Cette semaine, la Revue du web commence par une question qui pourrait bien vous travailler tout le week-end : utiliser ChatGPT pour gagner du temps, est-ce de la triche ? En d’autres termes, faut-il en baver pour avoir du mérite ? Vous avez 4 heures (ou vous pouvez lire la première actu de la semaine pour gagner du temps). En attendant, face aux machines, l’humain a encore un bel avenir et certaines compétences deviennent de plus en plus précieuses. Les avez-vous ? That is the question… à découvrir dans l’actu number 2. Un peu de recul, donc, avant de passer à un sujet autrement plus sensible : le harcèlement au travail. Deux experts partagent avec vous les pièges à éviter lors d’une enquête interne dans la troisième actu de la semaine. Sujet tabou, toujours, avec la ménopause. Avez-vous remarqué comme ce phénomène qui concerne la moitié de la population semble soudain ne plus exister dès qu’on franchit les portes de l’entreprise ? Le mystère du corps humain, peut-être, ou alors celui d’un monde du travail qui préfère détourner le regard… On termine ce tour de l’actu RH avec un scénario digne d’une mauvaise comédie : une salariée croit obéir à son patron, évite de virer 291 000 euros à des escrocs et se fait finalement licencier. Un phishing fatal dont on vous laisse découvrir les dessous ! Enfin, notre chiffre de la semaine s’intéresse à la pression qui pèse sur les salariés de retour au travail après un cancer. Bonne lecture !
[IA] ChatGPT m’a tuer
Vous avez rédigé un excellent rapport en trente minutes grâce à ChatGPT ? Bravo ! Enfin, pas si vite… Depuis que l’IA générative s’invite dans notre quotidien professionnel, un travail trop bien fait, trop rapidement, devient presque suspect. Comme si la qualité d’un résultat dépendait forcément du temps et des efforts nécessaires pour l’obtenir. C’est ce drôle de paradoxe que pointe Manuelle Bermann, rédactrice en chef de Parlons RH, dans son édito de la semaine. L’IA bouscule notre rapport au mérite, particulièrement lorsqu’elle facilite des tâches intellectuelles dont nous tirions une certaine fierté. Voilà donc les entreprises face à une contradiction assez savoureuse : encourager leurs collaborateurs à gagner du temps grâce à l’IA, tout en continuant à admirer ceux qui donnent l’impression d’en avoir bavé. À ce rythme, bientôt faudra-t-il faire semblant de travailler plus longtemps pour prouver qu’on travaille bien ? Je lis l’article
[SOFT SKILLS] L’humain fait de la résistance !
Bon, maintenant qu’on se sent moins coupable d’utiliser l’IA au travail, intéressons-nous à ce qu’elle ne sait pas (encore) faire aussi bien que nous. Une étude du cabinet Morgan Philips, présentée par Hellowork, révèle que certaines compétences humaines deviennent de plus en plus précieuses. En tête de liste, l’esprit critique. Avec 94 % des suffrages, il fait presque l’unanimité ! Il faut dire que savoir remettre en question une réponse de ChatGPT, plutôt que de l’avaler toute crue, devient une qualité particulièrement utile. L’intelligence émotionnelle et le leadership ne sont pas en reste. Comprendre ce qui se joue dans une équipe, prendre des décisions, embarquer les autres dans un projet… Pour le moment, les machines ne sont pas franchement les mieux placées. Ajoutez à cela une bonne dose de curiosité pour suivre le rythme des évolutions technologiques, et vous obtenez un joli portrait-robot du collaborateur de demain. Je lis l’article
[DROIT SOCIAL] Harcèlement : les pièges de l’enquête interne
Une enquête pour harcèlement au travail demande du temps, de la méthode et pas mal de précautions. Le sujet est même suffisamment complexe pour que Philippe Zawieja et Jean-Christophe Villette, du cabinet Ekilibre Conseil, aient décidé d’y consacrer un livre. Comment réagir lorsqu’un salarié vous signale des faits de harcèlement au travail ? Faut-il d’ailleurs systématiquement ouvrir une enquête ? Comment recueillir les témoignages ? Quels pièges éviter pour ne pas fausser les conclusions ? Dans Courrier Cadres, les deux experts répondent à ces questions et reviennent notamment sur les difficultés que vous pouvez rencontrer lorsqu’il faut faire la lumière sur des situations parfois très sensibles. Ils vous alertent aussi sur ce qui se passe après l’enquête, lorsque vient le moment de tirer les conséquences des faits établis. Un entretien riche en conseils pour aborder ces situations délicates avec méthode et impartialité. Je lis l’article
