Le futur du travail ne se pense plus hors sol. Le 6 février 2026, ADP a donné rendez-vous à près de 300 professionnels RH, SI et finances au 3 Mazarium de l’Institut de France, en plein cœur de Paris, pour la première édition de l’événement ADP Innovation Day Paris. Une matinée dense, conçue pour confronter l’innovation RH, la paie et l’IA aux réalités concrètes du travail, entre vision stratégique, cas d’usage et retours d’expérience. Charge mentale des équipes, fiabilité de la paie, complexité réglementaire, transformation des usages… Les sujets abordés lors des keynotes, des tables rondes et des démonstrations produits sont ceux que vivent chaque jour les directions RH et paie. Une question centrale traverse l’ensemble des échanges : comment faire de la confiance une condition de l’innovation ?
Innover, sans jamais compromettre la fiabilité
Dès l’ouverture, le ton est donné par Carlos Fontelas De Carvalho, President Europe Centrale | ADP, et Virginia Magliulo, Executive Vice President International | ADP.
À deux voix, ils dressent le panorama d’un environnement RH et paie de plus en plus complexe, où la valeur d’un acteur global ne se situe pas dans la promesse de ruptures permanentes, mais dans sa capacité à absorber la complexité sans jamais fragiliser l’exécution.
« Notre responsabilité est de simplifier ce qui est complexe, tout en garantissant sécurité, conformité et continuité », souligne Carlos Fontelas De Carvalho.
« La technologie n’a de valeur que si elle renforce les équipes et leur permet de se concentrer sur ce qui compte vraiment », complète Virginia Magliulo.
Une ouverture parfaitement alignée avec l’ADN d’ADP : une innovation inscrite dans la durée, au service de la fiabilité, de la confiance… et du collectif.
Keynote | L’IA révolutionne-t-elle le monde du travail ?
Dans sa Keynote, Roberto Masiero, Senior Vice President of ADP Innovation Labs, propose une lecture lucide de la transformation en cours :
« L’IA ne remplace pas le travail. Elle change la manière de le faire. »
Du machine learning aux grands modèles de langage, jusqu’à l’émergence d’agents capables de raisonner, de mémoriser et d’agir, il retrace une accélération technologique spectaculaire. Une dynamique forte, qui appelle une vigilance particulière dans les métiers RH et paie, où l’approximation n’a évidemment pas sa place :
« Dans notre univers, une paie doit être juste à 100 %. »
Chez ADP, l’IA est ainsi pensée comme un levier d’augmentation, jamais comme un substitut. Encadrée, testée, supervisée, enrichie par des décennies d’expertise métier, elle vise à rendre les décisions plus lisibles, plus rapides et plus sûres.
Roberto Masiero décrit également un point de bascule avec le passage de solutions conçues pour tous à des solutions pensées pour chacun.
L’expert explique que les applications mobiles pourraient progressivement s’effacer au profit d’agents IA capables de comprendre une intention et d’agir directement. En réduisant le nombre d’interfaces, en simplifiant la navigation et en limitant les ruptures cognitives, se profile une transformation silencieuse de notre rapport au travail, pensée autant pour l’efficacité que pour la réassurance des utilisateurs.
Keynote | Concevoir des produits globaux sans perdre la confiance des usages locaux
La seconde Keynote prolonge cette vision avec Camiel Schoonens, Chief Product Owner International chez ADP. Être un acteur global est avant tout une responsabilité : concevoir des solutions capables d’accompagner des millions de collaborateurs dans plus de 140 pays, sans jamais perdre de vue les réalités locales et les usages du terrain.
« Concevoir des produits aujourd’hui, ce n’est plus ajouter des fonctionnalités. C’est concevoir des expériences capables de s’adapter aux usages, aux contextes et aux attentes. »
Dans un monde du travail multigénérationnel, hybride et international, les outils doivent être robustes dans leur architecture, mais irréprochables dans leur simplicité d’usage. Ici, l’innovation ne cherche pas l’effet waouh, mais ce moment précis où les collaborateurs réalisent qu’elle leur fait gagner du temps, de la clarté et de la sérénité. Une IA volontairement discrète dans l’expérience, mais pleinement présente dans la valeur créée.
