Ce lundi 10 novembre, ce n’est pas seulement une occasion rêvée de faire le pont. C’est aussi la Journée internationale des stagiaires. L’occasion pour nous de mettre fin au sempiternel cliché associant stagiaire et machine à café. Si cela peut sembler évident pour beaucoup, une piqure de rappel ne fait jamais de mal : un stagiaire est recruté pour apprendre, découvrir, grandir. Et qui dit stagiaire aujourd’hui, dit surtout futur collaborateur demain. Alors, faisons le point sur tout ce que ces jeunes talents peuvent apporter à une organisation et sur les bonnes pratiques permettant de leur offrir une expérience riche, formatrice… et mémorable.
Changer le regard sur les stagiaires : un rôle clé pour les professionnels des RH
Photocopier 200 pages sans broncher, commander des poke bowls à toute l’équipe sans se tromper dans les ingrédients préférés de chacun, aller chercher ce colis qui patiente depuis des semaines au bureau de poste, distribuer le courrier… sans oublier le fameux café à ne surtout pas oublier d’apporter en salle de réunion le lundi matin. Avant, avoir un stagiaire se résumait à bénéficier d’un petit assistant personnel et malléable. Une vision archaïque, qui persiste encore dans certaines entreprises où l’on considère que former un stagiaire prend du temps, pour un retour sur investissement moindre.
Il faut dire que ces derniers traînent une image pas franchement reluisante, largement nourrie par la pop culture. Pour les fans de séries surnaturelles un brin rétro, on pense notamment à Nancy Wheeler dans la saison 3 de Stranger Things : cantonnée à aller chercher les cafés et à encaisser des remarques sexistes de la part de ses collègues masculins, pendant que Jonathan Byers, son binôme stagiaire, est convié aux réunions et encouragé à donner son avis.
Bonne nouvelle cependant, cette époque touche à sa fin. Les nouvelles générations ne se laissent plus enfermer dans des cases et osent davantage exprimer leurs besoins et leurs frustrations. Les entreprises les plus lucides, elles, l’ont déjà bien compris : les stagiaires ne sont plus là pour faire de la figuration, mais pour apprendre et contribuer. Ces jeunes talents débarquent avec de précieux atouts en poche pour les entreprises : maîtrise des outils digitaux, culture web, agilité, fraîcheur, idées nouvelles, etc.
En tant que professionnels des RH vous avez un rôle déterminant à jouer dans l’accompagnement et la perception des stagiaires au sein de l’entreprise. Cela passe par informer et sensibiliser les managers à l’accueil et l’encadrement des stagiaires. Si la posture de tuteur ne s’improvise pas, elle peut se transmettre. En outillant les managers, en les sensibilisant à la valeur formatrice du stage et à l’importance du feed-back, les RH favorisent une expérience plus riche et plus humaine, autant pour le stagiaire que pour l’équipe.
Pourquoi vous ne devriez plus sous-estimer les stagiaires
D’abord, parce que le stage est souvent la première étape d’un parcours de recrutement. Un stagiaire bien intégré, responsabilisé et accompagné a toutes les chances de revenir, que ce soit en alternance ou en CDI. Miser sur la fidélisation dès cette première expérience, c’est limiter les coûts liés au sourcing et au turnover.
Ensuite, parce que cantonner les stagiaires à des missions sans réelle valeur ajoutée entraîne de la frustration, de la démotivation et parfois, du désengagement. Or, un stage mal encadré peut vite se transformer en occasion manquée pour l’entreprise. Un stagiaire bien formé, c’est un ambassadeur en puissance. Il parlera de vous à son entourage, sur les réseaux, à ses camarades d’école. Et à l’heure où la marque employeur se construit autant sur Glassdoor que sur LinkedIn, l’expérience stagiaire ne doit plus être laissée au hasard.