[SANTÉ AU TRAVAIL] Ménopause, le grand tabou
La ménopause fait partie de la vie de toutes les femmes, pas vraiment du monde de l’entreprise où ses effets sont encore largement ignorés alors que 80 % des femmes ressentent des symptômes, rappelle The Conversation. Bouffées de chaleur, fatigue, troubles du sommeil ou difficultés de concentration peuvent alors compliquer leur quotidien professionnel, parfois pendant plusieurs années. Certaines salariées préfèrent les taire, par crainte d’être jugées ou de voir leurs compétences remises en question. Comment mieux prendre en compte la ménopause dans les entreprises ? En commençant par en parler, tout simplement, et en sensibilisant les managers à ses effets. Des horaires plus souples, des pauses adaptées ou une meilleure gestion de la température des locaux peuvent également aider les salariées qui en ont besoin. À vous, professionnels de la fonction RH, de faire en sorte que ces aménagements puissent être proposés sans gêne ni justification embarrassante. Je lis l’article
[SOCIÉTÉ] Phishing fatal
291 000 euros. C’est la somme qu’une assistante commerciale a bien failli envoyer à des escrocs en pensant obéir à son patron. L’histoire, racontée par Cadremploi, remonte au mois de juillet 2020. Sophie, dont le prénom a été modifié, reçoit un mail sur sa boîte professionnelle et communique des informations bancaires de son entreprise. Le lendemain, elle reçoit ce qu’elle croit être l’accord de son supérieur, alors en vacances, et ordonne quatre virements vers un compte étranger. Heureusement, la banque bloque tout ! Sauf que l’affaire ne s’arrête pas là. Quelques jours plus tôt, l’entreprise avait justement alerté ses salariés sur les tentatives de phishing. Sophie avait aussi ignoré plusieurs signes suspects dans les messages reçus. Plus embêtant encore, le courriel qu’elle remet aux enquêteurs après la découverte de l’arnaque a été modifié. Alors, après 21 ans dans l’entreprise, elle est licenciée. Chers professionnels de la fonction RH, face à des arnaques de plus en plus élaborées, protéger les collaborateurs passe aussi par la sensibilisation, la formation et des procédures de vérification claires. Mieux vaut prévenir que virer, dans tous les sens du terme ! Je lis l’article
📊 Le chiffre de la semaine : 30 %
30 % des managers estiment que la pression de retrouver ses performances d’avant la maladie figure parmi les principales difficultés rencontrées par les salariés qui reprennent le travail après un cancer, selon une enquête Fasterclass relayée par RSE Magazine. Après plusieurs mois d’absence, il faut parfois réapprendre à trouver sa place dans une équipe, composer avec une fatigue persistante et accepter de ne pas pouvoir travailler tout à fait comme avant. Pas évident, surtout lorsque l’on sent que tout le monde attend un retour à la normale ! D’où l’importance de préparer cette reprise avec le salarié et son manager, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités. Un sujet sur lequel vous avez un rôle essentiel à jouer pour éviter que le retour au travail ne se transforme en course à la performance.
💻 Le post LinkedIn de la semaine – DRH à bout de souffle
8 DRH sur 10 seraient au bord de l’épuisement, selon un chiffre des Échos repris par Julie Souchard. Dans son post LinkedIn, elle s’intéresse à ce qui vous pousse, professionnels des RH, à tirer autant sur la corde. La charge de travail, bien sûr, mais aussi la pression permanente, le manque de reconnaissance et cette solitude qui accompagne parfois les décisions difficiles. Sans oublier, bien sûr, qu’à force de vouloir être à la hauteur, ne décevoir personne et répondre présent à chaque sollicitation, certains finissent par s’oublier complètement. Une estime de soi fragile peut aussi pousser à en faire toujours plus, jusqu’à l’épuisement. Et vous, qui prend soin de vous ?



