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Martin Bonnefond : « Bien utilisée, l’IA rend la relation plus humaine »

L’IA ne promet pas un futur sans fonction RH, mais des équipes RH davantage disponibles pour écouter et accompagner.

Publié le 05/02/2026

Mis à jour le 04/02/2026

Par Stéphane Varisellaz

L’intelligence artificielle promet de libérer les équipes RH du poids des tâches administratives pour leur permettre de se recentrer sur l’essentiel : l’humain. Mais quel temps est réellement gagné, et comment le réinvestir au service des collaborateurs ? Dans cet entretien, il est question du rôle concret de l’IA dans l’automatisation des processus, de la personnalisation de l’expérience collaborateur comme levier clé de rétention, des limites à ne pas franchir pour éviter toute déshumanisation, et de la transformation du management vers un modèle plus éclairé et proactif. Une réflexion pragmatique sur l’équilibre entre technologie et relation, menée avec Martin Bonnefond, Head of PreSales Consultant chez Factorial.

L’IA est censée libérer du temps aux RH. Quel temps précisément, et pour faire quoi de plus humain, concrètement ?

Historiquement, les équipes RH ont longtemps jonglé avec des impératifs opposés : on leur demande d’être stratégiques et humaines, tout en les surchargeant de tâches administratives. L’IA permet enfin de desserrer cet étau.
Concrètement, elle automatise tout ce qui est répétitif et chronophage : la gestion des absences, la préparation de la paie, le suivi des entretiens, la consolidation de données sociales ou encore les réponses aux questions RH récurrentes.

Le temps ainsi libéré n’est pas un “bonus”, il est essentiel. Il permet aux RH de se recentrer sur ce qui crée réellement de la valeur humaine : écouter les collaborateurs, accompagner les moments clés de leur parcours, travailler sur l’engagement, la mobilité interne ou la qualité managériale.

L’IA ne remplace pas l’humain. Elle lui redonne du temps pour se concentrer sur ce qui compte vraiment, les collaborateurs. 

Tout le monde parle d’expérience collaborateur personnalisée. Qu’est-ce qui fait vraiment la différence en matière de rétention ?

La personnalisation n’est pas une question de gadgets ou d’effets “wahou”. Ce qui fait la différence, c’est la capacité de l’entreprise à reconnaître chaque collaborateur comme un individu, avec ses attentes, ses contraintes et ses aspirations propres.

Grâce à l’IA, les RH peuvent mieux comprendre les signaux faibles : baisse d’engagement, manque de reconnaissance, charge de travail excessive, besoin d’évolution. Cela permet d’agir plus tôt et de manière plus pertinente.
Une expérience collaborateur personnalisée, c’est par exemple proposer le bon rythme de travail, le bon parcours de formation, ou le bon accompagnement managérial au bon moment.

En matière de rétention, les collaborateurs ne demandent pas une expérience parfaite, mais une expérience juste, cohérente et attentive.

Jusqu’où l’IA peut-elle personnaliser les parcours RH sans déshumaniser la relation ?

C’est une question centrale, et légitime. La clé, c’est de bien définir le rôle de l’IA : elle doit éclairer la décision humaine, pas s’y substituer. L’IA peut analyser des données, détecter des tendances, suggérer des actions. Mais la relation, l’arbitrage et la décision finale doivent rester humains.

Bien utilisée, l’IA rend la relation plus humaine, pas moins. Elle permet d’éviter les approches standardisées et de donner aux RH et aux managers des éléments concrets pour adapter leur posture.
La déshumanisation n’est pas liée à la technologie, mais à la manière dont on l’utilise. L’enjeu est donc autant éthique qu’organisationnel.

Le manager est un facteur clé de fidélisation. En quoi l’IA change-t-elle réellement sa façon de manager aujourd’hui ?

L’IA transforme le management en le rendant plus éclairé et plus proactif. Elle aide les managers à mieux comprendre leurs équipes, sans les transformer en analystes de données. Ils peuvent suivre plus facilement la charge de travail, l’engagement, les feedbacks ou les objectifs, et être alertés quand un collaborateur a besoin d’attention. En somme, cela permet de sortir d’un management uniquement intuitif pour aller vers un management augmenté : plus juste, plus régulier et plus personnalisé.

Au final, l’IA ne remplace pas la qualité relationnelle du manager, mais elle lui donne les moyens de l’exercer pleinement. L  Et c’est précisément ce qui fait la différence en matière de fidélisation.

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.