Côté équipe, accompagner un stagiaire peut vite devenir un gain d’efficacité : une fois formé et autonome, il allège la charge de travail et apporte une contribution réelle aux projets en cours. Enfin, recruter et valoriser le travail d’un stagiaire favorise la transmission. C’est d’ailleurs tout le message du film Le Stagiaire avec Robert De Niro : un veuf de 70 ans, en quête de sens, est recruté en tant que stagiaire senior dans une start-up. Si sa présence déroute d’abord ses jeunes collègues, il finit par gagner leur confiance, devenir un repère et même aider la fondatrice à surmonter ses doutes, à déléguer et à retrouver l’équilibre entre vie pro et perso. Moralité : l’apprentissage est un échange intergénérationnel qui fait grandir l’entreprise au sens large. (Profitons-en pour rappeler que l’on peut être stagiaire à tout âge et que c’est justement cette diversité qui fait la richesse d’une entreprise).
Conseils et bonnes pratiques pour chouchouter vos stagiaires
Un bon stage, ça ne s’improvise pas. Professionnels des RH, votre rôle est de préparer et d’accompagner les stagiaires, de leur premier à leur dernier jour au sein de l’équipe. Voici quelques réflexes simples pour les chouchouter, les valoriser et augmenter, par ricochet, la performance de l’entreprise.
- Soignez leur onboarding
Avant toute chose, gardez en tête que si le nouvel étudiant que vous accueillez est simplement un stagiaire de plus sur la liste pour vous, pour lui, c’est peut-être la première fois que ses pieds foulent le sol d’une entreprise. La première impression qu’il en aura restera à jamais gravée dans sa mémoire. Dès son arrivée, accueillez-le chaleureusement, présentez-lui l’équipe, organisez un petit-déjeuner collectif, prévoyez un temps d’échange avec son tuteur, etc. Sur le plan professionnel, n’hésitez pas à lui concocter un livret d’accueil, à préparer son espace de travail en avance ou encore à prendre le temps de lui présenter les outils qu’il aura à utiliser durant son stage.
- Donnez du sens à leurs missions
Terminée l’époque où les stagiaires n’étaient là que pour observer pendant des semaines avant de voir enfin une mission leur être confiée. Même le plus jeune des stagiaires a besoin de comprendre à quoi il contribue. Évitez les tâches répétitives ou sans intérêt. Associez le stagiaire à des sujets concrets, à la hauteur de son niveau. L’objectif : qu’il apprenne, mais aussi qu’il se sente utile. Lui confier un mini-projet, avec un début et une fin, peut être une bonne option.
- Offrez-leur du feed-back, régulièrement
Ce n’est pas parce qu’un stage dure deux mois qu’il faut attendre la fin pour faire un point. Encouragez les tuteurs de stage à prévoir des points hebdomadaires pour discuter de l’avancée des missions mais aussi de l’état d’esprit de l’apprenant. Ici, la formation des managers et des équipes au feed-back prend tout son sens : elle permet de livrer des retours concrets, bienveillants et constructifs.
- Encouragez-les à prendre des initiatives
Laisser un stagiaire exprimer ses idées, c’est reconnaître la valeur de son travail, de sa personnalité et de ses compétences. En écoutant vraiment ce qu’il a à dire, vous transformez son stage en une expérience riche, et profondément formatrice. Et pour l’entreprise, les bénéfices ne manquent pas. Les stagiaires apportent souvent un regard neuf, curieux et décomplexé sur vos pratiques. Ils osent remettre en question ce que les plus anciens ne voient plus, proposent des solutions originales et insufflent un vent de fraîcheur dans vos projets.
- Célébrez la fin de leur stage
Dans la même veine que l’onboarding, il est essentiel de soigner le départ des stagiaires. Un pot de départ, un mot de remerciement, une recommandation sur LinkedIn… Ce sont des détails qui laissent une trace durable. Mais surtout, une façon élégante de clôturer le cycle d’apprentissage et de renforcer le lien. Et qui sait, de donner envie au stagiaire de revenir dans quelques années pour une alternance, voire un CDI !
Alors que l’attractivité et la fidélisation deviennent de plus en plus stratégiques, chaque expérience compte. Et le stage, souvent première immersion dans le monde professionnel, en dit long sur la culture d’une entreprise. Un stagiaire bien accompagné deviendra un ambassadeur convaincu, ou pourquoi pas, un futur collaborateur engagé. À l’inverse, un stagiaire négligé retiendra surtout le désintérêt, le manque d’écoute et l’absence de reconnaissance. Alors, en cette Journée internationale des stagiaires, posez-vous une question simple : quelle trace souhaitez-vous laisser dans leurs esprits ?
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