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Bonheur et travail, des notions compatibles en entreprise

Le bonheur au travail : une science qui s’apprend

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Le bonheur au travail. Le sujet fait partie des thématiques RH les plus en vogue du moment. Mais que recouvre cette notion ? Travail et bonheur sont-ils objectivement compatibles ? Alors que l’Université du Bonheur au Travail (UBAT) ouvre ses portes début juillet, à Paris, Parlons RH s’est entretenu avec Gilberte Caron, copilote de l’événement. Membre du think tank la Fabrique Spinoza, leader sur la réflexion du bonheur citoyen, elle explique pourquoi le concept n’est ni une mode, ni une fantaisie. Mais une discipline qui s’enseigne au même titre que les mathématiques ou la physique.

 

La souffrance au travail, une fatalité ?

Quel que soit le sondage, le résultat est toujours le même. Et c’est à peine si on arrive à s’en remettre : la rémunération n’est pas la principale préoccupation des salariés ! Ces derniers s’enquièrent davantage de leur bien-être. De bonnes conditions de travail associées à un équilibre vie privée/vie professionnelle, tout comme un haut degré d’autonomie et un accès facilité au télétravail contribueraient à les rendre heureux. Pour évoluer dans un tel contexte, ils seraient donc prêts à rogner sur leurs émoluments.

Mais de là à faire du bonheur au travail un but en soi n’est-ce pas excessif ? Celui-ci a-t-il réellement sa place dans l’entreprise ? Car n’a-t-on pas appris de génération en génération que l’homme et la femme étaient condamnés à un dur labeur, attendant patiemment la retraite pour goûter enfin à l’allégresse ?

Visiblement, nous faisions fausse route. Trouver le bonheur au travail, c’est possible et profitable. Les travaux scientifiques menés depuis une vingtaine d’années tendent à prouver qu’il est un vecteur d’épanouissement personnel, de développement et de croissance. Et il est désormais acquis que des travailleurs heureux donnent des salariés plus performants et en meilleure santé psychique.

 

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Individus, organisation et gouvernance, la recette du bonheur

Si les faits sont là, prouvés par A+B, pourquoi le modèle traditionnel carotte/bâton est-il toujours (tristement) d’actualité ? Comment se fait-il que l’entreprise libérée ne constitue pas la norme ? François Gueuze, expert en management des ressources humaines a bien sa petite idée. Il explique que ce modèle d’organisation a tendance à stigmatiser l’encadrement et notamment les managers intermédiaires. Plus que l’entreprise libérée, il prône le management responsable.

Pour Gilberte Caron, membre active du think thank la Fabrique Spinoza, ce modèle ne prédomine pas car « on a une puissance d’inertie face au(x) changement(s) parce que tous nos modèles nous l’apprennent et ce, dès l’école qui est très hiérarchisée. Beaucoup de personnes pensent que la souffrance fait tout. Ce cadre ne convient plus et encore moins aux générations Y et Z ». Tout en rappelant que le mot travail vient du latin tripalium, un instrument de torture utilisé durant l’antiquité romaine ou encore qu’Adam et Ève ont été éjectés du paradis « parce qu’ils étaient trop dans le plaisir ». « On retourne au paradis dit-elle, il n’y a aucune raison de nous trimbaler tout ça. »

Pour opérer ce virage, et le réussir, trois facteurs nécessitent d’être pris en compte. « La première brique, c’est l’individu. Mais ce n’est pas parce que tout le monde sera dans un corps sain et décontracté que l’entreprise sera plus performante pour autant, concède-t-elle. Alors, il y a une deuxième brique importante : l’organisation. Il en existe des plus agiles, innovantes, co-responsabilisantes. Enfin, la gouvernance est le troisième pilier. Il faut retravailler ce contrat social qui implique actionnaires, clients, fournisseurs, salariés. »
 

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Le bonheur au travail, une responsabilité à part entière

Pour redresser la barre, les organisations se doivent d’évoluer. Certaines structures s’y attellent déjà. « Lâcher prise », « happy management », « droit à l’erreur », « confiance », « transparence »… font partie du vocable qui entre petit à petit dans l’entreprise. L’apparition également de nouveaux métiers témoigne de cette volonté de changement. Arrêtons-nous sur le poste de Chief Happiness Officer, pour ne citer que le plus symbolique. Car tout est dans le titre : responsable du bonheur.

De l’organisation d’un petit déjeuner hebdomadaire pour créer du lien, à la gestion des environnements de travail pour gagner en mieux-être, ses tâches sont multiples et plus ou moins stratégiques. Son rôle est de faire entrer le bonheur dans l’entreprise et de le faire circuler. Des mastodontes de la Silicon Valley aux pépites de la French Tech, chacun veut le sien.

