Pourquoi le e-learning peine-t-il encore à convaincre certaines organisations ? Quels bénéfices les responsables formation en retirent-ils réellement ? Comment l’intelligence artificielle est-elle en train de transformer les apprentissages ? L’infographie d’Askalia dresse un état des lieux de la formation en ligne dans les organisations et des évolutions qui redessinent ses usages. La rédaction de Parlons RH a choisi de revenir sur les principaux enseignements qui démontrent que le e-learning entre aujourd’hui dans une nouvelle dimension.
Le e-learning est devenu incontournable… sans être pleinement adopté
Il y a encore quelques années, le e-learning était souvent présenté comme la solution idéale pour former plus de collaborateurs, plus rapidement et à moindre coût. Aujourd’hui, il fait partie du paysage dans la plupart des organisations. Pourtant, son intégration reste loin d’être achevée.
Selon l’étude menée par Askalia et Edunao, 80% des organisations interrogées estiment ne pas avoir encore pleinement adopté la formation en ligne. Un chiffre qui peut surprendre tant les plateformes de formation, les classes virtuelles ou les modules numériques se sont multipliés ces dernières années. En réalité, disposer d’un LMS ou proposer quelques contenus digitaux ne suffit pas à transformer durablement les pratiques de formation.
Cette adoption incomplète s’explique aussi par les motivations qui poussent les entreprises à franchir le pas. Les premiers bénéfices recherchés restent très opérationnels : réduire les coûts, gagner du temps ou former davantage de collaborateurs. Des objectifs parfaitement légitimes, mais qui ne disent pas grand-chose de la qualité des apprentissages. Or, l’étude montre que les organisations découvrent ensuite d’autres atouts, parfois plus importants encore : une plus grande flexibilité, des parcours plus variés et des modalités pédagogiques capables de mieux répondre aux besoins des apprenants.
Le e-learning n’est plus seulement un moyen de diffuser des contenus à grande échelle. Lorsqu’il est pensé comme une véritable expérience d’apprentissage, il peut devenir un levier de développement des compétences à part entière. C’est précisément cette évolution qui explique pourquoi les enjeux se déplacent aujourd’hui de la technologie vers la pédagogie.
La réussite du e-learning se joue avant tout dans la pédagogie
Pourquoi certaines formations en ligne captivent-elles les apprenants quand d’autres sont abandonnées après quelques minutes ? La réponse tient rarement à la plateforme utilisée. Elle dépend bien davantage de la manière dont les contenus sont conçus et de l’expérience proposée aux apprenants.
Les organisations qui tirent le meilleur parti du e-learning ne se contentent pas de transposer leurs formations présentielles sur un écran. Elles diversifient les formats, alternent vidéos, quiz, études de cas ou activités interactives et construisent des parcours pensés pour maintenir l’attention. Le numérique ne remplace pas la pédagogie, il lui offre simplement de nouvelles possibilités.
Cette évolution implique également de nouvelles compétences pour les responsables formation. Concevoir un bon module en ligne ne consiste plus seulement à maîtriser un outil auteur ou à déposer des ressources sur une plateforme. Il faut comprendre les mécanismes de l’apprentissage, choisir les modalités les plus adaptées aux objectifs visés et accompagner les apprenants tout au long de leur parcours. C’est ce qui explique l’émergence de nouveaux métiers ou le renforcement de fonctions dédiées à l’ingénierie pédagogique.
La question n’est donc plus de savoir si une organisation utilise le e-learning, mais comment elle l’utilise. Deux entreprises peuvent disposer des mêmes outils et obtenir des résultats très différents. Ce qui fait la différence n’est pas la technologie elle-même, mais la réflexion pédagogique qui l’accompagne.
L’intelligence artificielle ouvre une nouvelle étape pour la formation
Après avoir démocratisé la formation à distance, le numérique s’apprête à franchir une nouvelle étape avec l’intelligence artificielle. Pour autant, l’enjeu n’est pas de remplacer les formateurs ou les responsables formation, mais de leur offrir de nouveaux leviers pour mieux accompagner les apprenants.
L’IA permet déjà de personnaliser davantage les parcours, de recommander des contenus en fonction du niveau ou des besoins de chacun, de générer des activités pédagogiques ou encore d’assister les concepteurs dans la création de leurs modules. Demain, elle pourrait également contribuer à suivre les progrès des apprenants en temps réel et adapter automatiquement les contenus proposés. L’objectif n’est plus seulement de rendre la formation accessible, mais de la rendre plus pertinente pour chaque collaborateur.
Au-delà des outils, c’est la manière même d’envisager la formation qui évolue. Les organisations doivent désormais répondre à une triple exigence : individualiser les parcours pour répondre aux besoins de chacun, massifier la formation afin de toucher l’ensemble des collaborateurs et inscrire les apprentissages dans la durée grâce à une logique de récurrence. Longtemps perçus comme incompatibles, ces trois objectifs peuvent désormais être conciliés grâce aux technologies d’apprentissage et aux possibilités offertes par l’intelligence artificielle.
Ces évolutions supposent néanmoins de faire évoluer les métiers de la formation. Le Chief Learning Officer (CLO) est notamment appelé à devenir un véritable chef d’orchestre des compétences. Plus qu’un gestionnaire de catalogue de formations, il devra articuler les enjeux business, les besoins des collaborateurs, les innovations technologiques et les choix pédagogiques pour construire une stratégie de développement des compétences cohérente.
Le e-learning est ainsi en train de changer de statut. Il tend désormais à devenir un environnement d’apprentissage capable de s’adapter aux besoins de chacun. L’intelligence artificielle accélère cette transformation, mais ne constitue pas une fin en soi. La réussite d’une politique de formation repose avant tout sur une vision claire des apprentissages que l’organisation souhaite développer.

Source : Askalia