ADP Assist : rendre l’innovation fiable, lisible et digne de confiance
Moment charnière de cette édition 2026 : celui où l’innovation quitte le registre des intentions pour entrer pleinement dans celui de l’usage. Sur scène, Dominique Rodier, Vice President & R&D Director – ADP, rappelle un principe fondateur :
« Nous ne cherchons pas à accompagner le travail. Nous cherchons à le réinventer. »
Une conviction résumée en une formule : « chaque moment compte ».
Pensé pour intervenir là où l’erreur n’est pas permise (paie, droit social, gestion des temps et des activités, conformité) ADP Assist se positionne comme un assistant métier, capable d’analyser, d’expliquer, d’alerter et de sécuriser, tout en laissant la décision finale à l’humain.
Les démonstrations s’enchaînent et illustrent concrètement cette promesse :
- Harvin Allagapen, Directeur des Services Clients – PME et ETI chez ADP, met en lumière l’apport de l’assistant sur la paie, avec la détection des anomalies et une restitution pédagogique des écarts.
- Emmanuel Prévost, Directeur de la Veille Juridique – ADP, montre comment l’IA peut aider les professionnels à traiter des questions complexes en matière de Code du travail, de jurisprudence, de conventions collectives et d’accords d’entreprise, avec des réponses détaillées, sourcées et explicables.
- Florent Rispoli, Directeur des Ressources Humaines – ADP, apporte son regard RH. Il explique que dans un quotidien saturé d’interruptions, ADP Assist permet de réduire la dispersion et de redonner du temps à l’accompagnement.
- Yann Baudot, Directeur des Services Clients – Grands Comptes chez ADP, étend la démonstration à la gestion des temps et des activités, un enjeu éminemment important pour sécuriser la paie et fluidifier l’organisation.
Le message clé qui ressort de ces démonstrations est que ADP Assist ne se substitue pas aux experts métier mais leur redonne de la maîtrise, de la lisibilité et du temps. Il s’agit, avant tout, de renforcer la confiance dans leurs décisions.
Table ronde | Paie internationale : d’une complexité opérationnelle à un enjeu stratégique de confiance
La table ronde internationale réunit Baptiste De Drée, Managing Director EMEA chez FedEx, aux côtés de Marc Jendrzejewski, VP Implementation Global Payroll – ADP, et Caroline Rambaud, VP Global Payroll Operations – ADP EMEA.
Les intervenants sont rapidement unanimes. La complexité de la paie internationale ne tient pas tant au calcul qu’à l’écosystème qui l’entoure. Multiplicité des pays, hétérogénéité des outils, fragmentation des prestataires, dispersion de la donnée… c’est l’architecture globale qui met l’exécution sous tension et qui appelle une innovation avant tout structurelle, organisationnelle et méthodologique.
« Le défi n’est pas de faire la paie, mais de la faire juste, partout, tout le temps », résume Baptiste De Drée. Dans ce contexte, standardiser sans nier les spécificités locales, fiabiliser la donnée et sécuriser les flux deviennent des priorités stratégiques. L’innovation ne se joue alors pas dans la rupture, mais dans la capacité à concevoir des fondations solides et évolutives. Comme le rappelle Marc Jendrzejewski, « la qualité de la data n’est pas un sujet IT, c’est un sujet business ».
Pour Caroline Rambaud, la paie dépasse désormais son rôle d’exécution pour devenir un véritable outil de pilotage et de résilience. « L’innovation, c’est investir dès maintenant tout en gardant le regard tourné vers l’avenir. C’est avancer sans précipitation, sécuriser les innovations, et toujours placer l’humain au centre. » Une approche qui illustre une innovation responsable, pensée dans le temps long, au service de la confiance et de la continuité.
Une vision que complète Marc Jendrzejewski : « La technologie et l’innovation ne valent que si elles viennent servir un processus métier, et non l’inverse. »
Table ronde | Externaliser la gestion administrative RH : un levier d’efficacité et de création de valeur
Cette dernière séquence collective réunit Rodolphe Legendre, Senior Director Services Beyond Payroll, Marie-Astrid Bernard, Directrice des Ressources Humaines Groupe d’iQera, et Bruno Pluchet, Directeur des Ressources Humaines Europe de l’Ouest chez Sibelco.
