Pour Jérémy Marlin, VP Health & Benefits de Silae, la protection sociale représente un investissement important pour les entreprises, dont la valeur reste pourtant souvent mal perçue par les salariés, malgré l’élargissement des services proposés en matière de prévention, de santé mentale ou encore d’accompagnement. L’enjeu consiste donc à mieux valoriser cette offre, mais aussi à en simplifier l’accès pour permettre à chacun d’identifier et de mobiliser facilement les garanties et services dont il a besoin. Retrouvez cette interview et bien plus encore dans le neuvième opus de la collection Guides Pratiques de Parlons RH : « Comment repenser la protection sociale pour mieux couvrir et engager les salariés ?« .
Comment optimiser l’offre de protection sociale de l’employeur et son appropriation par les salariés ?
Aujourd’hui, la protection sociale est devenue une obligation par défaut pour les entreprises, dans un contexte de transfert progressif du financement de la Sécurité sociale vers le privé. Il s’agit d’un investissement conséquent de l’employeur, qui n’est pourtant pas toujours perçu par les bénéficiaires. Je défie quiconque de savoir combien lui coûte sa mutuelle d’entreprise ! On constate par ailleurs la montée en puissance de services annexes, par exemple sur la prévention, la santé mentale, les téléconsultations, l’accompagnement social…
Or nombre d’entreprises ne mettent pas en place une communication dédiée à cette offre ; il existe aussi un manque de simplicité dans la manière de mobiliser les garanties et services. L’enjeu reste donc d’exploiter réellement toute la richesse du contrat, qui est souvent sous-estimée. C’est notre ambition avec mySilae Santé : proposer un parcours intuitif pour les assurés, qui ne présente pas l’ensemble de l’offre mais ce dont ils ont besoin, au bon moment.
Quels axes d’innovation s’ouvrent aujourd’hui dans le champ de la protection sociale ?
Les entreprises et les salariés sont à la fois à la recherche de pertinence et de gains de temps. Un axe important de progrès concerne l’expérience utilisateur : comment favoriser une meilleure lisibilité de l’offre, au bénéfice d’une meilleure compréhension – et in fine d’une meilleure appropriation ? D’autres enjeux se présentent aux acteurs du secteur. Il s’agit notamment de simplifier, pour l’optimiser, la gestion administrative par les responsables RH. Par exemple, en évitant les ressaisies de données, et en facilitant l’enregistrement et la mise à jour des contrats.
Il est par ailleurs essentiel de sécuriser cette obligation de l’employeur, qui peut être sujette à de nombreux risques de non-conformité – prud’homaux, financiers, contrôle URSSAF. La protection sociale donne lieu à de nombreuses évolutions réglementaires, entraînant une certaine complexité ; les partenaires des entreprises sont attendus pour limiter au maximum ces risques.
En quoi la protection sociale peut-elle se prêter à de l’innovation digitale ?
Les technologies digitales avancées ouvrent la voie à différents cas d’usage, avec le concours de l’IA. Par exemple, prévenir le risque de non-affiliation des collaborateurs à la prévoyance. Tous les assureurs ne maîtrisent pas encore l’usage de la DSN, ce qui engendre des anomalies sur les entrées et sorties de salariés. En conséquence, des erreurs se retrouvent dans la gestion des cotisations. Le recours à une solution digitale permet de maîtriser les coûts, tout en garantissant la conformité totale aux obligations légales et conventionnelles.
La protection sociale a tout intérêt à s’appuyer sur une gestion sécurisée, automatisée et intégrée à la paie, qui va couvrir l’ensemble du cycle de vie du contrat d’assurance. Par exemple, la gestion des indemnités journalières et de la prévoyance peut être connectée au moteur de paie ; les dispenses d’adhésion sont réalisées en quelques clics, sur la base d’un contrôle d’éligibilité automatisé ; quant aux radiations, elles sont synchronisées automatiquement. Parmi les utilisateurs de mySilae Santé, nous observons ainsi un gain de temps de plus de 20 %, associé à une réduction des frais de gestion.
De quelle manière la data peut-elle contribuer au pilotage de l’offre de protection sociale ?
Le recueil et l’analyse de la donnée sont incontournables, en premier lieu pour aider les dirigeants et les experts-comptables à s’assurer des éléments de conformité.
Pour l’entreprise, la data permet d’être davantage en mesure de mieux piloter le contrat et d’ajuster les garanties, de négocier avec son assureur, sur la base d’éléments objectifs – comme les taux d’utilisation. Il s’agit d’inscrire l’offre dans une dynamique d’amélioration continue pour s’assurer d’être toujours en phase avec les besoins et attentes des salariés, dans le respect des contraintes budgétaires de l’entreprise. Les bénéfices d’une stratégie data-driven s’expriment à la fois en termes de maîtrise des coûts, de ROI et de pertinence de l’offre.



