Comme chaque semaine, la Revue du web prend le pouls du monde du travail. Cette édition commence par une alerte santé qui nous concerne tous : la sédentarité, devenue un risque majeur dans des organisations où l’on passe plus de temps assis que debout. Elle se poursuit sur un terrain plus lumineux, celui du bonheur au travail, rappelant que la performance naît d’abord d’un climat humain joyeux. Côté emploi, un basculement générationnel se confirme : pour une partie des jeunes diplômés, le CDI ne fait plus rêver et l’épanouissement prime désormais sur la sécurité. Changement d’altitude ensuite, avec 3 méthodes de management inspirées de l’Armée de l’Air et de l’Espace. La formation, enfin, s’impose comme un levier stratégique face à la pénurie de compétences et redessine les politiques RH. En conclusion, un chiffre rappelle une réalité têtue : l’âge continue de fermer des portes alors même que les entreprises crient à la pénurie de compétences. Bonne lecture !
[SANTÉ AU TRAVAIL] La maladie du (pas) bouger (pas) bouger
Pendant des millénaires, le corps humain s’est construit dans le mouvement. Puis, en quelques dizaines d’années, ce modèle ancestral a été bousculé par les écrans, l’automatisation et le travail assis derrière un bureau. Science & Vie rappelle à quel point cette rupture est brutale pour une physiologie qui, elle, n’a pas eu le temps de se mettre à jour. Les chiffres donnent le vertige. Selon l’OMS, près de 500 millions de personnes pourraient développer d’ici 2030 des maladies évitables liées au manque d’activité physique. Dans l’entreprise, le phénomène se voit tous les jours : journées passées entre bureau, visio et canapé, déplacements réduits au strict minimum, corps mis sur pause pendant des heures. Les conséquences dépassent largement le simple mal de dos. Métabolisme ralenti, circulation altérée, inflammations chroniques, fatigue mentale, troubles du sommeil : deux heures assis suffisent déjà à déclencher des effets mesurables. Les chercheurs imaginent même un « corps de 2050 » voûté, douloureux, en perte de tonus, reflet inquiétant de nos habitudes professionnelles actuelles. Rien d’inéluctable pour autant, mais il est grand temps de (se) bouger ! Je lis l’article
[EXPÉRIENCE COLLABORATEUR] Laissons laissons entrer le bonheur
Cet article de Dynamique Entrepreneuriale nous parle du bonheur au travail, le vrai. Pas le sourire de façade qu’on sort pour la photo d’équipe, plutôt cette atmosphère légère qui fait que le lundi ne ressemble pas à une punition. Le problème, c’est qu’on cherche souvent midi à quatorze heures alors que tout commence par des choses simples : dire merci, saluer sincèrement, reconnaître un effort, laisser un peu d’autonomie. Pas besoin de budget XXL pour changer l’ambiance, juste d’un management qui arrête de confondre contrôle et confiance. Les conséquences se voient vite : des équipes qui osent proposer, qui coopèrent mieux, qui restent plus longtemps. À condition d’y ajouter quelques ingrédients essentiels : des moments de partage sans agenda, un environnement agréable, de vraies perspectives d’évolution et un équilibre vie pro/vie perso respecté. Bref, tout ce qui rappelle qu’on travaille avec des humains, pas avec des KPI sur pattes. La bonne humeur, ce n’est pas une cerise sur le gâteau, c’est la recette du gâteau. En 2026, les entreprises qui l’auront compris auront un avantage décisif : on rejoint plus volontiers un lieu où l’on peut sourire qu’un open space où l’on compte les minutes qui défilent lentement… trop lentement. Je lis l’article
[EMPLOI] Le CDI, ce crush qui ne fait plus vibrer les jeunes
Pendant des années, le CDI était le Graal, le sésame qui rassurait les parents et les banquiers. Capital nous rappelle que la nouvelle génération Bac+5 est en train de changer le scénario : pour 41% des jeunes diplômés, le contrat à durée indéterminée n’est plus une priorité. Le débat sur un hypothétique « CDI jeune » proposé par le Medef, vite enterré par le Gouvernement, a presque un goût d’ancien monde. Le problème n’est pas le travail, mais ce qu’il promet. Selon le baromètre EDHEC-JobTeaser, 96% des jeunes estiment que l’emploi doit d’abord être une source d’épanouissement. Le stress comme rite de passage ? Très peu pour eux. Ils envisagent un premier poste de 17 mois en moyenne, veulent apprendre en continu et n’hésitent plus à partir si leur job tourne en rond. Ce qui compte vraiment pour eux ? L’intérêt des missions, la montée en compétences et le sens donné au quotidien. Même la marque employeur passe au second plan face au secteur d’activité et aux possibilités d’évolution réelle. Le message est clair : vous pouvez brandir tous les CDI du monde, si l’expérience de travail n’est pas à la hauteur, difficile de retenir qui que ce soit. Je lis l’article
[MANAGEMENT] 3 méthodes inspirantes de l’Armée de l’Air et de l’Espace
