Pour Cindy Romeo, Experte Paie RH chez Parthena Consultant, les entreprises sont passées en quelques années d’une phase de découverte de l’IA à une approche beaucoup plus mature, centrée sur des usages concrets, sécurisés et créateurs de valeur pour les RH. Cette évolution s’accompagne d’une multiplication des cas d’usage et du développement d’environnements plus sécurisés par les éditeurs, signe d’une accélération rapide de l’adoption de l’IA dans les organisations. Retrouvez cette interview et bien plus encore dans le 2e Baromètre de l’IA dans les RH.
Comment évolue la demande des entreprises en matière d’IA appliquée aux RH ?
La demande des entreprises autour de l’IA appliquée aux ressources humaines a fortement évolué ces deux ou trois dernières années. Au départ, l’intelligence artificielle suscitait parfois de la méfiance, tandis que de nombreux utilisateurs se sont emparés d’outils comme ChatGPT de façon assez spontanée, sans toujours en maîtriser les usages ni les risques.
Aujourd’hui, la relation des entreprises et des RH à l’IA a gagné en maturité. La question n’est plus seulement d’utiliser ces outils, mais de savoir comment les mobiliser de manière pertinente, sécurisée et créatrice de valeur pour la fonction RH. Les cas d’usage se sont multipliés : assistance juridique connectée aux conventions collectives, vérification des calculs de paie, extraction de données personnelles à partir des CV, automatisation de la saisie des notes de frais, entre autres.
Dans le même temps, les éditeurs développent des environnements de travail fermés et sécurisés, afin de mieux répondre aux enjeux de confidentialité et de protection des données. Nous assistons ainsi à une nette accélération du marché.
Où en sont les DRH dans leur connaissance de l’IA et de ses conséquences métier ?
Beaucoup de DRH ont bien pris conscience que l’IA va transformer certains métiers RH et qu’il est essentiel d’anticiper ces évolutions. Le métier de gestionnaire de paie, par exemple, illustre bien cette dynamique. Autrefois très tourné vers la saisie manuelle, il demande aujourd’hui une solide maîtrise des éléments réglementaires et techniques de paie.
Dans ce cadre, l’IA apparaît comme un levier plus qu’une menace. Elle aide les professionnels à gagner en fiabilité et en efficacité, tout en renforçant la valeur de leur expertise.
Au fond, l’IA va permettre de redéfinir les contours de nombreux métiers pour les recentrer sur ce qui fait leur essence : l’humain. Paradoxalement, c’est donc la machine qui contribue aujourd’hui à redonner de la valeur aux dimensions relationnelles et humaines de ces fonctions.
Les PME et ETI ont-elles fait des progrès en matière de qualité et de gouvernance de la data ?
Au sein des PME et des ETI que nous accompagnons, nous constatons des écarts marqués dans l’adoption et l’usage de l’IA selon le niveau de structuration de l’entreprise.
Dans les plus petites structures, l’IA reste encore peu présente et suscite davantage de réserves. Cela s’explique sans doute par le fait que ces entreprises s’appuient souvent sur des profils très polyvalents, qui gèrent à la fois les RH, la paie, l’administration, voire la comptabilité. Le niveau de connaissance sur ces sujets y est donc plus hétérogène, et l’on observe encore une certaine appréhension face à l’intelligence artificielle.
À mesure que l’on se dirige vers des entreprises plus structurées, dotées d’une fonction RH mieux établie, les attentes en matière d’outils d’IA deviennent à la fois plus nombreuses, plus précises et plus matures. Les projets menés dans ces contextes sont aussi souvent plus ambitieux et plus stimulants.



