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REPLAY WEBINAR | Quelle IA pour la recherche juridique quand on est RH… et pas juriste ?

Le droit social évolue en permanence. Dans le même temps, les équipes RH doivent répondre toujours plus vite aux questions des collaborateurs.

Publié le 23/04/2026

Mis à jour le 12/06/2026

Par Stéphane Varisellaz

Le droit social évolue en permanence. Dans le même temps, les équipes RH doivent répondre toujours plus vite aux questions des collaborateurs, des managers ou de leur direction. Face à cette pression, les outils d’intelligence artificielle séduisent par leur rapidité et leur simplicité d’utilisation. Mais peut-on réellement s’appuyer sur une IA pour répondre à une question juridique ? Quels sont les risques liés à la fiabilité des réponses ou à la confidentialité des données ? Quelles conditions faut-il réunir pour faire de l’IA un véritable outil d’aide à la décision ? À l’occasion d’un webinar organisé par Parlons RH en partenariat avec le Groupe Revue Fiduciaire, Stéphane Buin, Directeur commercial et marketing du Groupe Revue Fiduciaire, partage son analyse et ses conseils pour utiliser l’IA de manière plus sécurisée dans les RH.

Pourquoi les RH ont plus que jamais besoin de réponses fiables

Les professionnels RH évoluent aujourd’hui dans un environnement particulièrement exigeant. Entre les évolutions législatives, les nouvelles obligations réglementaires, les accords collectifs ou encore les décisions de jurisprudence, le droit social est devenu un terrain mouvant où les règles changent régulièrement.

Pour Stéphane Buin, Directeur commercial et marketing du Groupe Revue Fiduciaire, cette réalité constitue déjà un défi en soi. Mais elle se combine à une autre évolution majeure : l’accélération des attentes. Les collaborateurs, les managers et les directions attendent désormais des réponses quasi immédiates, y compris sur des sujets complexes.

Or, répondre rapidement à une question juridique n’est jamais anodin. Une erreur d’interprétation, une information obsolète ou une mauvaise lecture d’un texte peut avoir des conséquences importantes pour l’entreprise.

Comme le souligne notre expert, la difficulté est encore plus forte pour les professionnels RH dont le métier n’est pas nécessairement le droit. Ils doivent pourtant prendre position sur des questions parfois très techniques : temps de travail, congés, procédures disciplinaires, ruptures de contrat ou encore obligations de l’employeur.

Dans ce contexte, l’intelligence artificielle apparaît naturellement comme une solution séduisante. Elle promet des réponses instantanées, accessibles à tous et formulées dans un langage clair. Mais selon Stéphane Buin, la véritable question n’est plus de savoir si l’IA peut être utilisée dans les RH. Elle consiste plutôt à déterminer dans quelles conditions elle peut être utilisée de manière fiable et sécurisée.

Le faux sentiment de sécurité des IA grand public

ChatGPT, Claude, Gemini ou encore Perplexity se sont imposés dans le quotidien de nombreux professionnels. Lors du webinar, le sondage réalisé auprès des participants montre d’ailleurs qu’une large majorité utilise déjà une IA grand public pour effectuer des recherches juridiques.

Pour Stéphane Buin, cette situation n’a rien de surprenant. Ces outils sont faciles d’accès, rapides et particulièrement convaincants dans leur manière de présenter les réponses.

C’est d’ailleurs là que se situe l’un des principaux pièges.

Comme le rappelle notre expert, une réponse bien formulée n’est pas forcément une réponse juste. Les IA génératives ont tendance à s’exprimer avec assurance, à structurer leur raisonnement et à présenter des conclusions qui semblent cohérentes. Pourtant, cette qualité de présentation peut masquer des erreurs importantes.

Stéphane Buin cite notamment plusieurs exemples largement médiatisés ces dernières années. Des avocats, des consultants ou encore des cabinets de conseil se sont appuyés sur des réponses générées par des IA qui inventaient des jurisprudences, citaient des textes inexistants ou mélangeaient différentes sources.

