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PODCAST | Mathilde Le Coz, DRH de Forvis Mazars en France – S02ép04

Après plusieurs épisodes riches en convictions et en retours d’expérience, Passion DRH poursuit sa saison 2 avec une invitée particulièrement engagée :  Mathilde Le Coz, DRH de Forvis Mazars.

Publié le 30/01/2026

Mis à jour le 30/01/2026

Par Manon Consul

Un échange sans faux-semblants sur son parcours, sa vision du métier et les grands enjeux qui traversent aujourd’hui la fonction RH. Des rencontres qui façonnent une carrière, à l’importance d’aimer profondément les gens pour exercer ce métier, en passant par le recrutement, l’IA et les effets de l’infobésité sur la santé au travail, Mathilde Le Coz livre un témoignage à la fois lucide, incarné et résolument humain. Et s’il vous fallait encore une raison de cliquer sur “play”, en voici cinq.

1. Une carrière qui s’écrit au gré des rencontres (et des déclics)

Chez Mathilde Le Coz, rien n’a été écrit d’avance. Au contraire, son parcours professionnel s’est construit au fil des opportunités, des échanges, des rencontres, et de ces petits déclics qui, mis bout à bout, finissent par faire sens. Entrée chez Mazars dans l’audit et la finance, elle n’imaginait pas une seconde prendre un jour la tête des ressources humaines du groupe. Un poste qu’elle associait à une certaine maturité de vie, presque à une seconde partie de carrière.

Et puis, il y a eu le déclic. Au contact des autres, Mathilde réalise que ce qu’elle pensait être de simples “qualités humaines” sont en réalité bien plus que cela.

« J’ai longtemps pensé que l’empathie, la curiosité, le fait que les gens aiment travailler avec moi, c’était juste des traits de personnalité. Je ne savais pas que ça pouvait être des compétences en soi. »

Un témoignage qui en dit long sur la façon dont on sous-estime parfois ses propres forces. Sur la frontière floue entre personnalité et compétences. Et sur le rôle déterminant des rencontres professionnelles, capables de révéler ce que l’on ne voyait pas encore soi-même. Dans cet épisode, Mathilde Le Coz rappelle ainsi que les parcours RH les plus solides ne sont pas toujours ceux qui ont été planifiés, mais ceux qui se sont construits en écoutant ce qui fait sens, au contact des autres.

2. Aimer les gens : un prérequis pour être DRH

C’est sans doute l’un des messages les plus forts de cet épisode. Pour Mathilde Le Coz, être DRH, c’est avant tout un rapport aux autres, une posture. Elle le dit sans détour, avec une sincérité désarmante :

« J’aime beaucoup les gens. J’aime rencontrer, j’aime apprendre à découvrir, j’adore observer les autres. Je ne suis pas voyeuriste, mais je trouve ça passionnant de voir les personnalités, les relations qui se créent. […] Quand on aime les gens, faire des ressources humaines, ça fait sens. »

Une déclaration simple, presque évidente… et pourtant loin d’être anodine. Car aimer les gens, c’est aussi accepter leur complexité, leurs contradictions, leurs zones d’ombre. C’est accompagner des situations difficiles, gérer des tensions, être sollicité quand “ça ne va pas”, et rarement quand tout roule. Mathilde le rappelle d’ailleurs avec beaucoup de lucidité : la fonction RH est profondément ingrate. On donne beaucoup, on reçoit peu, et il faut être au clair avec ses motivations pour tenir dans la durée.

Dans cet épisode, elle assume aussi une forme d’exigence : si l’on cherche avant tout la reconnaissance ou l’affection, alors les RH ne sont sans doute pas le bon endroit. Une vision du métier à la fois profondément humaine et résolument réaliste, qui donne tout son sens au titre du podcast : Passion DRH.

