En 2026, la performance des entreprises reposera autant sur les compétences humaines que sur la maîtrise des technologies. Pour développer les soft skills à grande échelle, l’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un allié majeur de la formation. À partir de cette infographie réalisée par Edmond Rougier sur la base de plusieurs sources de données, la rédaction de Parlons RH analyse deux enseignements clés. D’un côté, les soft skills s’imposent parmi les grandes priorités des équipes formation pour 2026. De l’autre, l’IA commence déjà à transformer concrètement les expériences d’apprentissage, avec des parcours plus personnalisés, interactifs et immersifs.
Le futur du travail repose aussi sur l’intelligence humaine
IA vs humain. L’opposition revient inlassablement, comme le refrain d’une chanson un brin agaçante (au hasard, Baby shark. Désolé). Alors que le futur des entreprises rime sans surprise avec nouvelles technologies et automatisation, il semblerait que l’intelligence humaine soit la clé pour soutenir toutes ces transformations. Pour preuve, 57% des entreprises placent le développement des soft skills parmi leurs 3 priorités L&D en 2026 comme un symbole.
Il faut dire que les organisations n’attendent plus seulement des collaborateurs qu’ils maîtrisent les outils ou les procédures. Elles attendent aussi qu’ils sachent collaborer, s’adapter rapidement, gérer des situations complexes, communiquer efficacement ou encore travailler dans des environnements hybrides et mouvants. Bref, tout ce qui permet d’évoluer collectivement dans un monde professionnel en pleine mutation, sans compter les incertitudes qui traversent le monde tout court.
En entreprise, développer les soft skills permet notamment de renforcer l’engagement et la collaboration dans un monde du travail hybride, d’améliorer la performance individuelle et collective ou encore de favoriser l’agilité et la résilience des équipes. Le sujet touche aussi directement au leadership, à la relation client et même à la culture d’entreprise. Derrière ces compétences dites “humaines”, il y a donc des enjeux très opérationnels.
On assiste en fait depuis quelques mois à un changement de stratégie majeur : depuis la nuit des temps, les entreprises recrutaient avant tout sur les compétences techniques, en espérant que les qualités relationnelles suivraient naturellement. Manifestement, cela ne suffit plus. 75% des employeurs estiment aujourd’hui que les candidats manquent davantage de soft skills que de compétences techniques.
Face à ce constat, les organisations se tournent maintenant vers la formation… de plus en plus assistée par l’intelligence artificielle.
L’intelligence artificielle peut maintenant nous apprendre à devenir plus humains
Former aux soft skills avec une intelligence artificielle aurait probablement semblé absurde il y a encore quelques années. Pourtant, c’est exactement ce qui est en train de se produire. 67% des organisations utilisant l’IA dans la formation déclarent constater une meilleure rétention des connaissances, tandis que 60% des apprenants affirment préférer des expériences de formation assistées par l’IA, qu’il s’agisse de recommandations personnalisées, d’interactivité ou de feedback en temps réel.
L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans les usages, transforme les pratiques et commence même à rebattre certaines cartes pédagogiques. Toutefois, contrairement à beaucoup de fantasmes très Silicon Valley compatibles, l’enjeu n’est pas de remplacer les formateurs par des robots qui parlent avec une voix monotone (et parfois, il faut bien le dire, franchement flippante).
La formation digitale a régulièrement souffert des mêmes critiques : contenus standardisés, modules interminables, faible engagement, expériences froides et impersonnelles. Ironiquement, l’IA promet aujourd’hui exactement l’inverse. Plus de personnalisation, davantage d’interactions, des parcours qui s’adaptent enfin au rythme et aux besoins des apprenants. Comme quoi, la technologie finit parfois par essayer de réparer ce qu’elle avait elle-même contribué à rigidifier.
Concrètement, l’IA permet déjà de créer des parcours ultra-personnalisés, capables d’adapter les contenus selon le profil, les objectifs ou le niveau de chaque collaborateur. Elle fournit aussi des feedbacks immédiats après une interaction ou un exercice, ce qui change profondément la dynamique d’apprentissage.
Au sujet des soft skills, grâce aux simulations et aux mises en situation assistées par l’IA, les apprenants peuvent désormais s’entraîner à gérer une tension, conduire un entretien, prendre la parole ou répondre à un client difficile dans des environnements réalistes… sans les conséquences bien réelles et la pression d’un raté en situation de travail
L’IA ouvre aussi la voie à une forme de “coaching augmenté”. Kesako ? Ce sont des assistants capables d’accompagner les apprenants au quotidien, de suggérer des contenus, de relancer certains exercices ou d’encourager la mise en pratique. Le tout avec une promesse qui obsède désormais beaucoup d’équipes formation : mieux mesurer l’impact réel des apprentissages dans le temps.
Le futur de la formation sera plus humain qu’on ne l’imagine
Plusieurs tendances commencent déjà à s’imposer en 2026. L’IA générative permet désormais de produire rapidement des modules, quiz, cas pratiques ou évaluations sur mesure. L’apprentissage immersif, qui combine réalité virtuelle et intelligence artificielle, commence lui aussi à se faire une place pour entraîner les collaborateurs à certaines situations relationnelles ou managériales. Les approches collaboratives gagnent également du terrain, avec des communautés d’apprentissage et du peer learning, l’apprentissage entre pairs en français, enrichis par les recommandations de l’IA.
Les formats évoluent eux aussi. Les longues formations compactées sur une journée entière reculent progressivement face au microlearning et au just-in-time learning : des contenus courts, ciblés et accessibles au moment précis où le besoin apparaît. Apprendre moins longtemps… mais beaucoup plus souvent.
Il nous reste maintenant à répondre à une question essentielle : comment utiliser l’IA pour enrichir l’apprentissage sans court-circuiter l’effort de réflexion lui-même ? Une chose semble déjà certaine : si l’intelligence artificielle transforme la formation, elle ne remplacera jamais totalement ce qui fait la valeur d’un apprentissage réussi. L’attention, l’échange, l’expérience vécue… et un peu d’intelligence humaine.

Source : Edmond Rougier



