Cette semaine, la Revue du web démarre par un petit coup de chaud au bureau : saunas et hammams s’invitent dans certains espaces de travail. On enchaîne avec un sujet beaucoup moins relaxant : près de 40% de nos compétences d’aujourd’hui pourraient devenir obsolètes d’ici 2030. Heureusement, 6 bonnes pratiques pour préparer les compétences demain vous attendent dans notre deuxième article de la semaine. Ouf. Besoin de repos ? Découvrez l’histoire à peine croyable de vacances refusées pendant 25 ans à ce salarié d’outre-Manche qui a fini par accumuler pas moins de 827 jours de congé En parlant de congé, on fait le point sur cette proposition de nouveau jour férié le 8 mars, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Jean-Pierre Farandou, Ministre du Travail a livré son verdict (et il ne va pas forcément vous plaire). Avez-vous entendu parler de la dernière tendance farfelue de TikTok, la Office Air Theory ? L’air du bureau serait responsable de notre glow down, en dégradant notre apparence physique au fil de la journée. Il ne manquait plus que ça ! Et comme il fallait bien finir par une petite douche froide (tradition ancestrale après une petite séance de sauna), le chiffre de la semaine en dit long sur l’usure croissante des professionnels RH face à la pression réglementaire. Bonne lecture !
[QVCT] Coup de chaud au bureau
Avez-vous déjà imaginé faire une séance de sauna… au travail ? Vous le pouvez, désormais. Quelques espaces de bureaux haut de gamme à Paris offrent sauna, hammam et douche froide à leurs occupants. Ces équipements ouvrent une parenthèse insolite au milieu de journées intenses : un moment pour souffler, se couper du bruit, décrocher des écrans et repartir avec un regain d’énergie. Pour les entreprises qui n’en sont pas encore à transformer leur sous-sol en spa nordique, Les Echos présentent aussi des formats plus accessibles : certaines font intervenir, le temps d’une journée, des prestataires externes qui proposent sur site des massages assis, des séances collectives de sophrologie, voire des prestations bien-être plus inattendues comme des soins du visage, une manucure ou un passage chez le barbier. Une chose est sûre : certaines entreprises ont décidé de ne plus laisser l’expérience collaborateur refroidir. Suffisant pour réchauffer l’expérience collaborateur ? Je lis l’article
[FORMATION] Demain ne meurt jamais. Vos compétences, peut-être.
D’ici 2030, près de 40% des compétences aujourd’hui mobilisées en entreprise pourraient devenir partiellement ou totalement obsolètes, selon le Future of Jobs Report 2025 du Forum économique mondial. Avec les effets de l’IA, de la transition écologique et des mutations démographiques en toile de fond, anticiper les compétences de demain est une condition de survie pour les organisations. Vous pouvez reprendre votre respiration, Lefebvre Dalloz Compétences partage pour cela six bonnes pratiques : ancrer la démarche compétences dans la stratégie d’entreprise, s’appuyer sur une GEPP vivante, identifier les compétences à risque d’obsolescence, transformer les entretiens professionnels en leviers d’anticipation, installer une veille prospective dans la fonction RH et accélérer sur la mobilité interne. Un programme chargé mais nécessaire pour préparer les compétences de demain. Je lis l’article
[DROIT SOCIAL] Les vacances (refusées) de Mr Bean
Capital nous raconte l’histoire d’un salarié britannique embauché en 1987 dans une société immobilière, qui n’a pas pris un seul jour de congé pendant vingt-cinq ans (n’ajustez pas vos lunettes, vous avez bien lu). Non pas parce qu’il refusait de partir en vacances, mais parce que ses demandes étaient systématiquement rejetées par son entreprise, en sous-effectif chronique. Avec le temps, un accord informel est même trouvé avec la direction : puisqu’il ne peut pas poser ses congés, ils lui seront payés plus tard. Mais en 2022, patatras. Changement de direction, climat tendu, rôle progressivement réduit… et ce qui devait arriver arriva : il est licencié sans préavis en 2024. Au moment de partir, son ancien employeur refuse pourtant de lui verser le montant correspondant à ses 827 jours de repos accumulés. L’affaire se termine devant les tribunaux, où il obtient gain de cause avec, à la clé, près de 460 000 euros d’indemnités. L’occasion, enfin, de profiter de quelques jours de congé bien mérités. Je lis l’article
[DIALOGUE SOCIAL] Pas de nouveau jour férié et c’est son dernier mot, Jean-Pierre
Vous avez peut-être suivi avec attention cette idée d’un nouveau jour férié le 8 mars, portée par la CGT, pour faire de la journée internationale des droits des femmes un jour chômé, rémunéré et symboliquement aussi fort que le 1er Mai. Espoir de courte durée (désolé de plomber votre fin de semaine). Interrogé dans La Tribune Dimanche, puis relayé par LCP, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a rapidement fermé la porte, expliquant vouloir avant tout que les Français “soient plus nombreux à travailler” pour produire davantage et financer le modèle social. Une fin de non-recevoir nette, qui intervient en plein débat sur le travail du 1er Mai dans certains commerces comme les boulangeries ou les fleuristes. Le calendrier social des actifs français n’a pas fini de nous faire parler. En attendant, au boulot ! Je lis l’article
[SOCIÉTÉ] Office Air Theory : glow down au bureau ?
