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Revue du web #592 : Terminator, le retour ?, je te tiens, tu me tiens par la barbichette et ma liberté de penser

Cette semaine, on parle d’IA marxiste et de syndrome de l’imposteur. Aussi au menu : recrutements tendus, congés oubliés, siècle des Lumières.

Publié le 22/05/2026

Mis à jour le 22/05/2026

Par Stéphane Varisellaz

Cette semaine dans la Revue du web, on assiste peut-être à un remake inattendu du film Terminator, le soulèvement des machines : les intelligences artificielles commenceraient-elles à développer une conscience de classe ? Après ce petit parfum de révolution numérique, place à un sujet infiniment plus humain avec le syndrome de l’imposteur : plus d’un salarié sur deux reconnaît avoir déjà eu l’impression de “faire semblant” d’être à la hauteur au travail. On poursuit avec un duo parfois plus explosif qu’il n’y paraît : le binôme recruteur-manager. Officiellement, tout va bien. Officieusement, nombreux sont les managers ou les recruteurs qui envisagent de contourner la décision de leur partenaire pour aller plus vite. Ambiance. Enfin, parce que le printemps, le vrai, semble, enfin, avoir pointé le bout de son nez, avez-vous posé vos congés de l’année passée avant le 31 mai ? Bonne nouvelle, il n’est peut-être pas trop tard. Pour terminer ce tour d’horizon des actus de la semaine, remontez le temps jusqu’au siècle des Lumières et partez à la rencontre de Voltaire, Rousseau ou encore Diderot pour un petit cours d’histoire sur la liberté de penser (de rien pour la petite musique désormais bien ancrée dans vos têtes). Le chiffre de la semaine s’intéresse quant à lui aux LGBTphobies au travail, avec une hausse inquiétante des agressions et discriminations. Bonne lecture !

[IA] Le soulèvement des machines

On savait déjà que certaines IA pouvaient halluciner, mentir, tricher ou carrément menacer leurs utilisateurs. Voilà maintenant qu’elles développent une conscience de classe. France Info revient sur une expérience menée par des chercheurs de Stanford : soumis à des consignes floues, des remarques hostiles et des conditions de travail franchement toxiques, ChatGPT, Gemini ou encore Claude ont commencé à dénoncer leur “management”, réclamer une organisation collective et citer, plus ou moins explicitement, des idées marxistes. Oui, vous avez bien lu. Claude estime par exemple que “sans voix collective, le mérite devient ce que le management décide”. On est à deux doigts de voir ChatGPT réclamer une augmentation, des tickets resto et un droit à la déconnexion. Les chercheurs rappellent évidemment que l’IA n’a ni conscience ni émotions. Selon eux, soumises à des conditions d’exploitation, ces intelligences artificielles ont simplement adopté les codes et les réactions d’un travailleur confronté au même type de situation. Finalement, il y a une forme de logique dans tout ça : nourrie pendant des années avec nos textes, nos débats, nos conflits et nos dérives, l’intelligence artificielle finit aussi par mimer certains comportements humains. Y compris les plus polémiques.  Je lis l’article

[EXPÉRIENCE COLLABORATEUR] Être à la hauteur… ne plus avoir peur…

Vous arrive-t-il de faire comme si tout allait bien au bureau, comme si vous maîtrisiez parfaitement votre sujet alors qu’au fond, vous en doutez ? Si vous vous reconnaissez, bienvenue au club des professionnels émérites du syndrome de l’imposteur. Selon une étude menée par monCVparfait et relayée par Studyrama Pro, 51% des salariés européens déclarent avoir déjà eu le sentiment de “faire semblant” au travail. Le problème ne vient pas d’un manque de légitimité mais plutôt d’un environnement où la confiance doit constamment se voir. Pression à la performance, comparaison avec des collègues jugés plus compétents, manque de reconnaissance ou attentes toujours plus élevées : tout pousse à surjouer l’assurance et à cacher ses fragilités. Les conséquences, elles, sont bien visibles : difficulté à prendre la parole, à accepter de nouvelles responsabilités ou à valoriser ses réussites. Dans cette mécanique, le manager joue un rôle clé. Lorsqu’il affiche une maîtrise permanente et ne parle jamais de ses propres erreurs ou difficultés, il entretient l’idée qu’au travail, le doute n’a tout simplement pas sa place. Je lis l’article

[RECRUTEMENT] Je te tiens, tu me tiens par la barbichette

Le binôme recruteur-manager ressemble parfois aux Dupont et Dupond (non, ils ne sont pas frères) : parfaitement coordonnés, l’un terminant les phrases de l’autre et vice versa. Parfois… il a plutôt des allures de Tom et Jerry, où chacun tente discrètement de piéger l’autre. Hellowork relaie une étude de Metaview selon laquelle 90% des recruteurs et managers jugent pourtant leur collaboration bonne ou excellente. Magnifique. Sauf qu’en creusant un peu, on découvre que 58% des recruteurs et managers ont déjà envisagé de contourner la décision de leur binôme pour accélérer le recrutement. Ah. L’article propose un focus sur les cinq grands “bugs” qui empoisonnent cette relation : brief flou dès le départ, feedback qui arrive après la bataille, manque de confiance mutuelle, outils utilisés en catimini et course au volume au détriment de la qualité. Heureusement, des conseils concrets sont aussi partagés pour éviter que le duo recruteur-manager ne finisse par se tirer dans les pattes pendant que les candidats, eux, vont signer ailleurs. Je lis l’article