Avouez-le, vous n’aviez pas prévu d’aller chercher vos prochaines idées de management du côté des pilotes de chasse ? Pourtant, Courrier Cadres nous propose un voyage dans un univers inattendu : celui de l’Armée de l’Air et de l’Espace, où l’incertitude est une réalité quotidienne. Dans l’ouvrage S’adapter, décider et agir en avenir incertain, Thierry Picq et ses coauteurs montrent comment ce monde ultra exigeant a développé des réflexes dont les entreprises feraient bien de s’inspirer. Attachez vos ceintures et profitez du vol ! Trois principes ressortent clairement. Se réinventer en permanence : comme dans le monde militaire, les entreprises doivent devenir des structures apprenantes, où l’évolution des connaissances et des compétences doit se faire de manière continue. Capitaliser sur les expériences passées : instaurer des débriefings francs pour transformer chaque erreur en apprentissage collectif, sans jugement. Ne pas brûler les étapes : construire des dirigeants légitimes, passés par tous les échelons hiérarchiques, capables de tenir le quotidien sans perdre la vision. Au fond, le message est simple : le management n’est pas une affaire de posture, mais de méthode et d’entraînement. Et sur ce terrain-là, l’expérience militaire a quelques longueurs d’avance. Je lis l’article
[FORMATION] Un levier stratégique pour booster la performance et fidéliser les talents
On a longtemps parlé de formation comme d’un joli bonus RH, coincé entre l’entretien annuel et le plan de développement des compétences. Dans cet article, Cadremploi remet les pendules à l’heure : dans un marché où trois entreprises sur quatre peinent à recruter, former n’est plus un supplément d’âme mais une question de survie stratégique. Le problème est connu : métiers qui changent plus vite que les fiches de poste, compétences qui se périment, candidats rares et exigeants… Bref, miser uniquement sur le recrutement ressemble de plus en plus à une partie de poker. Les entreprises découvrent que le vivier le plus fiable se trouve déjà chez elles, à condition de lui offrir de vraies perspectives. Les bénéfices sont très concrets : là où les programmes de formation se renforcent, l’engagement grimpe, la mobilité interne s’active et les départs volontaires diminuent. Les collaborateurs, eux, ne s’y trompent pas : un sur deux fait de la possibilité d’apprendre régulièrement un critère décisif pour rester ou partir. Reste à changer de méthode. Exit les catalogues poussiéreux, place aux parcours agiles, au micro-learning et aux dispositifs dopés par l’IA, intégrés au quotidien de travail. Je lis l’article
📊 Le chiffre de la semaine : 40%
C’est la part des cadres de 60 ans et plus inscrits à France Travail qui se retrouvent au chômage de longue durée. Derrière ce pourcentage, un paradoxe explosif : des professionnels expérimentés, souvent volontaires pour transmettre et se former, mais qui se heurtent à un mur invisible dès que leur date de naissance dépasse la ligne rouge. L’étude conjointe de l’Apec et de France Travail le confirme : neuf seniors sur dix estiment que leur âge les désavantage dans leur recherche d’emploi. Le marché cadre reste dynamique, mais il se grippe brutalement après 50 ans, et plus encore après 60, là où l’on aurait pourtant le plus besoin d’expertise, de recul et de stabilité. Résultat : des parcours qui s’allongent, des indemnisations qui s’effritent, et un gâchis de compétences à l’heure même où les entreprises crient à la pénurie. De quoi reposer une question simple : l’âge est-il vraiment un risque pour l’entreprise, ou le plus grand angle mort de ses politiques de recrutement ? Une réflexion que prolonge l’édito de Manuelle Bermann, Rédactrice en chef de Parlons RH : « La population active vieillit. Notre imaginaire aussi. » Un appel à rajeunir nos représentations des carrières longues, à cesser d’opposer expérience et modernité, et à construire enfin une politique RH désirable pour les plus de 50 ans.
💻 Le post LinkedIn de la semaine :
C’est un au revoir, pas un adieu ! Deux journées intenses se sont achevées la semaine dernière à HR Technologies France 2026. Deux jours de rencontres, de débats, d’idées neuves et parfois de joyeux bousculements. Merci à vous, professionnels des RH, d’avoir rallumé le feu avec nous. Cette édition, nous l’avons imaginée, construite et animée main dans la main. En tant que co-organisateur et concepteur du programme de conférences, Parlons RH est fier d’avoir contribué à faire de cet événement un véritable carrefour des transformations RH : IA, expérience collaborateur, recrutement, compétences, management… vous avez fait vivre chaque thème avec exigence et enthousiasme. Merci pour votre énergie, vos échanges sans filtre, vos questions qui piquent et vos convictions qui font avancer la fonction RH. Le feu reste allumé… et on vous donne déjà rendez-vous les 20 et 21 janvier 2027 !