Car si les salariés se sentent bien, ils l’expriment. L’entreprise se classe alors parmi les sociétés où il fait bon travailler et in fine elle séduit les talents. CQFD. Et comme nous le précisions ci-dessus, les salariés, plus engagés, voient leur productivité et leurs performances améliorées. Cercle vertueux ou rapport gagnant-gagnant ? Peu importe me direz-vous, tant que ce scénario s’achève par un happy end.

 

Travail, éducation, santé : du bonheur à tous les étages

Pour la Fabrique Spinoza, ce happy end est une certitude qui dépasse les frontières de l’entreprise. L’association, qui compte environ 1 000 professionnels bénévoles, mène des recherches sur le bonheur « dans tout l’écosystème ». Travail, éducation, santé… « le bonheur est pluridisciplinaire », analyse la spécialiste. L’éducation positive a fait du chemin par exemple. La méditation et le yoga ont fait leur entrée dans certaines écoles élémentaires et des ateliers du bonheur figurent aux activités de certains enfants.

De la même manière qu’il a été éprouvé que certaines organisations provoquent de la souffrance, La Fabrique Spinoza démontre qu’elles peuvent, à l’inverse, créer du bonheur. « C’est une science. Et elle s’apprend. » Suivre un cours de bonheur sera-t-il aussi évident que de prendre une leçon de mathématiques ou de littérature ?

L’Université du bonheur au travail (UBAT) lancé il y a deux ans prend alors tout son sens. L’événement, qui a lieu du 6 au 8 juillet 2017, à Paris, se révèle être une réelle formation de trois jours. Éligible aux financements OPCA, elle prend la forme d’un laboratoire d’expériences. « C’est de l’immersion apprenante », souligne Gilberte Caron. Cette année, les participants aborderont le fait d’être en confiance pour mieux se connaître et mieux communiquer. Ils traiteront aussi des enjeux de la coopération à l’occasion d’un serious game et de la manière dont ils peuvent diffuser le bonheur dans leur entreprise.

Environ 150 nouveaux « passeurs de bonheur » devraient voir le jour à l’issue de cette formation. Peut-on alors imaginer qu’à terme, nous devenions tous des passeurs de bonheur ? Et qu’au final, le poste de Chief Happiness Officer n’aura été qu’une parenthèse, un métier transition, dans nos organisations de travail ? Demain, serons-nous tous des CHO en puissance ?

Peut-être pas. Et pour cause, l’emploi du mot “bonheur” ne fait pas l’unanimité dans le cadre professionnel. Que le bien-être devienne un pilier du monde de l’entreprise, oui, cela apparaît comme une évidence. Car il favorise la baisse du stress et permet d’évoluer dans des environnements plus sereins. En revanche, il semble peu probable d’annihiler toute forme de violence et de souffrance dans le monde du travail. Le licenciement heureux est loin d’être majoritaire. Et l’inversement de la tendance, pas pour tout de suite.

 

Crédits photos : Shutterstock / Livertoon / Fabrique Spinoza

 

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Aurelya BILARD

Journaliste, Aurélya multiplie les expériences au sein de startups et pure players, avant de s’orienter vers le brand content en freelance. Après avoir traité de nombreux sujets dans les domaines du recrutement et de la formation pour le compte d’un jobboard, elle rejoint Parlons RH en tant que rédactrice RH. Diplômée d’une Licence d’Histoire à la Sorbonne, elle est aussi titulaire d’un Certificat de qualification aux métiers du journalisme (ESJ Paris).

6 Commentaires

  1. Clémence Change The Work le 13 juillet 2017

    Le bonheur au travail : tout un concept. Merci pour ces précisions et ces explications. Article très plaisant à lire.

  2. Aurelya BILARD le 13 juillet 2017

    Avec plaisir ! N’hésitez pas à partager cet article avec votre communauté.
    A bientôt

  3. Laravi le 13 septembre 2017

    Bonjour
    je dois faire une présentation pour une 1ère sensibilisation sur cette approche ( 20 mn max)
    Quelque chose de simple synthétique et les premières étapes pratiques
    Où puis trouver qq chose?
    merci
    crdlmt

  4. Aurelya BILARD le 14 septembre 2017

    Bonjour,
    Merci pour votre message. Dans quel cadre doit se dérouler cette présentation ? Je pourrai ainsi mieux vous orienter vers les sources à consulter.
    Bonne journée

  5. sonia betgha le 21 octobre 2017

    je me suis fais plaisir en lisant cet article merci à vous

  6. Aurelya BILARD le 23 octobre 2017

    Merci à vous d’avoir pris le temps de le lire 🙂 Bonne journée

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