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Recrutement 2026 : une dynamique en baisse, des tensions toujours présentes

Entre un contexte instable et des pratiques qui évoluent encore, le recrutement s’apparente bel et bien à un exercice d’équilibriste.

Publié le 05/05/2026

Mis à jour le 05/05/2026

Par Stéphane Varisellaz

Chaque année, France Travail publie son enquête sur les besoins en main-d’œuvre, un rendez-vous attendu pour prendre le pouls du marché de l’emploi. 2026 ne déroge pas à la règle. Volume de recrutements, tensions persistantes, évolutions d’une année sur l’autre… Comme à son habitude, la rédaction de Parlons RH a passé l’infographie au crible pour en extraire les enseignements clés. Que retenir cette année ? Une dynamique des recrutements qui continue de ralentir, tout en restant portée par les petites structures et les secteurs de proximité. En parallèle, des difficultés de recrutement qui reculent, sans pour autant disparaître. Deux mouvements à décrypter pour mieux comprendre ce que disent vraiment les chiffres.

Une dynamique en baisse, un moteur toujours local

Un petit rappel historique s’impose. Souvenez-vous, en 2024, après deux années hors norme, les intentions d’embauche retombaient à un niveau proche de 2019, avec 2,78 millions de projets, soit une baisse de 8,5%. Un an plus tard, en 2025, deuxième coup de frein : 2,4 millions (-12,5%). En 2026 ? Pas de miracle. Le mouvement se poursuit puisque 2,2 millions de recrutements sont attendus, soit une nouvelle baisse de 8,3%. Trois années, une même tendance.

Ce recul s’inscrit dans un contexte qui ne s’est jamais vraiment stabilisé depuis 2022. La guerre en Ukraine a installé une première zone d’incertitude durable, notamment sur les coûts de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement. Depuis, vous l’avez constaté, les tensions géopolitiques ne se sont pas apaisées, bien au contraire. Les tensions autour du détroit d’Ormuz en sont un bon exemple : dès que les flux énergétiques sont menacés, les prix sont impactés, et avec eux les décisions d’investissement. La Banque de France soulignait d’ailleurs en avril 2026 que les défaillances d’entreprises atteignaient un niveau historiquement élevé, avec 69 392 défaillances sur douze mois à fin février. Dans ce type d’environnement, recruter devient alors plus risqué, et donc plus facile à reporter.

Par ailleurs, 2 recrutements sur 3 proviennent des petites entreprises. C’est assez logique, tant l’économie française repose d’abord sur ces structures. Toutefois, pour bien comprendre cette majorité, il faut regarder du côté des secteurs qui recrutent le plus. En 2026, les services concentrent à eux seuls une large part des projets d’embauche, avec en tête les services aux particuliers, l’hôtellerie-restauration, le commerce ou encore l’agriculture. Des secteurs très présents sur l’ensemble du territoire, mais surtout très structurés autour de petites entreprises.

Des difficultés de recrutement toujours bien présentes

Nouveau voyage dans le temps, avec un retour en arrière de 3 ans. En 2023, 61% des recrutements étaient jugés difficiles. En 2024, ce taux commence à reculer, pour s’établir à 57,4%. En 2025, nouvelle baisse, à 50,1%. Et en 2026 ? La tendance se confirme, avec 44% de recrutements jugés difficiles. Pour autant, difficile de parler d’un marché apaisé. 44%, cela reste considérable.

Que recouvrent ces “difficultés de recrutement” ? On pense tout de suite à un manque de candidats, c’est l’explication la plus évidente. Certains postes ne reçoivent pas ou très peu de candidatures. L’absence de réponse ne signifie pas forcément qu’il n’y a personne sur le marché. Elle peut aussi traduire un problème de visibilité ou de diffusion. Une offre mal positionnée, mal relayée ou mal formulée peut tout simplement passer à côté de ses candidats.

Se pose la question de la qualité des candidatures. Les entreprises évoquent souvent des profils qui ne correspondent pas à leurs attentes. Les raisons ? Pas assez d’expérience, pas les bonnes compétences, pas le bon état d’esprit. Cela interroge le niveau d’exigence. Si les attentes sont trop élevées ou mal calibrées par rapport au poste, ce décalage est alors inévitable.

En outre, les attentes des candidats ne sont plus les mêmes depuis la pandémie de COVID-19. La rémunération reste un critère central, mais ne suffit plus. L’organisation du travail, la flexibilité ou encore l’équilibre de vie sont autant d’éléments qui pèsent de plus en plus dans la décision.

Enfin, une partie des difficultés trouve son origine au cœur même du fonctionnement de l’entreprise lorsque les processus trop longs, lorsqu’il y a un manque de réactivité avec les candidats, lorsque l’image employeur est dégradée… 

Entre un contexte instable et des pratiques qui évoluent encore, le recrutement s’apparente bel et bien à un exercice d’équilibriste. Pour les plus positifs qui verront le verre à moitié plein, des solutions existent déjà, du côté des entreprises.

Recrutement 2026 : une dynamique en baisse, des tensions toujours présentes

Source : France Travail

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À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.