Blog

Toute l’actualité des RH et du Management

Echanger pour redonner du sens à ses actions au travail
© Elevo
5/5 (19 votes)

Réparer l’entreprise par l’échange

# , ,

Taux de turnover qui explose, désengagement au plus haut, burn/bore/brown-out de plus en plus fréquents. Quelque chose ne tourne plus rond dans le monde de l’entreprise. Il faut la réparer et vite !

 

Enrayer la machine à dilapider le capital humain

2018 a été une année noire pour les salariés. À tel point que 70% des plus jeunes d’entre eux envisagent de quitter leur entreprise avant 2020 (1). Et si les salariés souffrent, les entreprises ne sont pas épargnées. On chiffre le coût du désengagement à 12,6K€ par employé et par an (2). Nous sommes en train de vivre un véritable drame, humain tout autant qu’il est économique, parce que les gens ne se retrouvent plus dans leur entreprise.

Pourtant, tous les RH que nous rencontrons font le même constat. Ils ont beau faire de l’expérience employé et du bien-être au travail une priorité, cela ne suffit pas à enrayer la perte de sens qui éloigne, jour après jour, les collaborateurs de leur entreprise.

Pire encore, leurs initiatives sont parfois reçues comme des claques par des salariés qui souffrent au travail. En effet, il ne suffit pas d’instituer l’Happycratie ou d’inventer des événements, s’apparentant souvent à des gadgets, pour que tout le monde se retrouve heureux, engagé et performant.

 

Retrouver un sens d’appartenance

Pourquoi ? Parce que rien ne remplace ce que l’on est de plus en plus incapable d’offrir et ce que tout le monde recherche : le sens. La vraie différence, c’est savoir pourquoi et pour qui on travaille, c’est le fait de participer à une aventure collective.

Alors imputer le mal-être au travail à l’émergence de “bullshit jobs” est facile et ne règle pas le problème. La plupart d’entre nous doivent exécuter des tâches rébarbatives dans son travail. Le mal-être survient quand on ne sait plus pourquoi on le fait.

Car aujourd’hui, l’entreprise veut tout automatiser, imaginant que l’on peut penser l’entreprise sans l’humain comme une grande machine. Malheureusement, le process seul ne suffit pas et c’est bien pour cela que la machine s’enraye. On oublie que les stratégies de management qui marchent reposent sur des échanges humains riches et fréquents dans les équipes et entre manager et collaborateur. La plupart des entreprises sont avant tout le fruit de rencontres humaines. De volontés et de talents divers et complémentaires. Elles doivent se rappeler la valeur incroyable qui peut naître du dialogue.

C’est alors que notre erreur apparaît comme une évidence. On a voulu adapter des techniques héritées de la révolution industrielle à des métiers intellectuels qui se nourrissent de la motivation et de la créativité des équipes. On a tenté de résumer le travail à des processus et des indicateurs en oubliant que ce ne sont pas les meilleurs KPIs qui font les meilleures équipes. L’outil doit avant tout être un outil, pas une fin en soi !

Nous en voulons pour preuve le fait qu’aujourd’hui, seules 6% des entreprises sont satisfaites de leur politique de management de la performance (3). À ce niveau, on se rend compte que le désastre est plus lié à une erreur d’approche qu’à des itérations malheureuses. L’erreur de l’entreprise moderne est de vouloir créer des process au lieu de construire des équipes. Les salariés se retrouvent trop souvent comme d’insignifiants boulons dans une grande machine qu’ils ne comprennent plus et qui ne les entend plus.

C’est dramatique, car on sait le potentiel énorme d’une entreprise dans laquelle chacun donne le meilleur de lui-même. Archimède disait “Donnez-moi un levier et une poulie et je soulèverai le monde” ; il s’agit de redonner l’envie aux salariés des entreprises françaises.

 

Réparer l’entreprise par l’échange

L’envie, celle qui fait que l’on change le monde (ou simplement que l’on a envie d’aller travailler le matin) vient-elle d’un indicateur particulièrement bien choisi ? Non, les grandes aventures humaines partent du dialogue. De la rencontre entre une idée et une équipe. Pensez à Apple, Les Beatles ou la conquête de la lune.

Une entreprise performante ne peut donc pas se passer d’échanges riches et fréquents au sein des équipes et entre manager et collaborateur. Ce sont ces moments, que réclament salariés, managers et professionnels RH, qui vont créer de l’alignement, permettre de discerner les difficultés, aider à transformer une carrière… En somme, ce sont les moments qui vont créer du lien entre l’entreprise et le collaborateur et l’aider à trouver du sens à son travail.

En outre, dans une économie qui va de plus en plus vite, les entreprises doivent être capables de changer rapidement de stratégie et de priorités. Décuplant l’importance des moments d’alignement et de communication entre les collaborateurs. Il s’agit de leur donner un véritable rôle plutôt que de les cantonner à des fiches de postes. Sans cela l’entreprise se retrouve comme un château de cartes qui risque la rupture à chaque bouleversement du marché.

Les entretiens annuels approchant, n’est-ce pas le moment idéal pour repenser le dialogue dans votre entreprise ?

