Dans ce nouvel épisode de Bougeons les lignes !, je reçois Ludivine Thenard, présidente d’AME, pour parler d’un sujet aussi essentiel que délicat : le management authentique. Dans des organisations marquées par la fatigue des équipes et la perte de sens, comment réinventer une relation managériale plus vraie, plus humaine, sans tomber dans l’injonction de façade ? Forte de plus de douze ans d’accompagnement terrain, Ludivine partage une vision exigeante de l’authenticité, faite d’écoute active, d’intelligence émotionnelle et de gestes simples du quotidien. Un échange inspirant pour celles et ceux qui veulent réconcilier performance et sincérité, sans naïveté mais avec beaucoup de lucidité.
Un engagement à bout de souffle
Vous aussi, vous sentez cette drôle d’ambiance dans les équipes ? Entre fatigue généralisée, managers épuisés et rapport au travail en pleine mutation, l’engagement collaborateur ne ressemble plus vraiment aux baromètres d’hier. Pour Ludivine Thenard, présidente d’AME, le constat est sans détour : « On observe une fatigue extrême des équipes, des managers parfois impuissants et un rapport au travail qui a profondément changé ».
L’engagement ne se résume plus seulement à la motivation ou à la fidélité. Il touche désormais au sens, à la relation, à ce que chacun attend réellement de son travail. Un terrain mouvant sur lequel le management traditionnel montre ses limites.
Le management authentique, mode d’emploi
Au fond, c’est quoi un manager authentique ? Pas un gourou du bien-être ni un super-héros émotionnel, plutôt quelqu’un qui commence par se connaître lui-même. « Le management authentique, c’est un management humain, transparent, éthique, qui implique d’être authentique envers soi avant de l’être envers les autres ».
Chez AME, quatre piliers structurent cette approche : intelligence émotionnelle, écoute active, reconnaissance et autonomie. L’objectif ? Créer un climat de confiance où les relations sont plus fluides et la sécurité psychologique réelle. « Pour manager les autres, il faut d’abord savoir se manager soi-même ». Une idée simple en apparence, mais qui bouscule pas mal de pratiques.
L’authenticité, pas un pansement organisationnel
Évidemment, la question qui fâche : ne demande-t-on pas aux managers d’être authentiques pour compenser des contraintes sur lesquelles ils n’ont aucune prise ? Ludivine Thenard ne botte pas en touche : « Il y a un décalage entre le discours et les conditions réelles d’exercice du management. Le management authentique doit être incarné à tous les niveaux, notamment au Codir et au Comex ».
Autrement dit, impossible d’exiger de la vulnérabilité et de l’écoute si l’environnement reste rigide et sous pression. Surtout, l’authenticité n’est pas une charge supplémentaire : « Ce n’est pas en faire plus, c’est en faire moins : savoir dire non, oser demander de l’aide, chercher des solutions ensemble ».
Des gestes simples qui changent tout
Pas besoin de grandes révolutions pour commencer. Parfois, l’authenticité tient à trois fois rien. « Les bases, c’est la considération et la reconnaissance : dire bonjour et merci ».
Écouter vraiment la réponse au “ça va ?”, observer le non-verbal, accepter de reporter un rendez-vous quand on n’est pas disponible émotionnellement… Autant de micro-pratiques qui recréent du lien. Ludivine Thenard insiste : « Pas besoin de longs échanges, ce qui compte c’est la qualité et l’authenticité ».
Trois minutes par jour, un dialogue sincère, un droit à l’erreur accompagné : le management authentique se construit dans le quotidien.
Un épisode à écouter comme une respiration dans un monde RH sous tension. Sans recettes miracles, mais avec une conviction forte : l’authenticité n’est pas un luxe managérial, c’est une condition pour tenir dans la durée.
Bonne écoute !
Animé par : Stéphane Varisellaz –> Entre Passion DRH et Bougeons les Lignes, Parlons RH vous propose plusieurs formats de podcasts. Pour en savoir plus sur ces productions : c’est ici.


