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L’hyperconnexion en entreprise, de la solution miracle au cauchemar

le 16 mars 2017
L'hyperconnexion en entreprise, de la solution miracle au cauchemar

Avant d’être vigoureusement dénoncée, l’hyperconnexion en entreprise apparaissait comme une solution miracle, le moyen pour un salarié de s’émanciper des horaires de bureau. Les entreprises tentent désormais de trouver les réponses appropriées pour endiguer le phénomène.

Une étude réalisée par la société Adobe en 2015 révèle que 74% des cadres français déclarent se connecter à leur entreprise de chez eux, sur leur temps de repos le soir et le week-end, dont une grande majorité la nuit dans leur lit ! Pas si surprenant que ça, avouons-le. Qui n’a jamais envoyé un mail professionnel le week-end ou le soir, alors que cela pouvait attendre le matin?

Tout a commencé vers 1995 avec l’apparition des premiers mails, pour connaitre un essor fulgurant à partir de 2005 avec la démocratisation des Smartphones. Leur nombre a été multiplié par 6 depuis 2008, par 4 pour les tablettes entre 2011 et 2013. Enfin, si 55% des personnes actives disposent d’un micro-ordinateur sur leur lieu de travail, cette proportion monte à 90% pour les cadres, et représente près des trois quarts pour les professions intermédiaires. Cette hyperconnexion en entreprise, qui touche aussi bien la vie privée que professionnelle, se traduit en partie par un besoin de reconnaissance : reconnaissance sur les réseaux sociaux, reconnaissance par l’entreprise de l’assiduité dont on fait preuve à toute heure du jour et de la nuit en consultant et en répondant à ses mails professionnels.

 

La quête du Graal

Qui n’a jamais réclamé, comme une faveur suprême, un accès privilégié au serveur de l’entreprise à distance? Pouvoir travailler depuis chez soi, quand on veut, comme on veut… Il y eut les chanceux qui possédaient un portable de fonction, ceux qui ne manquaient pas de le faire savoir aux autres collègues par des mails judicieusement envoyés tard le soir ou tôt le matin. Chacun aspirait à cette liberté, à cette délicieuse autonomie…

Et puis le piège s’est refermé, doucement. Ce que les salariés pensaient être une nouvelle liberté s’apparentait plus à l’arrivée naturelle et consentie de l’entreprise chez soi. Le loup était entré dans la bergerie. Managers, collègues, patron, tous pouvaient solliciter chacun sur son temps de repos. La course aux bons élèves était lancée, à ceux qui répondaient plus vite que leurs ombres, à ceux qui voulaient gagner du temps sur la journée, envoyant leurs listes des tâches à réaliser que personne ne devait oublier. Sans omettre les terribles mails, avec la terre entière en copie, concernant une information non prioritaire mais montrant l’implication de l’émetteur ayant pris soin d’envoyer son mail à 3h du matin. Le cercle familial, qui offrait jusqu’alors un répit bien mérité aux salariés, était devenu un nouveau terrain de compétition professionnel.

 

Une addiction sans frontière

L’hyperconnexion en entreprise pouvait commencer ses ravages en toute impunité. Cette addiction numérique allait générer, chez de nombreux salariés, de multiples problèmes dans l’équilibre vie privée/vie professionnelle. La frontière de plus en plus floue entre ces deux mondes s’accompagna d’une pression constante, sans compter que l’entreprise, de son côté, devait faire face à une hyperconnexion de ses salariés pas forcément liée à des missions professionnelles.

Le rapport Mettling remis à la ministre du Travail Myriam El Khomri en 2015, traçait un constat lucide sur le sujet.

Dans ce contexte, le droit à la déconnexion inscrit à l’article 55 de la nouvelle loi travail a presque fait l’unanimité. En l’absence de solutions très précises, le débordement de la vie professionnelle sur la vie privée est reconnu. Indispensable pour stopper un surengagement nuisible au salarié, le droit à la déconnexion relève d’une responsabilité partagée entre celui-ci et l’employeur. Éducation individuelle et régulation au niveau de l’entreprise apparaissent aujourd’hui indispensables.

 

Des solutions pas si simples

Plusieurs entreprises ont pris des initiatives en la matière, parfois radicales. Couper les messageries professionnelles de 19h à 8h le lendemain constitue-t-il la meilleure réponse? Rien n’est moins sûr. Cette solution n’empêchera pas un salarié de se connecter depuis sa boite mail personnelle, au détriment de toutes les règles de sécurité concernant les données confidentielles de l’entreprise.

Il reste donc l’appel au bon sens de chacun. La signature d’une charte collective peut y contribuer. L’entreprise propose un cadre légal, met en place les règles d’usages et horaires de connexion adaptés à son activité ; le salarié apprend à se déconnecter, retrouve le plaisir du temps partagé en famille ou entre amis, bref, un certain équilibre.

 

 

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Retrouver notre conférence sur l’hyperconnection à la journée VitæLia du jeudi 30 mars 2017 à Paris.

 

Crédit photo : Shutterstock /  Lopolo

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