Accueil | Baromètre IA et RH 2026 : la grande mutation des métiers a commencé

Baromètre IA et RH 2026 : la grande mutation des métiers a commencé

L’étude comporte bien des résultats stimulants, sur la pratique de l’IA dans les RH… Découvrez-les en téléchargeant le baromètre !

Publié le 11/06/2026

Mis à jour le 11/06/2026

Par Stéphane Varisellaz

L’IA est dans la place, et le changement s’introduit partout dans l’organisation. C’est la tendance qui se dégage du 2e Baromètre de l’IA dans les RH réalisé par Parlons RH avec Factorial, Nibelis, Parthena Consultant, Septeo Human Resources, SIGMA-RH, TalenCo et Workday. Dans la 1re édition, nous décrivions des professionnels RH enthousiastes et déjà utilisateurs amateurs, mais avec peu de conséquences sur les organisations. Cette année, ce sont les métiers eux-mêmes qui commencent à se transformer, dans les départements RH comme dans l’entreprise au sens large. 

Emploi RH : une création-destruction au solde positif

Ce n’est pas encore une déferlante, mais le mouvement est bien là. D’un côté, des tâches RH sont remplacées par l’intelligence artificielle – un quart de nos répondants l’affirment. De l’autre, de nouveaux rôles RH émergent en lien avec l’IA – c’est le cas pour 21 % de notre échantillon. Le cliché selon lequel « l’IA automatise les actions RH répétitives mais crée de nouvelles tâches à plus haute valeur ajoutée » est donc… vrai. Au moins dans une minorité d’entreprises.

Les départements RH ont besoin de nouvelles compétences pour exploiter les données, former aux nouveaux outils, accompagner le changement, piloter les projets IA. Ces nouveaux rôles sont-ils suffisants pour contrebalancer la suppression de tâches ? Pour le moment, oui. Selon les métiers RH, les répondants qui estiment que l’IA va créer des emplois sont 2 à 4,5 fois plus nombreux que ceux qui pensent le contraire. Les professionnels RH anticipent donc clairement dans leurs services une « destruction créatrice » d’emploi et de valeur, au sens shumpéterien, en conséquence de la généralisation de l’IA.

À l’ère de l’IA, les professionnels RH voient la vie en rose… chez eux

Le monde RH serait-il donc hermétique aux discours catastrophistes entourant l’IA et en son impact sur les métiers ? Prennent-ils au sérieux l’avertissement d’IBM, dont le dirigeant Arvind Krishna annonçait l’année dernière avoir remplacé « des centaines » de collaborateurs RH par l’IA, pour embaucher des ingénieurs et des commerciaux à la place ? 

Oui et non. Oui, dans l’économie au sens large : 64 % d’entre eux pensent que le scénario IBM va se reproduire à grande échelle. Mais pas chez eux : seuls 16 % soupçonnent leurs propres dirigeants de ce noir dessein. En clair, interrogés sur l’évolution globale, ils tendent à reproduire le discours ambiant. Mais lorsqu’on leur demande d’analyser la réalité qu’ils connaissent le mieux, celle de leur entreprise, ils ne voient pas se profiler ce grand « chassé-croisé » de l’emploi RH contre l’emploi dans les fonctions plus « prestigieuses ». 

Les faits leur donnent d’ailleurs raison : la DRH d’IBM a annoncé en mars 2026 qu’elle allait tripler les embauches, y compris dans les RH. Les nouveaux recrutements sont prévus dans les mêmes domaines, mais sur des postes reconfigurés par l’IA. Les professionnels RH que nous avons interrogés ne s’y sont pas trompés.

Les métiers de la data et du langage en première ligne

Ils sont par ailleurs formels et unanimes sur un autre point : tous les métiers de l’entreprise seront affectés par l’IA, à des degrés divers. Suivant les domaines considérés, entre 85 % et 99 % des répondants estiment que l’intelligence artificielle va transformer les métiers de façon au moins « modérée », voire « très importante ». 

Ces mutations ne seront cependant pas de même ampleur dans tous les départements de l’entreprise. Les professionnels RH anticipent bien plus souvent des mutations « très importantes » dans deux principales fonctions : l’informatique d’une part, le marketing et la communication d’autre part. Les premiers métiers impactés sont donc ceux de la technologie de l’information elle-même, et ceux qui manient les données (le marketing) et le langage (la communication). La fonction RH arrive 3e, mais loin derrière les deux autres.

La logistique, la production et le management apparaissent tout en bas de ce classement des métiers promis à des transformations « très importantes ». On remarquera que les prédictions d’Anthropic, pour qui environ 90 % des tâches managériales sont susceptibles d’être remplacées à terme par l’IA, ne se traduisent pas pour le moment dans les faits tels que les acteurs de la fonction RH les analysent sur le terrain. 

Globalement, les métiers les moins transformés sont ceux qui sont le moins directement affectés par les usages les plus répandus de l’IA, à savoir la création et l’analyse de contenus – usages pour lesquels, de façon cohérente, les RH déploient le plus de formations à l’IA. Les applications plus poussées, comme l’agentique et l’analyse prédictive montrent bien le bout de leur nez, mais restent très minoritaires dans les utilisations. 

Jeunes et experts : les gagnants de l’IA – pour l’instant

Comment ces mouvements se traduisent-ils sur l’emploi ? La littérature, aujourd’hui, annonce plutôt une baisse de l’embauche des jeunes au profit des profils plus expérimentés. -12 %, estime même Capgemini, dans la nouvelle étude du Projet Sens, parue en mai 2026. Pour le moment, les professionnels des ressources humaines constatent plutôt l’inverse : plus de la moitié d’entre eux ont identifié un impact à la hausse de l’IA sur le recrutement de juniors, et seulement 11 % à la baisse. L’effet « maîtrise des nouveaux outils » l’emporte jusqu’à présent sur l’obsolescence des compétences automatisables. 

Pour ce qui est des types de métiers, ce sont ceux des employés du back-office qui sont le plus susceptibles d’être remplacés pour nos répondants. A l’inverse, experts et managers sont pour l’essentiel à l’abri des mauvaises surprises : l’IA va beaucoup plus souvent les « augmenter » que leur prendre leur place. 

Cette 2e édition du Baromètre de l’IA dans les RH dessine un monde du travail en pleine mutation, où chaque organisation avance à son rythme. Certaines n’ont pas encore quitté la ligne de départ ; d’autres sont déjà bien avancées. Une chose est sûre : le mouvement est lancé. L’étude comporte encore bien d’autres résultats stimulants, sur la pratique de l’IA dans les RH, sur la formation aux nouvelles compétences, sur le rôle des DRH dans la transformation, sur les différences de niveau d’appropriation entre secteurs et types d’entreprises… Découvrez-les en téléchargeant le baromètre !

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.