Dans le cadre de la septième semaine de notre dossier « Tendances RH 2026 » intégralement dédiée aux skills, cette Revue du web se concentre exceptionnellement sur un seul thème, celui des compétences. Au programme : la montée en puissance des soft skills, le « verdissement » des compétences, l’évolution des pratiques de recrutement, les signaux de désengagement latent, mais également l’urgence de l’upskilling et du reskilling. En filigrane, une même question se pose : comment préparer individus et organisations à un travail qui évolue plus vite que les référentiels censés le réguler ? Une Revue du web pensée pour vous, professionnels des RH, en première ligne pour anticiper les besoins de vos organisations, arbitrer les décisions stratégiques, et structurer les compétences dans un monde du travail plus que jamais mouvant et instable. Bonne lecture !
[SOFT SKILLS] 5 compétences douces que l’entreprise ne peut plus ignorer en 2026
À l’heure où l’IA se fraie petit à petit un chemin dans les organisations, la question des compétences comportementales prend une nouvelle dimension. Longtemps reléguées derrières les expertises techniques, les soft skills deviennent indispensables pour évoluer dans un monde du travail en perpétuel changement. Comme le souligne Fabrice Mauléon, expert en innovation digitale et co-auteur de l’ouvrage Réflexe Soft Skills, les compétences du leader de demain, l’enjeu n’est plus de comparer l’humain à la machine, mais d’identifier ce que l’humain reste seul capable de faire. Autrement dit, sa capacité à structurer la complexité, à faire preuve de discernement et à créer du sens. D’autant plus que, selon le World Economic Forum, près d’un quart des emplois pourraient évoluer d’ici cinq ans. Les entreprises n’ont plus le luxe de l’attentisme. Pour la fonction RH, il s’agit désormais de structurer, d’objectiver et de développer les soft skills de leurs collaborateurs comme de véritables actifs stratégiques, pleinement intégrés aux référentiels, aux recrutements et aux parcours professionnels. Je lis l’article
[RSE] Quand les « compétences vertes » redessinent les métiers des cadres
Malgré le ralentissement du marché de l’emploi cadre, les compétences environnementales s’imposent progressivement comme un critère structurant du recrutement. Selon une étude de l’Apec, près d’un quart des offres cadres publiées en 2024 intégraient des compétences dites « vertes », soit huit points de plus qu’en 2019. Cette dynamique dépasse largement les seuls métiers techniques ou industriels. Ingénierie, finance, fonctions support, IT ou management sont désormais concernées. Derrière cette évolution, la transition écologique transforme avant tout les métiers existants, bien plus qu’elle ne crée de nouvelles fonctions, faisant de la formation un levier clé. La fonction RH est ainsi appelée à cartographier les compétences, anticiper les écarts entre compétences attendues et réelles, et structurer des plans de formation alignés avec les enjeux business et réglementaires. Un chantier à embrasser à bras-le-corps. Je lis l’article
[PARCOURS PROFESSIONNELS] Job switching, skills-first hiring… Ces 12 tendances qui transforment le monde du travail
Derrière la prolifération des anglicismes se dessinent de grandes transformations du monde du travail. Dans une analyse publiée en décembre 2025, la plateforme de recrutement Indeed identifie une douzaine de tendances appelées à s’intensifier en 2026, structurées autour de trois piliers : compétences, sens et flexibilité. Comme l’explique Éric Gras, expert du marché de l’emploi chez Indeed, les parcours linéaires s’effacent au profit de trajectoires plus modulables, marquées par le job switching (des changements de poste plus fréquents et assumés pour développer ses compétences), le skills-first hiring (un recrutement centré sur les compétences réelles plutôt que sur les diplômes ou les titres), ou encore la remise en question de la fidélité à l’entreprise comme norme implicite de réussite professionnelle. Désengagement silencieux, quête d’équilibre, carrières plus lentes ou assumées : les actifs reprennent la main sur leur parcours professionnel. Pour la fonction RH, l’heure est à l’action : dialoguer avec les salariés, reconnaître les compétences et proposer des cadres de travail plus flexibles devient un prérequis pour engager et fidéliser durablement les collaborateurs. Je lis l’article
[FORMATION] Upskilling et reskilling : former ses équipes, une stratégie de survie et de croissance
À l’heure où les compétences deviennent rapidement obsolètes, l’upskilling et le reskilling s’imposent comme des leviers de survie et de croissance pour les entreprises. Selon le Future of Jobs Report 2025 du World Economic Forum, plus d’un salarié sur deux devra renforcer ou transformer significativement ses compétences d’ici 2027, sous l’effet conjugué de l’IA et de l’automatisation. Au-delà de l’enjeu RH, la formation devient un investissement économique. D’après LinkedIn, les organisations qui développent activement les compétences de leurs équipes enregistrent à la fois des gains de productivité et une baisse du turnover. Dans un contexte de pénurie persistante où 71 % des employeurs peinent à recruter selon ManpowerGroup Talent Shortage Survey 2026, faire évoluer les talents en interne apparaît comme une réponse pragmatique et durable. L’enjeu RH n’est plus de former ponctuellement, mais d’ancrer une culture d’apprentissage permanent. Je lis l’article
[TALENT MANAGEMENT] Comment SUEZ développe-t-elle les compétences au cœur de l’entreprise ?