Selon lui, le problème vient en partie du fonctionnement même des IA génératives grand public. Leur objectif n’est pas de fournir une réponse juridiquement exacte. Elles cherchent avant tout à produire la réponse la plus probable à partir des données auxquelles elles ont accès. Dit autrement, elles raisonnent en termes de probabilité et non de conformité juridique.

Pour les RH, cette nuance est essentielle. Car lorsqu’il s’agit de droit social, une approximation n’est pas simplement une erreur technique : elle peut engager la responsabilité du professionnel qui l’utilise.

Fiabilité des réponses et protection des données : les deux grands risques

Pour Stéphane Buin, les risques liés à l’utilisation d’une IA grand public reposent essentiellement sur deux dimensions : la qualité des réponses et la protection des données.

Le premier risque concerne les sources.

L’intervenant insiste à plusieurs reprises sur un point fondamental : une IA n’est jamais meilleure que les données sur lesquelles elle s’appuie. Une réponse fiable suppose donc des sources fiables, actualisées et correctement hiérarchisées.

Or, les IA génératives généralistes puisent leurs informations dans des volumes considérables de données. Elles peuvent ainsi mélanger un texte officiel, un article de presse, un commentaire de blog ou un projet de loi encore non applicable.

Pour illustrer cette difficulté, Stéphane Buin rappelle qu’une étude menée par la BBC à la fin de l’année 2025 a mis en évidence de nombreuses erreurs dans les réponses produites par les IA génératives. Plus de 31% des réponses analysées présentaient des problèmes de sources et près de 20% comportaient des erreurs factuelles majeures.

Le second risque concerne la confidentialité.

Les RH manipulent quotidiennement des données particulièrement sensibles : situations individuelles, procédures disciplinaires, rémunérations, licenciements ou encore informations médicales.

Même lorsqu’elles sont anonymisées, certaines informations peuvent exposer l’entreprise à des risques juridiques ou réputationnels. Stéphane Buin rappelle d’ailleurs que la responsabilité de l’utilisation des données reste portée par l’entreprise et ses managers, et non par l’éditeur de l’IA utilisée.

Pour notre expert, il s’agit donc d’un sujet de gouvernance autant que de technologie.

L’IA ne vaut que par la qualité des données qui l’alimentent

Face à ces limites, Stéphane Buin ne remet pas en cause l’intérêt de l’intelligence artificielle. Au contraire. Il considère que l’IA constitue un formidable levier pour accélérer l’accès à l’information juridique.

Mais à une condition : s’appuyer sur des données fiables et structurées.

Selon lui, l’erreur consiste souvent à croire que la performance repose uniquement sur l’algorithme. En réalité, la valeur d’une IA dépend avant tout des contenus qui alimentent ses réponses.

C’est précisément la logique des IA spécialisées. Contrairement aux outils généralistes, elles s’appuient sur des bases documentaires sélectionnées, actualisées et organisées pour répondre à un métier spécifique.

Dans le cas des RH, cela signifie notamment travailler à partir de sources juridiques vérifiées, enrichies par l’expertise de spécialistes capables d’expliquer les textes, leurs implications et leurs limites.

Pour Stéphane Buin, cette approche permet de retrouver ce qui manque souvent aux IA grand public : la contextualisation, la traçabilité des sources et la capacité à vérifier rapidement l’information.

Mais il rappelle également un principe essentiel : l’expertise reste humaine.

L’IA peut accélérer les recherches, simplifier l’accès à la documentation et aider à gagner du temps. Elle ne remplace pas le jugement du professionnel RH.

Comme le souligne notre expert, la responsabilité finale appartient toujours à celui qui prend la décision. L’intelligence artificielle peut assister, éclairer ou orienter. Elle ne décide jamais à la place du praticien.

Au fond, le véritable enjeu n’est donc pas de choisir entre les RH et l’IA. Il consiste à donner aux professionnels les moyens d’utiliser cette technologie avec les bonnes données, les bonnes méthodes et le niveau de confiance nécessaire pour prendre des décisions éclairées.

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.