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Santé mentale : les salariés à bout de souffle ?

La santé mentale des salariés inquiète plus que jamais, entre difficultés personnelles, manque d’autonomie et crainte de ne pas tenir jusqu’à la retraite.

Publié le 25/08/2026

Mis à jour le 25/08/2026

Par Stéphane Varisellaz

50% des salariés français présentent aujourd’hui un signe de détresse psychologique, soit le niveau le plus élevé depuis le lancement du baromètre d’Empreinte Humaine et Ipsos, en 2020. Finalement, est-ce vraiment une surprise ? Nous assistons depuis quelques années maintenant à une dégradation continue de la santé mentale des collaborateurs, en France et plus globalement dans le monde, année après année. Les autres indicateurs qui fleurissent ci et là, sur le nombre de burn-out et le taux d’absentéisme pour ne citer que ceux-là, ne sont guère plus rassurants. Difficultés personnelles, conditions de travail et conséquences : la rédaction de Parlons RH a retenu trois chiffres, qui sortent quelque peu de l’ordinaire, dans cette infographie signée EclairAction 360.

Quand la vie perso s’invite au boulot

La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle est-elle vraiment aussi étanche qu’on aimerait parfois le croire ? Pas vraiment, à en juger par les chiffres. 53% des salariés ont traversé, au cours des douze derniers mois, une période de stress intense liée à une difficulté personnelle. Problèmes de santé, séparation, difficultés financières, deuil, enfant qui rencontre des difficultés, parent vieillissant… Ce pourcentage cache autant de situations que de vies différentes.

Prenons le cas des proches aidants. Selon la Drees, en décembre 2025, 7,1 millions de personnes apportent régulièrement une aide à un parent, un conjoint, un enfant ou un ami en situation de handicap ou de perte d’autonomie en France métropolitaine. Cette aide peut prendre plusieurs formes : soutien moral, aide dans la vie quotidienne, aide financière ou matérielle. Six aidants sur dix travaillent, recherchent un emploi ou étudient et, parmi ceux en âge de travailler, près de la moitié ont également un enfant à charge. Certains cumulent donc emploi, vie de famille et accompagnement d’un proche. Trois aidants sur dix assument même cet accompagnement seuls, sans relais d’un autre proche, d’un professionnel ou d’un bénévole.

Vous avez peut-être déjà croisé l’un d’eux au bureau sans même le savoir. C’est ce collègue qui passe un appel à l’Ehpad pendant sa pause déjeuner, celui qui doit accompagner régulièrement son père à l’hôpital ou celle qui jongle avec les rendez-vous médicaux de son enfant entre deux réunions. La difficulté est personnelle, certes. La charge mentale, la fatigue ou l’inquiétude qui l’accompagnent ne disparaissent pas comme par enchantement à 9 heures pour réapparaître à 18 heures.

Par ailleurs, les difficultés personnelles ne se limitent pas aux problèmes de santé ou à l’aidance. 41% des salariés disent avoir été confrontés à des difficultés financières, administratives ou juridiques au cours des douze derniers mois. Un découvert qui s’installe, un divorce à gérer, un conflit avec son propriétaire ou simplement des démarches administratives qui s’éternisent peuvent sembler bien éloignés des préoccupations de l’entreprise. Ils occupent pourtant l’esprit de celui ou celle qui doit, en parallèle, continuer à travailler.

Exécution !

Il nous est tous arrivé de terminer une journée avec l’impression d’avoir beaucoup travaillé sans vraiment avoir eu notre mot à dire sur la manière de le faire. Imaginez maintenant subir cette situation quotidiennement. C’est ce que vivent 60 % des salariés interrogés qui déclarent avoir le sentiment d’être de simples exécutants dans leur travail. Étonnant, dans un monde du travail où l’on parle beaucoup d’autonomie, de responsabilisation et de management participatif.

Être « simple exécutant », ce n’est pas nécessairement détester son travail ou ne plus y trouver aucun intérêt. C’est aussi parfois devoir appliquer une décision prise ailleurs sans en comprendre le sens, suivre un process à la lettre alors qu’on saurait comment l’améliorer, multiplier les validations pour une tâche que l’on pourrait gérer seul ou encore voir son agenda se remplir de priorités décidées par d’autres. Accumulés jour après jour, ces petits irritants donnent le sentiment de travailler davantage pour répondre à des contraintes que pour faire correctement son métier.

En parallèle, 51% des salariés estiment avoir de moins en moins de temps pour effectuer un travail de qualité. Difficile de ne pas penser à toutes ces journées passées à courir après les urgences, à enchaîner les réunions ou à répondre aux sollicitations, avant de se demander à 17 heures quand on va enfin pouvoir commencer ce que l’on avait prévu de faire le matin. 

De son côté, l’Anact rappelle que l’autonomie au travail ne consiste pas simplement à « laisser les salariés tranquilles ». Elle repose notamment sur la possibilité d’organiser son activité, de prendre des initiatives, de participer aux décisions qui concernent son travail et de pouvoir discuter de la manière dont celui-ci est réalisé. En résumé, avoir de l’autonomie, c’est aussi avoir une prise sur son propre travail.

Jusqu’ici, tout va bien ?

Faites-vous partie des 45 % de salariés qui craignent de ne pas pouvoir tenir psychologiquement jusqu’à la retraite ? La question mérite d’être posée à l’heure où les carrières s’allongent. Travailler plus longtemps, soit. Encore faut-il pouvoir le faire dans de bonnes conditions. Car entre un salarié de 30 ans qui se projette encore facilement dans plusieurs décennies de vie professionnelle et un autre qui, à 58 ans, commence à ressentir les effets de trente ou quarante années de travail, les besoins ne sont évidemment pas les mêmes.

Imaginez un salarié qui exerce un métier physique depuis trente ans, une aide-soignante qui enchaîne les horaires décalés ou un cadre qui termine depuis des années ses journées avec la sensation de n’avoir jamais vraiment décroché. Leur demander de tenir quelques années supplémentaires sans rien changer à leur quotidien risque de trouver rapidement ses limites. L’allongement des carrières pose donc une question assez simple : si l’on travaille plus longtemps, ne faut-il pas aussi apprendre à travailler autrement en vieillissant ?

Les entreprises disposent heureusement de plusieurs leviers. Aménager les horaires ou favoriser le temps partiel lorsque cela est possible, adapter un poste devenu trop éprouvant, anticiper une mobilité vers des missions moins exposées, mieux répartir la charge de travail… La formation a également toute sa place. Un salarié expérimenté ne devrait pas voir ses possibilités d’évolution se réduire à mesure que la retraite approche : continuer à développer ses compétences peut justement lui permettre de changer de poste, de faire évoluer son métier ou de transmettre davantage son savoir-faire. L’Anact invite d’ailleurs les entreprises à travailler conjointement sur la prévention de l’usure professionnelle, les parcours et l’évolution des conditions de travail pour favoriser le maintien en emploi des seniors.

On passe une grande partie de notre vie au travail. Autant faire en sorte que chacun puisse s’y sentir bien, aujourd’hui comme dans quelques années.

Santé mentale : les salariés à bout de souffle ?

Source : EclairAction 360

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.