Chez iQera, le constat de départ est très opérationnel. Une fonction RH sollicitée en continu, jusqu’à 1 200 demandes mensuelles, une pression forte sur les équipes paie et une relation entre salariés et professionnels des RH sous tension. La mise en place d’un portail RH centralisé change la donne. Les demandes sont tracées, les délais clarifiés, les rôles mieux définis. « Nous sommes passés d’une logique d’urgence permanente à une relation beaucoup plus apaisée », explique Marie-Astrid Bernard. À la clé : moins d’interruptions, plus de sérénité et du temps retrouvé pour travailler sur le fond.
Chez Sibelco, le déclencheur est différent mais tout aussi structurant. Dans un contexte social sensible, marqué par une BDESE lourde à maintenir et un risque juridique réel, l’externalisation s’impose comme un choix de lucidité. « En quelques semaines, nous avons rattrapé plusieurs années de retard », confie Bruno Pluchet. L’externalisation permet ici de fiabiliser les processus, de sécuriser le cadre légal et de faire évoluer l’analyse sociale vers un véritable outil de pilotage, y compris pour les managers.
Deux trajectoires distinctes, mais une conclusion commune : l’externalisation n’est plus une solution de dernier recours. Elle devient un levier d’organisation à part entière, modulable, progressive et ciblée, dès lors qu’elle permet de libérer du temps et de la valeur.
Keynote | IA : et si le vrai sujet, c’était l’humain ?
Lors de la Keynote de Salime Nassur, fondateur et CEO de Maars, créateur de l’émission Talents Augmentés Power Up with AI sur BFM Business, la matinée prend une hauteur philosophique et stratégique. D’emblée, il déplace le regard et recadre le débat avec une formule qui fait mouche : « On m’a demandé de venir parler d’IA… mais ce n’est pas parler d’IA, c’est parler d’humains. »
Avant de poser ce qu’il considère comme la seule vraie question : « Est-ce qu’à un moment, nous, en tant qu’humains, allons devenir obsolètes ? »
Selon l’expert, le futur du travail ne se décrète pas depuis une slide ou un comité de pilotage. « On ne peut jamais complètement décider : des usages arrivent, et on les subit », rappelle-t-il, soulignant l’enjeu majeur pour les organisations : anticiper et accompagner, plutôt que nier ou freiner artificiellement les transformations en cours.
Salime Nassur informe l’audience qu’automatiser sans transformer revient à accélérer les dysfonctionnements existants : « Si on automatise quelque chose qui ne fonctionne pas bien, cela va aller mal… beaucoup plus vite. » Dans un monde où « le temps se raccourcit », l’enjeu n’est donc pas d’aller plus vite, mais d’aller mieux.
L’expert conclut sur une déclaration stratégique qui résonne fortement avec l’ensemble des prises de parole de l’événement. Lorsque toutes les entreprises disposeront des mêmes technologies et des mêmes IA, la véritable rareté ne sera plus l’outil, mais l’humain.
Capacité d’adaptation, apprentissage continu, leadership deviennent alors les vrais facteurs de différenciation. Car si le « moyen » peut être remplacé par l’IA, l’excellence, elle, reste profondément humaine.
Une clôture en émotion
L’événement s’achève sur une performance artistique singulière avec une violoniste seule en scène, son instrument illuminé de néons rouges aux couleurs d’ADP. Une parenthèse sensible, presque symbolique, en écho aux messages clés de l’événement : technologie et émotion, rigueur et intuition, performance et humanité. Une manière élégante de rappeler que, chez ADP, l’innovation ne se proclame pas seulement. Elle se construit, se prouve… et se vit.
Innover, aujourd’hui, ne consiste plus à démontrer ce que la technologie sait faire, mais à prouver qu’elle peut le faire sans jamais fragiliser la confiance. C’est à cette condition, et à cette condition seulement, que le futur du travail pourra s’écrire durablement.



