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Recrutement, et si la pénurie de talents n'existait pas ?

Recrutement : et si la pénurie de talents n’existait pas ?

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La pénurie de talents relèverait-elle du mythe ? D’après une nouvelle étude France Stratégie, les difficultés de recrutement des entreprises seraient liées à leur politique – inadaptée voire inexistante – de gestion des compétences. L’obstination des pouvoirs publics à soutenir la formation des candidats est-elle une erreur ? L’État ne devrait-il pas concentrer ses moyens sur la gestion des ressources humaines ? Comment aider les entreprises à identifier la capacité des candidats ?

 

Échec des recrutements : la faute à la formation des candidats ?

Faute de candidats dit-on, 150 000 à 250 000 emplois restent non pourvus chaque année en France. 23 % des entreprises sont concernées par ces difficultés de recrutement, rapporte l’étude Pénurie de talents 2016 de Manpower Group. Et selon l’enquête BMO 2017 (Besoin en Main d’œuvre) menée par Pôle Emploi, pour plus de 80 % des employeurs, le problème est lié principalement à une pénurie de candidats ou aux profils inadéquats des postulants.

Alors qu’il y aurait en France une sous-utilisation des qualifications produites par le système éducatif d’après l’OCDE (1), un constat semble pourtant faire l’unanimité : dans certains secteurs, à l’instar de l’hôtellerie-restauration, du tourisme, de l’industrie ou du commerce, les actifs ne seraient pas suffisamment formés pour répondre aux besoins des entreprises.

A ce titre, le gouvernement entend mettre le paquet sur la formation lors des cinq prochaines années en débloquant 15 milliards d’euros pour les demandeurs d’emploi ainsi que les jeunes. Cela doit contribuer à mettre un terme au chômage de masse en France d’ici 2020, conformément au souhait formulé cet été par le président Emmanuel Macron lors de son déplacement à Bucarest, en Roumanie, devant la communauté française.
 
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Pénurie des talents : la gestion des ressources humaines en question

Pourtant, une nouvelle étude publiée fin août par France Stratégie change la donne. « Renforcer la capacité des entreprises à recruter » s’interroge, entre autres, sur ce déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché du travail et déplace le curseur non plus sur la formation, mais sur la propre difficulté des employeurs à anticiper et à identifier leurs besoins de compétences ainsi qu’à déterminer la capacité des candidats.

Pour sortir de l’impasse, le document incite les entreprises à référencer les compétences dont elles ont et auront besoin. Et il y a du boulot : l’enquête souligne que moins de 15 % des entreprises font de la gestion de compétences. Au lieu de tout miser sur la formation, l’État ne devrait-il pas également aider les recruteurs à se doter d’une politique de gestion de leurs ressources humaines ou les épauler afin de l’améliorer ?

« Pour les pouvoirs publics, il deviendrait possible de mieux cibler les réponses aux besoins en ressources humaines des entreprises – qu’ils relèvent de la formation initiale ou continue, de dispositifs d’emploi ou d’appui et d’accompagnement », peut-on lire dans le rapport de France Stratégie.

 

Compétences vs diplômes

Une prise de conscience qui se révèle d’autant plus urgente dans un contexte où le marché du travail évolue rapidement. En effet, à l’heure de la transformation de l’entreprise – de son organisation comme de ses métiers – certains spécialistes alertent sur la nécessité de reconsidérer l’approche du recrutement. L’idée n’est plus de penser uniquement en termes de diplômes et d’expériences professionnelles, mais de compétences.

Le 22 juin, s’est tenu à Paris un débat sur l’impact de l’automatisation sur l’emploi. Catherine Poux, directrice des services aux entreprises à Pôle Emploi est revenue sur l’importance de développer « une approche par compétence et inciter les entreprises à parler ainsi ».
Dans cette démarche, Pôle Emploi a analysé « plus de 4,6 millions d’offres d’emploi afin d’identifier, en fonction des métiers, quelles étaient les compétences attendues aujourd’hui par les entreprises ». Ces données ont ensuite été intégrées aux fameuses fiches ROME de l’institution. Désormais, lorsqu’une entreprise dépose une offre sur le site Internet du Pôle Emploi, s’affichent cinq compétences clés généralement demandées par les recruteurs sur ce métier. « [L’employeur] peut les modifier, en enlever, en ajouter… », ajoute Catherine Poux. De la même façon que Pôle Emploi accompagne les entreprises sur cette notion de compétences, l’organisme aide aussi les demandeurs d’emploi à identifier celles qui sont les leurs.

 

L’innovation au service de la gestion des compétences

Pôle Emploi a d’ailleurs lancé une nouvelle plateforme Pole-talents.fr, un site qui permet aux demandeurs d’emploi d’accéder à des offres référencées par compétences ! L’outil fait encore l’objet d’expérimentations. Plusieurs startups de la French Tech quant à elles ont d’ores et déjà pris ce virage. On pense notamment à Place des Talents, une plateforme qui met en avant les valeurs et le savoir-être des candidats. Ou encore à Skilero qui permet aux recruteurs de présélectionner les candidats sur leurs compétences en leur faisant passer des tests en ligne.

 

(1) 44 % des travailleurs ont un niveau de diplôme qui ne correspond pas à l’emploi qu’ils occupent : 31 % sont surqualifiés et 13 % sous-qualifiés (chiffres OCDE cités dans l’étude France Stratégie ici commentée).

 

Crédit photo : Shutterstock/ Robuart

 

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Aurelya BILARD

Journaliste, Aurélya multiplie les expériences au sein de startups et pure players, avant de s’orienter vers le brand content en freelance. Après avoir traité de nombreux sujets dans les domaines du recrutement et de la formation pour le compte d’un jobboard, elle rejoint Parlons RH en tant que rédactrice RH. Diplômée d’une Licence d’Histoire à la Sorbonne, elle est aussi titulaire d’un Certificat de qualification aux métiers du journalisme (ESJ Paris).

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