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Stress au travail : silence, on souffre

La libération de la parole se construit à travers des actes concrets, des comportements cohérents et une confiance entretenue jour après jour.

Publié le 16/06/2026

Mis à jour le 15/06/2026

Par Stéphane Varisellaz

Le stress au travail n’a rien d’un sujet nouveau. Pourtant, il continue de toucher de nombreux salariés et reste, dans bien des organisations, difficile à exprimer. À l’occasion de la semaine de la QVCT (Qualité de vie et des conditions de travail), qui se tient du 15 au 19 juin, la rédaction de Parlons RH s’est penchée sur une infographie réalisée par ESE Formation. Décryptage d’un sujet qui concerne autant les collaborateurs que les entreprises, de ses manifestations à ses causes, sans oublier les leviers qui permettent de briser le tabou et de libérer la parole.

Quand le stress s’invite dans le quotidien professionnel

Les difficultés psychologiques liées au travail ne concernent pas seulement quelques situations isolées. Elles font désormais partie du quotidien de nombreuses organisations : 24% des Français déclarent souffrir de stress au travail.

Lorsqu’il s’installe durablement, ses effets dépassent largement le cadre d’une journée compliquée ou d’une échéance difficile à tenir. Les symptômes observés donnent une idée assez précise de son impact. Parmi les salariés qui se disent stressés, 52% déclarent ressentir de l’anxiété. Près d’un tiers, soit 29%, évoquent des manifestations dépressives. Plus inquiétant encore, 16% déclarent souffrir d’un trouble anxieux et 6% d’une dépression.

Le stress n’est pas seulement une question de confort au travail. Il touche directement la santé mentale des collaborateurs, pouvant affecter le sommeil, la concentration, l’humeur ou encore la capacité à prendre du recul face aux situations du quotidien.

Ce phénomène dépasse également la sphère individuelle. Un salarié qui subit un stress important peut avoir davantage de difficultés à collaborer, à s’investir pleinement dans ses missions ou à maintenir un niveau d’engagement constant. À l’échelle d’une équipe, ces situations finissent par peser sur l’ambiance de travail, les relations entre collègues et, parfois, sur la performance collective.

D’où vient le stress au travail ?

Ce qui est certain, c’est qu’il ne tombe pas du ciel. Le stress s’installe progressivement, à travers une accumulation de situations que les salariés rencontrent quotidiennement.

Qui n’a jamais eu l’impression de manquer de temps ? Une réunion qui déborde, une urgence qui en remplace une autre, une boîte mail qui se remplit plus vite qu’elle ne se vide. À force, la sensation de ne jamais parvenir à terminer ce qui doit l’être finit par créer une pression permanente. Dans ces situations, la réponse ne consiste pas à demander aux salariés de « mieux gérer leur stress », mais à leur redonner des marges de manœuvre. Prioriser davantage, clarifier les objectifs et répartir plus équitablement la charge de travail restent parmi les leviers les plus efficaces.

Le sentiment de subir son travail représente une autre source de tension. Lorsque tout est décidé ailleurs, que les consignes changent sans cesse ou que les collaborateurs ont peu de prise sur leur activité, la frustration apparaît rapidement. À l’inverse, pouvoir organiser son travail, proposer des solutions ou participer à certaines décisions permet de retrouver un sentiment de contrôle précieux pour préserver son équilibre.

Le stress naît aussi des relations humaines. Un manque de reconnaissance, des tensions récurrentes, des conflits mal gérés ou simplement l’impression de ne pas être écouté peuvent peser lourd sur le moral. Beaucoup de salariés ne quittent d’ailleurs pas seulement un poste, mais aussi un environnement devenu difficile à supporter. Un manager disponible, des échanges réguliers et une communication plus transparente peuvent alors faire une différence considérable.

Certaines situations génèrent enfin une forme de stress plus diffuse. Que va devenir mon poste ? L’entreprise traverse-t-elle une période difficile ? Vais-je pouvoir évoluer ? L’incertitude nourrit souvent le stress autant que la charge de travail elle-même. Lorsqu’une organisation traverse des changements, expliquer les décisions, donner de la visibilité et accompagner les équipes devient essentiel.

Le stress c’est tabou, on en viendra tous à bout ! Oui, mais comment ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 24% des salariés déclarent souffrir de stress au travail, mais 32% ne se sentent pas suffisamment à l’aise pour en parler dans leur entreprise. Quant aux professionnels des RH, seuls 11% des salariés les considèrent comme un interlocuteur naturel sur ce sujet.

Alors que les entreprises investissent de plus en plus dans la qualité de vie et des conditions de travail de leurs collaborateurs, comment créer un environnement où chacun se sent suffisamment en confiance pour parler de son stress sans craindre d’être jugé ?

Conférencier et créateur du concept de management bienveillant, Gaël Chatelain-Berry accompagne depuis plus de dix ans les entreprises et les managers sur les questions de bien-être au travail. Selon lui, la libération de la parole résulte d’un travail de fond qui implique l’ensemble de l’organisation.

Tout commence par l’exemple donné au sommet. Une entreprise qui souhaite encourager le dialogue doit d’abord montrer que certains sujets ne sont pas réservés aux conversations de couloir. Lorsque la direction communique avec transparence, reconnaît les difficultés qui peuvent exister et encourage les échanges, elle envoie un signal fort aux équipes.

Les managers occupent ensuite une place centrale. Parce qu’ils sont les interlocuteurs du quotidien, ils sont souvent les premiers à pouvoir instaurer un climat de confiance. Cela passe notamment par une véritable écoute active, mais aussi par la capacité à rappeler explicitement qu’aucune question ou difficulté ne doit être considérée comme taboue. Un collaborateur qui sait qu’il pourra être entendu sans être jugé sera naturellement plus enclin à s’exprimer.

Cette confiance se nourrit également d’espaces de dialogue réguliers. Réunions d’équipe, temps d’échange dédiés, enquêtes internes ou discussions plus informelles : les formats peuvent varier. L’essentiel est que les salariés disposent de moments où leur parole peut être entendue et prise en compte.

Enfin, parler du stress suppose aussi de le rendre visible. Sensibiliser les équipes, former les managers et ouvrir le débat permet de normaliser ces discussions. Plus un sujet est abordé ouvertement, moins il apparaît comme un signe de faiblesse ou comme un problème que chacun devrait gérer seul dans son coin.

La libération de la parole se construit progressivement, à travers des actes concrets, des comportements cohérents et une confiance entretenue jour après jour. C’est souvent à cette condition que les salariés osent enfin parler de leur stress avant qu’il ne devienne un problème plus profond.

Stress au travail : silence, on souffre

Source : ESE Formation

Illustration : Shutterstock / AYO Production

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À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.