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Accès à l’emploi et à la formation : des angles morts dans la carrière des seniors

L’employabilité et la formation des seniors sera, à coup sûr, un enjeu phare en 2026, comme nous l’enseigne une récente infographie signée France Travail.

Publié le 20/01/2026

Mis à jour le 19/01/2026

Par Manon Consul

Cette semaine, à l’occasion de notre Dossier Tendances RH 2026, les seniors sont à l’honneur ! Et l’infographie publiée par France Travail en novembre dernier permet justement de mettre en lumière un enjeu qui s’annonce phare pour les professionnels RH cette année : le maintien dans l’emploi des seniors et le développement de leurs compétences. Taux d’activité en chute libre après 50 ans, chômage de longue durée, accès limité à la formation : les défis sont nombreux et nécessitent une attention redoublée. Que disent les chiffres ? Mais surtout, quelles actions mettre en place ? Réponses.  

72 % : quand le taux d’emploi dégringole passé 50 ans

À première vue, le chiffre peut sembler rassurant : 72 % des seniors sont en emploi. Mais derrière cette moyenne se cache une réalité bien plus contrastée, marquée par une forte baisse de l’employabilité selon l’âge des salariés. Alors que les 25-49 ans affichent un taux d’emploi de 88,6 %, celui-ci recule déjà à 81,8 % chez les 50-54 ans, avant de s’effondrer à 45,2 % pour les 60-64 ans. Même constat du côté des demandeurs d’emploi : 27 % des inscrits ont 50 ans ou plus, soit 1,5 million de personnes. Plus préoccupant encore, le chômage des seniors s’installe souvent dans la durée. 60 % d’entre eux sont inscrits depuis plus d’un an, contre 46 % chez les moins de 50 ans. 

Les données fournies par France Travail permettent de dresser un portrait-robot du demandeur d’emploi senior. Ce dernier a 57 ans en moyenne, femme ou homme, avec un profil qualifié et expérimenté. Son entrée au chômage résulte souvent d’une rupture subie : 18 % des seniors s’inscrivent après un licenciement, soit deux fois plus que chez les moins de 50 ans. Côté aspirations, il recherche de la stabilité : 64 % souhaitent un CDI à temps plein. Alors, comment expliquer les difficultés d’accès à l’emploi des salariés expérimentés ? L’âgisme est sans doute le premier facteur. Le marché du travail est encore traversé par des stéréotypes liés à l’âge, comme le fait que les seniors soient plus réfractaires au changement ou incompétents face à la technologie, pour ne citer que les plus répendus. 

A cela s’ajoutent des freins périphériques plus marqués. 42 % des seniors déclarent rencontrer au moins un obstacle à l’emploi, notamment des problématiques de santé (18 %) ou des contraintes de mobilité géographique. Résultat : la reprise d’activité est plus lente. Seuls 25 % des seniors retrouvent un emploi dans les six mois, contre 41 % des demandeurs d’emploi plus jeunes.

16 % des seniors seulement accèdent à la formation

Autre élément marquant que soulève l’infographie de France Travail : si la formation constitue un levier clé de maintien dans l’emploi, les seniors y ont encore trop peu accès. Entre 2024 et 2025, seuls 16 % des salariés en poste de 50 ans et plus sont entrés en formation. Un chiffre faible, qui contraste avec les enjeux d’adaptation des compétences tout au long de la carrière, dans un contexte de transformations rapides des métiers. Cette sous-représentation se retrouve également chez les demandeurs d’emploi seniors qui ne représentent que 26 % des entrées en formation, alors même qu’ils sont surreprésentés parmi les inscrits à France Travail. Autrement dit, ceux qui auraient le plus besoin de se former pour sécuriser leur employabilité sont aussi ceux qui y accèdent le moins.

Plusieurs facteurs permettent d’expliquer ce décrochage. D’abord, la formation des seniors reste encore perçue, côté entreprises, comme un investissement à rentabilité limitée, notamment lorsque l’horizon de fin de carrière se rapproche. Cette logique de court terme conduit à concentrer les efforts de formation sur les profils jugés “à potentiel long”, au détriment des salariés expérimentés. Du côté des seniors eux-mêmes, des phénomènes d’auto-censure entrent également en jeu : peur de ne pas être “au niveau”, crainte du retour en formation, sentiment que l’effort demandé ne sera pas récompensé. Résultat : la formation est souvent envisagée en réaction à une perte d’emploi, et non comme un outil de maintien dans l’emploi.

Recruter, former, accompagner : les recommandations de France Travail

Dans son infographie, France Travail livre également des conseils et bonnes pratiques pour faciliter l’accès à l’emploi des seniors. La rédaction de Parlons RH en décrypte quelques-uns : 

  • Le recrutement sans CV : l’idée est de se concentrer davantage sur les compétences que sur l’expérience ou l’âge du candidat afin de limiter les biais et de dépasser les idées reçues sur les seniors. Pour cela, France Travail recommande la méthode de recrutement par simulation qui consiste à évaluer les aptitudes des candidats grâce à des tests pratiques inspirés des gestes métier ; 
  • L’immersion professionnelle : il s’agit d’un dispositif pouvant aller jusqu’à 30 jours, visant à tester les compétences en situation réelle et permettre aux demandeurs d’emploi de découvrir de nouveaux métiers ; 
  • La préparation opérationnelle à l’embauche : une formation est réalisée en amont de l’embauche d’un candidat pour lui permettre de découvrir le métier, l’entreprise, les techniques et gestes professionnels qui lui seront utiles par la suite ; 
  • L’action de formation en situation de travail (AFEST) : il s’agit d’une modalité de formation qui permet à chaque salarié d’apprendre directement sur le terrain, au sein même de l’entreprise, tout en pratiquant son métier ; 
  • Atout senior : un parcours certifiant de reconversion dédié exclusivement aux talents expérimentés qui allie immersion professionnelle et formation.

Source : France Travail, novembre 2025

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À propos de l’auteur

  • Manon Consul

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Passionnée par la création de contenu et le marketing digital, Manon est Content Manager chez Parlons RH. Avant de rejoindre l’agence, elle a exercé en tant que rédactrice-correctrice, puis elle a côtoyé l’univers des start-up. Ses domaines de prédilection RH tournent autour de l’expérience collaborateur et de la formation, en particulier du digital learning. Manon est titulaire d’une licence en communication et relations presse et d’un master en content marketing.