3. Un dilemme RH qui dit beaucoup de la réalité du recrutement

Pour la première fois depuis le lancement de la saison 2, une invitée accepte de se prêter au « Dilemme RH », ce mini-jeu pensé pour sortir des discours convenus et confronter les DRH à des situations… très concrètes. Spoiler : Mathilde Le Coz relève le défi avec brio.

Le scénario posé est volontairement inconfortable : que faire lorsque le vivier de candidats n’est plus au niveau attendu, ni en compétences, ni en alignement culturel, alors même que l’entreprise est en hypercroissance et que les équipes ont besoin de renfort ? Faut-il ralentir les recrutements au risque de mettre le business sous tension, ou continuer à recruter coûte que coûte, quitte à intégrer des profils moins adaptés ?

L’occasion pour la DRH de Forvis Mazars, un groupe pour lequel le recrutement est l’un des enjeux prioritaires, parle d’arbitrage, de responsabilité, de compromis nécessaires. Surtout, elle explique que recruter des profils imparfaitement alignés n’est pas une fatalité… à condition de renforcer l’onboarding, le management, l’accompagnement culturel et la formation. Un discours très terrain, lucide, qui reflète parfaitement les tensions actuelles du recrutement.

Bref, elle nous offre un moment à la fois pédagogique, sincère et extrêmement représentatif des dilemmes auxquels sont confrontés, chaque jour, les professionnels RH.

4. L’IA, oui… mais pour de bonnes raisons

Lorsque je la questionne sur sa vision de l’IA dans les ressources humaines, Mathilde Le Coz en profite pour rappeler que l’IA est déjà bien présente dans les pratiques RH, notamment dans le recrutement, et qu’elle peut être un véritable levier d’efficacité lorsqu’elle est utilisée à bon escient.

Ce qui ressort surtout de son témoignage, c’est l’importance de l’usage. L’IA peut aider à mieux sourcer, à gagner du temps, à absorber des volumes importants de candidatures… mais elle ne doit jamais devenir une fin en soi. Mathilde insiste sur la nécessité de garder la main, de questionner les impacts, et de préserver ce qui fait la valeur ajoutée du métier RH : le discernement, la relation et le sens.

Un discours nuancé et très actuel, qui invite les professionnels RH à sortir des fantasmes pour se concentrer sur l’essentiel : une IA au service de l’humain, et non l’inverse.

5. Infobésité : quand le numérique met les cerveaux sous tension

DRH engagée, Mathilde Le Coz est aussi co-présidente de l’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique. Un rôle qui lui permet d’observer, chiffres et retours terrain à l’appui, les effets très concrets du numérique sur le travail et sur la santé des collaborateurs.

A la fin de l’épisode, elle décrit sans détour un quotidien professionnel saturé : sollicitations permanentes, multiplication des outils, injonction à la réactivité, difficulté croissante à se concentrer et à réellement décrocher. 

« Le cerveau est en train d’exploser à cause de la sur-sollicitation numérique. Et si on ne fait pas attention, l’IA peut l’amplifier. Aujourd’hui, on voit des conséquences en termes de santé mentale et de santé physique. »

Sans toutefois rejeter les outils, Mathilde Le Coz appelle à repenser nos usages, nos modes de collaboration et notre rapport à l’urgence. Une conclusion lucide et nécessaire, qui rappelle que la performance durable passe aussi par la capacité à protéger l’attention, l’énergie… et les cerveaux.

Bonne écoute !

Un podcast animé par : Manon Consul. 

>> Retrouvez l’ensemble des podcast Parlons RH : Passion DRH et Bougeons les Lignes.

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À propos de l’auteur

  • Manon Consul

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Passionnée par la création de contenu et le marketing digital, Manon est Content Manager chez Parlons RH. Avant de rejoindre l’agence, elle a exercé en tant que rédactrice-correctrice, puis elle a côtoyé l’univers des start-up. Ses domaines de prédilection RH tournent autour de l’expérience collaborateur et de la formation, en particulier du digital learning. Manon est titulaire d’une licence en communication et relations presse et d’un master en content marketing.