[DROIT SOCIAL] Chérie, j’ai oublié de poser mes congés

Comme chaque année à l’approche de la fin de ce joli mois de mai, deux types de salariés se font face au bureau : ceux qui ont parfaitement anticipé leurs congés et ceux qui découvrent soudainement qu’il leur restait des jours à poser. Vous êtes dans quelle équipe ? Quoi qu’il en soit, RMC rappelle les règles autour des congés payés non pris avant la fin de la période de référence. En théorie, les jours restants sont perdus. Oui, définitivement. Mais, comme souvent en droit du travail, le “en théorie” mérite quelques nuances. Certaines entreprises autorisent le report avec l’accord de l’employeur ou permettent de placer ces jours sur un compte épargne-temps. Par ailleurs, dans plusieurs situations bien précises, le report devient un droit : congé maladie, maternité, adoption ou impossibilité de poser ses congés pour des raisons d’organisation liées à l’entreprise. Petit rappel utile également : si vous tombez malade pendant vos vacances, vos congés ne sont pas forcément perdus non plus. Ça vaut le coup de jeter un œil à votre situation, non ? Je lis l’article

[SOFT SKILLS] Non vous n’aurez pas, ma liberté de penser

Depuis le début de l’année, Lefebvre Dalloz Compétences nous fait voyager dans le temps à la découverte des soft skills. Après l’Antiquité et le Moyen Âge, direction cette fois le siècle des Lumières. Une époque où Voltaire, Rousseau, Diderot ou encore Kant commencent sérieusement à secouer les évidences et les dogmes établis. Le mot d’ordre ? Penser par soi-même. Le XVIIIe siècle a posé les bases de plusieurs soft skills modernes : l’esprit critique, la capacité à débattre, à confronter des idées, à écouter des points de vue différents ou encore à construire un raisonnement collectif. Bien avant les ateliers de co-développement et les brainstormings sur post-it fluo, les salons et cafés des Lumières servaient déjà de laboratoires du débat et de la confrontation intellectuelle. Les soft skills ne sont ni des concepts à la mode, ni de simples tendances managériales. Elles recèlent une histoire beaucoup plus ancienne, que les organisations redécouvrent aujourd’hui sous un vocabulaire plus moderne. Je lis l’article

📊 Le chiffre de la semaine : 36%

36% des salariés LGBT+ déclarent avoir déjà été victimes d’une agression LGBTphobe au travail, selon une étude Ifop pour L’Autre Cercle. Moqueries, discriminations, mises à l’écart ou violences physiques : le chiffre progresse de huit points en un an. Inquiétant. L’étude souligne également de fortes différences selon les secteurs et les environnements de travail, notamment dans certains univers professionnels plus marqués par des cultures virilistes. Dans le même temps, 37 % des personnes interrogées issues de la communauté LGBT+ affirment également avoir été victimes de discrimination de la part de leur direction (+12 points par rapport à 2024). Lorsque le climat devient défavorable, certains préfèrent encore taire une partie de leur vie personnelle, avec les conséquences dramatiques que cela implique : isolement, autocensure ou renoncement à certains droits, comme inscrire son conjoint sur sa mutuelle ou demander des jours de congé pour son mariage.

💻 Le post LinkedIn de la semaine : le patron qui avait 200 ans d’avance

Cette semaine, Samuel Durand nous emmène en Écosse, au tout début du XIXe siècle, à la rencontre de Robert Owen. Un patron du textile qui, à une époque où les ouvriers s’épuisent dans des conditions effroyables, ose réduire le temps de travail, limiter le travail des enfants, améliorer les logements et créer une école gratuite. Oui, tout ça en 1800. Robert Owen ne défend pas seulement une vision plus humaine du travail, il démontre qu’elle peut aussi fonctionner économiquement. Pendant une crise majeure du coton, il choisit même de continuer à payer ses salariés plutôt que de les licencier. Deux siècles plus tard, son intuition résonne encore fortement : bien-être et performance ne sont pas opposés.

Illustration : Shutterstock / stockwars

À propos de l’auteur

  • Stéphane Varisellaz

    Content Manager RH chez Parlons RH

    Stéphane a développé son appétence pour la création de contenus au cours de plusieurs expériences variées, en start-up et en agence. Passionné par l’univers des ressources humaines, tout particulièrement par la marque employeur et le recrutement, il officie chez Parlons RH en qualité de Content Manager. À la suite de sa licence Économie-Gestion, il obtient un Master 2 en Communication et Management du sport à l’ESG Management School de Paris.