Face à l’accélération des transformations technologiques, écologiques et sociales, la bataille des compétences s’intensifie. Comment anticiper les besoins en compétences sans fragiliser l’existant ? Comment développer l’agilité tout en préservant les savoirs critiques qui font la force d’un collectif ? Dans cette interview publiée sur le Média HR Technologies France, Pierre Tafani, Directeur des Ressources Humaines – Engineering & Construction et Innovation Groupe chez SUEZ, partage la vision d’un acteur mondial qui a fait du pilotage des compétences un axe stratégique : cartographie fine, apprentissage continu, transmission des savoirs, mobilité interne et culture du partage. Un retour d’expérience concret, pensé pour éclairer la fonction RH sur la manière de passer d’une logique de formation ponctuelle à une dynamique collective et durable de développement des compétences. Pierre Tafani sera l’un des speakers de la 4ᵉ édition de HR Technologies France 2026, placée sous le thème central « DRH : Rallumons le feu ! », qui se tiendra les 28 et 29 janvier 2026, à Paris – Porte de Versailles (Hall 6). Je lis l’article
[INTELLIGENCE ARTIFICIELLE] Comment l’IA transforme-t-elle les compétences et le management ?
À mesure que l’IA générative s’installe dans les pratiques professionnelles, elle redéfinit fortement la manière de travailler, de créer et de décider. Dans une intervention vidéo tournée dans les locaux de Lefebvre Dalloz Compétences, Cyril de Sousa Cardoso, CEO de Polaria, souligne un basculement majeur : l’accès à des fonctionnalités complexes via le simple langage naturel, sans expertise technique avancée. Cette évolution redistribue les cartes concernant la valeur des tâches et place de nouvelles compétences au cœur du jeu, à commencer par le prompt engineering, mais aussi la curiosité, la créativité et l’esprit critique. Pour les managers, l’enjeu n’est pas d’accélérer à tout prix, mais de donner un cap, de structurer les usages et d’éviter les dérives liées au shadow IA. Dans un environnement instable, le leadership consiste désormais à intégrer l’IA comme un levier stratégique, au service de la performance et des fondamentaux humains. Je lis l’article
📊 Le chiffre de la semaine : 55 %
C’est la part des employeurs qui recrutent déjà prioritairement sur les compétences plutôt que sur les diplômes. Ce chiffre provient d’une synthèse publiée par Planète Grandes Écoles, à partir de issues de LinkedIn et du World Economic Forum. Un indicateur révélateur d’un changement silencieux mais bien réel : la valeur d’un profil se mesure de moins en moins à son parcours académique, et de plus en plus à sa capacité à mobiliser des compétences concrètes, transférables et évolutives. Pour la fonction RH, ce mouvement impose de repenser les pratiques de recrutement, mais aussi d’évaluation et de développement des talents, sous peine de passer à côté de profils pourtant stratégiques.
💻 Le post LinkedIn de la semaine : ingénieurs, compétences et signaux faibles
Boutayna Burkel questionne un modèle longtemps perçu comme un avantage compétitif français : des ingénieurs très bien formés à un coût inférieur aux standards internationaux. Au-delà de l’équation économique, elle met en exergue une transformation plus profonde du travail : conditions d’exercice, statuts, compétences reconnues, outils et liens professionnels. Son propos invite à dépasser une lecture strictement économique pour adopter une vision plus systémique, où l’attractivité d’une filière repose autant sur la reconnaissance, le sens et les perspectives offertes que sur les seuls coûts. Un appel à écouter les signaux faibles d’un travail en mutation, afin de construire des choix durables, pour les entreprises comme pour les talents.