C’est la nouvelle théorie farfelue du moment sur TikTok : l’air du bureau nous rendrait plus “moche” au fil de la journée. Peau plus terne, cheveux (pour ceux qui en ont encore) plus rebelles, traits plus fatigués… La tendance “Office Air Theory” cartonne, au point de transformer l’open space en suspect numéro un de la dégradation de notre routine beauté. Midi Libre s’est penché sur le sujet et rapporte les explications avancées par plusieurs dermatologues, beaucoup moins mystérieuses que la théorie virale. Au fil des heures, la peau évolue naturellement : le sébum augmente, le teint change, l’éclat se modifie. À cela s’ajoutent des facteurs très classiques de la vie de bureau, comme la climatisation qui assèche l’air et peut marquer davantage les traits, ou encore le stress, la fatigue et même le café, qui n’aident pas franchement à terminer la journée avec un teint frais digne des égéries des marques cosmétiques les plus en vogue. Si ce n’est pas forcément l’air du bureau qui nous enlaidit, il semble cependant assez bien refléter l’état dans lequel certaines journées nous laissent. Je lis l’article
📊 Le chiffre de la semaine : 80%
Près de 8 professionnels RH sur 10 ont déjà envisagé de quitter leur fonction sous l’effet de la pression réglementaire. Rien que ça. Dans son étude menée auprès de 1 956 professionnels RH, Staff & Go montre surtout à quel point la fonction se retrouve aspirée par tout ce qui l’éloigne de son cœur de métier : arrêts maladie, heures supplémentaires, congés, télétravail, interprétations juridiques, veille réglementaire… À tel point que 91% des répondants disent être accaparés, totalement ou en partie, par les contraintes juridiques et administratives. En parallèle, seuls 9% déclarent consacrer réellement leur temps au développement des talents. À force de passer ses journées à sécuriser l’existant, difficile pour la fonction RH de préparer l’avenir.
💻 Le post LinkedIn de la semaine : Changer de regard
Cette semaine, Judith Tripard signe un post LinkedIn très personnel sur la neurodiversité au travail. À partir de son propre parcours, elle rappelle que si certaines personnes se sentent en décalage dans le monde du travail, ce n’est pas toujours parce qu’elles ne rentrent pas dans la case. Trois idées ressortent particulièrement. D’abord, beaucoup de difficultés viennent de pratiques RH encore trop rigides : recrutement à l’intuition, critères flous, codes implicites, management standardisé… Ensuite, l’inclusion se joue dans des choses très concrètes : former les recruteurs et les managers, mieux structurer les process, revoir ce qu’on évalue vraiment, adapter l’environnement de travail. Enfin, Judith Tripard le dit très bien : on ne peut pas parler de neurodiversité comme d’un bloc. Autisme, TDAH, troubles dys… les réalités diffèrent, et les réponses doivent suivre.
Illustration : Shutterstock / Billion Photos & ginazahius



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