technologies digitales – avec par exemple des applications facilitant la transmission des justificatifs. L’image de l’employeur est ainsi améliorée.

De quelle manière l’offre de protection sociale peut-elle améliorer l’expérience collaborateur ?

L’innovation, dans la protection sociale, renvoie avant tout à la capacité à rendre lisible et compréhensible ce que couvre la mutuelle. L’offre doit être suffisamment claire pour être pleinement appréhendée, ce qui implique d’éviter tout jargon (barèmes de remboursement, ticket modérateur…), au profit d’un discours simple et pédagogique.

Une tendance en plein essor est le développement de prestations non prises en charge par la Sécurité sociale : bien-être, santé mentale, ostéopathie, diététique… D’autres services sont souvent présents dans les packages des mutuelles, mais sans être toujours visibles, comme une offre de téléconsultation. L’écueil à éviter est la multiplication de ces services – certains ayant peu de valeur ajoutée –, qui limite la lisibilité du package. C’est le travail des courtiers en assurance : décrypter les contrats, expliquer leurs intérêts et leurs limites. L’enjeu reste de ne pas dégrader la perception de la qualité de la mutuelle par ses bénéficiaires.

Comment réussir à optimiser l’offre de protection sociale et à favoriser son appropriation par les salariés ?

Le poste santé représente toujours un budget important pour les ménages. L’entreprise peut donc communiquer sur le fait que la mutuelle dépasse les minimas conventionnels et offre de meilleurs niveaux de remboursement. Les avantages salariés représentent un levier non négligeable de marque employeur ; le sujet mérite donc d’être abordé avec les salariés dès la période d’intégration, voire lors du processus de recrutement.

D’autres leviers sont à considérer ; par exemple, échanger régulièrement avec le CSE pour identifier des moyens d’améliorer l’offre de protection sociale – mutuelle et prévoyance – et de mieux communiquer sur celle-ci ; ou encore, mettre à la disposition des salariés des exemples de remboursement, en équivalents valeurs, pour les aider à planifier leurs dépenses de santé.

Sur quels critères une entreprise doit-elle choisir son partenaire de protection sociale ?

Pour le choix du courtier, c’est le niveau d’expertise et de conseil qui fait la différence. Mieux vaut opter pour un partenaire spécialisé dans la même typologie d’entreprises que son organisation. Il est important de s’assurer qu’il maîtrise les conventions collectives et les aspects techniques, comme les minima sociaux. En effet, en cas de problème de conformité des contrats, l’employeur risque un redressement fiscal sur la totalité de la part patronale sur les trois dernières années.

Côté assureur, c’est la connaissance du secteur d’activité et des branches professionnelles qui est à prendre en compte. Souvent, des partenariats sont noués avec les branches, ce qui a un impact positif sur le niveau de couverture et le coût des cotisations.

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.