Elevo.fr met à votre disposition un centre de ressources complet pour vous accompagner dans vos entretiens annuels.

(1) IBET 2017, Mozart Consulting & Apicil. (2) Millenials Survey 2018, Deloitte. (3) Global Performance Management Survey, 2015, Mercer.

 

Recevez les derniers articles de Parlons RH par mailInscrivez-vous à la newsletter Parlons RH

Etienne Le Scaon

Cofondateur et CEO de Elevo
Diplômé de Télécom Paris et d'HEC, Etienne a débuté sa carrière en startup RH aux Etats-Unis, chez Work4. Il crée ensuite une première startup : Hublo, accélérée au sein de YCombinator (S14), revendue à Criteo. En 2016, il fonde Elevo avec son associé Thibault Vilon (Télécom Paris, Apple, Google). Ils souhaitent donner les moyens aux entreprises de développer des modes de management innovants, fondés sur l'échange. Etienne intervient également à HEC Paris où il analyse l'impact de la transformation digitale sur les Ressources Humaines.

14 Commentaires

  1. Jean Janot le 24 octobre 2018

    Excellente tribune !

    • Aurelya BILARD le 24 octobre 2018

      Bonjour, merci pour ce chaleureux commentaire. N’hésitez pas à partager cette tribune sur les réseaux sociaux 🙂
      Bien à vous

  2. Marie Choreston le 26 octobre 2018

    Tout à fait d’accord, je partage.

    • Etienne Le Scaon le 31 octobre 2018

      Merci beaucoup Marie !

  3. Carine Dadseux-Müller le 28 octobre 2018

    Très belle analyse. Apprenons à échanger. Il faut pour cela un cadre bienveillant et des animateurs formés à la communication non violente, aux processus participatifs. Tellement conditionnés par la compétition et l’individualisme, nous avons d’abord à apprendre à nous faire confiance, à nous engager vis à vis de nous-même et des autres, à oser dire sans accuser, à écouter sans se sentir blessé, à sentir ce qui est juste pour nous,…

    • Etienne Le Scaon le 31 octobre 2018

      Très juste Carine.
      La formation est une des clés fondamentales pour apprendre à créer des échanges positifs. Commencer tout simplement par prodiguer les bons conseils :
      – être précis en évoquant des comportements et en indiquant des pistes d’amélioration concrètes
      – se baser sur des observations plutôt que des interprétations personnelles
      – montrer les bénéfices d’une évolution de ce comportement pour toute l’équipe
      – etc.

  4. Bourbier le 28 octobre 2018

    Chez OurCompany, on ne peut que soutenir cette tribune pleine de sens. Nous militons pour une parole libre et bienveillante, pour que chacun•e retrouve le plaisir de contribuer à son organisation. Et surtout, que cette initiative puisse venir du terrain.

    • Etienne Le Scaon le 31 octobre 2018

      Merci beaucoup Stéphane; nous avons des missions très complémentaires !

  5. Philip Anderson le 29 octobre 2018

    Ce que je retiens de cet excellent article et que tout recruteur devrait méditer (extraits) :
    – 70% des plus jeunes d’entre eux envisagent de quitter leur entreprise avant 2020
    – On chiffre le coût du désengagement à 12,6K€ par employé et par an
    – Pourquoi [un tel désengagement ?] Parce que rien ne remplace ce que l’on est de plus en plus incapable d’offrir et ce que tout le monde recherche : le sens. La vraie différence, c’est savoir pourquoi et pour qui on travaille, c’est le fait de participer à une aventure collective.
    – On oublie que les stratégies de management qui marchent reposent sur des échanges humains riches et fréquents dans les équipes et entre manager et collaborateur. La plupart des entreprises sont avant tout le fruit de rencontres humaines. De volontés et de talents divers et complémentaires. Elles doivent se rappeler la valeur incroyable qui peut naître du dialogue.
    – [La bonne question à se poser] Les entretiens annuels approchant, n’est-ce pas le moment idéal pour repenser le dialogue dans votre entreprise ?

  6. jacky artaud le 29 octobre 2018

    Merci pour ce bon diagnostique , beaucoup de bon sens ,un remède qui semble pourtant tellement simple pour retrouver les voies de la guérisons , RH et IRP , retour a un vrai dialogue sociale, Managers a vos plans d action . .. !!!!

    • Etienne Le Scaon le 31 octobre 2018

      Merci beaucoup Jacky. Les remèdes qui semblent les plus simples sont très souvent et malheureusement les plus durs à appliquer…

  7. Daurensan Bernard le 30 octobre 2018

    Il est indispensable de réaliser que ce n’est pas par des injonctions que l’on améliorera le management global de l’entreprise mais par une formation des managers aux outils et techniques de management. Pas de bons ouvriers sans bons outils…..
    N’ayons pas peur de le dire, le génie est le fruit d’un travail constant.

  8. Etienne Le Scaon le 31 octobre 2018

    Merci Bernard, en effet !
    Il faut se plonger dans le problème et se retrousser les manches, sinon les progrès n’arriveront pas, c’est certain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *