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RSE : du discours à l’engagement des collaborateurs

Une démarche RSE mobilise durablement lorsqu’elle offre aux collaborateurs une place claire dans la transformation de l’entreprise.

Publié le 24/03/2026

Mis à jour le 23/03/2026

Par Stéphane Varisellaz

La RSE prend de plus en plus de place dans les discours des entreprises. Pourtant, entre ce qui est affiché, ce qui est réellement perçu par les salariés et ce qui suscite un véritable engagement, le fossé reste souvent important. À partir d’une infographie réalisée par Carenews, la rédaction de Parlons RH vous propose de décrypter trois enseignements clés : pourquoi la Responsabilité sociétale des entreprises doit devenir un vrai sujet RH, comment mieux la rendre visible auprès des collaborateurs et comment en faire un levier d’engagement plus concret dans l’entreprise. Explications.

43% des actifs n’ont jamais entendu parler de la RSE

Premier constat, et pas des moindres : près d’un actif sur deux déclare n’avoir jamais entendu parler de la RSE. Un chiffre déjà marquant en soi, qui devient encore plus révélateur lorsqu’on y ajoute les 35% qui disent en avoir entendu parler sans savoir précisément de quoi il s’agit. En résumé, près de huit salariés sur dix évoluent avec une compréhension floue, partielle ou inexistante de ce que recouvre réellement la responsabilité sociétale des entreprises.

Ce résultat nous démontre que la RSE reste encore, pour beaucoup, un sujet perçu comme institutionnel, éloigné du quotidien. On en parle dans les rapports, dans les discours de marque, dans les présentations corporate… mais beaucoup moins dans une langue claire, concrète et directement reliée à l’expérience des collaborateurs. Résultat : un grand nombre de salariés ne savent pas toujours ce que la RSE change, ce qu’elle englobe, ni même pourquoi elle les concerne.

Pourtant, la RSE n’est pas qu’un enjeu de conformité, d’image ou de pilotage extra-financier. Pour les professionnels des RH, elle touche à des dimensions très concrètes : conditions de travail, inclusion, qualité de vie au travail, mobilité, engagement, sens, équité, dialogue social, impact local, culture managériale… Bref, tout ce qui façonne, au quotidien, la relation entre l’entreprise et ses collaborateurs.

Autrement dit, faire de la RSE un sujet compréhensible, c’est déjà en faire un sujet RH. Un salarié qui comprend mieux les engagements de son entreprise est aussi plus à même de leur donner du sens, de s’y reconnaître et, potentiellement, d’y adhérer. Dans un contexte où les attentes en matière de cohérence, d’impact et de responsabilité progressent, ce flou peut coûter cher : en engagement, en crédibilité et en marque employeur.

9% des salariés perçoivent des changements déjà intégrés dans leur entreprise

C’est un chiffre particulièrement faible, qui contraste avec la place grandissante accordée au sujet dans les discours des organisations. À l’inverse, 31% des répondants considèrent qu’aucun changement n’est encore visible, tandis que 21% jugent que les évolutions sont encore en cours de réflexion. 

Ce décalage ne signifie pas forcément que les entreprises n’agissent pas. Il révèle surtout un problème de communication. Les collaborateurs voient passer certaines initiatives sans toujours comprendre qu’elles relèvent d’une démarche RSE. Dans ce contexte, mieux communiquer ne consiste pas à en dire plus. Il s’agit surtout de rendre les engagements visibles.

Pour y parvenir, quelques bonnes pratiques peuvent être mises en place :

  • Associer chaque engagement RSE à un exemple concret : évitez les formulations trop générales du type “nous agissons pour un avenir plus durable”. Préférez des preuves visibles : suppression de certains déplacements, nouveaux critères d’achats responsables, actions sur l’inclusion, évolution des conditions de travail, initiatives locales…;
  • Expliquer clairement ce qui relève de la RSE : montrez comment différentes mesures s’inscrivent dans une même logique, plutôt que de les laisser apparaître comme des actions isolées ;
  • Faire le lien avec le quotidien des salariés : une démarche RSE devient plus lisible lorsqu’elle répond à une question simple : qu’est-ce que cela change concrètement pour moi ? La communication doit donc partir des situations de travail et des réalités vécues ;
  • Impliquer les managers dans la diffusion du message : les managers de proximité jouent un rôle clé pour traduire les engagements dans les pratiques quotidiennes, répondre aux questions et éviter que le sujet reste cantonné à la communication institutionnelle ;
  • Montrer des avancées régulières, même modestes : n’attendez pas un “grand plan RSE” parfaitement abouti pour communiquer. Il vaut mieux partager des progrès concrets au fil de l’eau, plutôt que de multiplier les annonces ambitieuses sans effet visible.

Reste une règle essentielle : ne jamais promettre plus que ce que l’entreprise est réellement capable de démontrer. À trop vouloir verdir ou valoriser artificiellement des initiatives encore fragiles, l’entreprise s’expose au greenwashing… et, sur le terrain RH, à une forme de social washing tout aussi risquée.

17% des salariés se disent réellement impliqués dans les enjeux RSE

Troisième signal fort de cette infographie : seuls 17% des salariés se disent réellement impliqués dans les enjeux RSE de leur entreprise. Un chiffre d’autant plus intéressant lorsqu’on le compare aux 38% de répondants qui se disent sensibilisés. L’écart est révélateur : être informé ne suffit pas à créer de l’engagement. Une stratégie RSE peut être connue, comprise, voire jugée pertinente… sans pour autant déclencher une participation active. C’est tout l’enjeu de cette troisième étape. Après avoir clarifié le sujet, puis rendu les actions plus visibles, reste le cap le plus difficile à franchir : faire passer les collaborateurs du rôle de spectateurs à celui d’acteurs.

Premier levier : donner aux équipes les clés pour comprendre les enjeux. On attend souvent des collaborateurs qu’ils adhèrent à la stratégie RSE sans toujours leur donner le temps ou les repères nécessaires pour s’approprier le sujet. Des temps de sensibilisation, des formations ciblées ou des ateliers collaboratifs peuvent alors aider à créer une culture commune et à transformer un sujet parfois abstrait en réalité plus concrète.

Deuxième levier : associer les salariés à la démarche, plutôt que de la leur présenter une fois finalisée. Une stratégie RSE décidée uniquement d’en haut risque de rester un projet de direction. En impliquant les équipes via des enquêtes internes, des ateliers participatifs, des appels à idées ou un comité RSE, l’entreprise change la nature du rapport au sujet : les collaborateurs ne sont plus seulement informés, ils deviennent contributeurs.

Troisième levier : donner à l’engagement des moyens d’exister réellement dans le quotidien de travail. Si la RSE s’ajoute aux missions habituelles sans temps, sans ressources ni reconnaissance, elle restera secondaire. À l’inverse, lorsqu’elle s’accompagne d’un cadre clair, de moyens concrets et d’occasions réelles de participation, elle cesse d’être perçue comme une contrainte supplémentaire et peut devenir un véritable levier de mobilisation.

Au fond, l’engagement ne se décrète pas. Il se construit, se nourrit et se prouve. Une démarche RSE mobilise durablement lorsqu’elle ne se contente plus d’informer ou d’afficher des ambitions, mais qu’elle donne aux collaborateurs une place claire dans la transformation de l’entreprise.

RSE : du discours à l’engagement des collaborateurs

Source : Carenews

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À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.