Dans le cadre de la quatrième semaine de notre dossier “Tendances RH 2026” dédiée à la culture managériale, notre Revue du Web est exceptionnellement dédiée à ce sujet unique qui cristallise autant les tensions que les attentes des organisations. Au menu, un modèle inédit d’inclusion en entreprise qui transforme la manière d’accompagner la fragilité professionnelle, un recrutement sans diplômes qui rebat les cartes, et des parcours “yoyo” désormais assumés comme des preuves d’agilité (oui, les trajectoires en zigzag ont enfin la cote). S’ajoutent le mythe du manager moderne mis à l’épreuve du terrain, un rôle managérial qui séduit de moins en moins, et des organisations comme le Club Med qui repensent leur culture pour redonner du cadre et de la lisibilité à leurs pratiques. Bref, le management version 2025, c’est un mélange de lucidité, de secousses… et de transformations indispensables. Et comme vous le découvrirez dans le chiffre de la semaine, les entreprises investissent désormais bien plus sérieusement dans l’accompagnement de leurs managers. Bonne lecture !
[DIVERSITÉ & INCLUSION] Quand accompagner la fragilité transforme la culture managériale
Les Échos présentent “Nouveaux Collègues”, un groupement d’employeurs créé par Siemens, LVMH et Colas Rail pour intégrer durablement des personnes vivant avec des troubles psychiques au sein des entreprises. Né de l’expérience pionnière du Centre Être Handicap de Siemens, le dispositif propose un cadre d’emploi sécurisé, un accompagnement sur mesure et une montée en compétences progressive. Mais l’impact va au-delà de l’insertion : équipes plus soudées, pratiques managériales qui s’aiguisent, organisations qui gagnent en rigueur et en attention. Un exemple concret d’inclusion qui devient levier de cohésion, d’efficacité et de maturité managériale. Je lis l’article
[RECRUTEMENT] Recruter sans diplômes : une posture managériale de plus en plus plébiscitée
France Travail met en lumière la stratégie de la MAIF, qui a fait un choix fort : privilégier les compétences, les aptitudes et les qualités humaines plutôt que les diplômes. Une révolution managériale qui se répand de plus en plus : recruter sans CV académique comme boussole oblige à lire différemment les trajectoires, repérer les potentiels discrets, accompagner des profils atypiques, bref, sortir des automatismes. Pour les managers, cela demande un jugement plus fin, une confiance accrue, et un véritable changement de grille de lecture. Résultat : une culture managériale plus ouverte, plus lucide… et mieux alignée avec les compétences réellement mobilisées au quotidien. Je lis l’article
[TALENT MANAGEMENT] Les parcours “yoyo” deviennent la nouvelle norme
Le magazine Rebondir montre que les trajectoires en zigzag, longtemps vues comme instables, s’imposent désormais comme de véritables preuves d’agilité. Reconversions, changements de secteurs, virages rapides : ces parcours révèlent des professionnels capables de se réinventer, d’apprendre vite et d’évoluer dans des environnements mouvants. Pour les DRH, le sujet est stratégique. Il s’agit d’élargir la grille de lecture, de repérer le fil conducteur plutôt que la linéarité parfaite, et de reconnaître la valeur des expériences multiples. À l’heure où les organisations recherchent vitesse d’adaptation et polyvalence, ces profils deviennent des alliés précieux. Je lis l’article
[MANAGEMENT] Le management moderne à l’épreuve du terrain
Le Journal du Net démonte un mythe bien installé : celui du manager moderne, empathique, collaboratif, inspirant… parfait sur le papier, beaucoup moins dans la réalité. L’article pointe un décalage devenu classique : ateliers de bienveillance à répétition, feed-back ritualisés, vocabulaire impeccable… mais un cap flou, des décisions tardives et des comportements qui contredisent le discours affiché. Résultat : les équipes perçoivent l’écart entre ce qui est proclamé et ce qui est réellement vécu, la confiance s’effrite et la mécanique collective s’enraye. Cette dissonance révèle une question de fond : on ne mesure pas la qualité managériale à la liste des soft skills affichées, mais à la capacité à décider, clarifier, assumer et offrir un cadre stable. En d’autres termes, moins de posture, plus de substance. Je lis l’article
[MANAGEMENT] Quand manager ne fait plus rêver
Le Point dresse un tableau sans filtre : le rôle de manager ne fait plus autant envie qu’il y a quelques années. On y suit Sarah, jeune manageuse “complètement cramée” en quatre mois : charge ingérable, soutien quasi inexistant, équilibre intenable. Un cas isolé ? Pas vraiment. Le management dévoile aujourd’hui ses zones d’ombre : pression constante, responsabilités qui explosent, injonctions paradoxales… et une fonction qui s’est complexifiée plus vite que les dispositifs censés la soutenir. L’enjeu est clair : redonner de la clarté, de la reconnaissance, du soutien et de vraies marges de manœuvre pour que le management redevienne une perspective désirable, et non un poste à risques. Je lis l’article
[CULTURE MANAGÉRIALE] Quand le Club Med la revisite
Courrier Cadres montre comment le Club Med a décidé de prendre le sujet managérial à bras-le-corps. Au cœur de la transformation, une « boussole du leadership » articulée autour de quatre postures clés : leader stratège, leader authentique, leader d’influence, leader coach. Objectif : harmoniser le langage managérial, clarifier les attentes et soutenir des équipes dispersées dans le monde entier. Concrètement ? Un management plus lisible, plus responsabilisant, mieux structuré, capable d’accompagner des parcours et des attentes de plus en plus diversifiés. Je lis l’article
📊 Le chiffre de la semaine : 68 %
C’est la part des entreprises qui ont recours à une forme de coaching en 2025, d’après des données relayées par Dynamique-Mag et issues de l’Observatoire du Travail et de l’Innovation. Elles n’étaient que 35 % en 2020. Une progression spectaculaire, qui montre à quel point les organisations cherchent désormais à outiller, accompagner et soutenir leurs managers face à la complexité croissante du travail.
💻 Le post LinkedIn de la semaine : vers une culture managériale apprenante
On ne devient pas manager en formation, mais en situation. C’est le message porté par Samuel Durand, qui interroge Séverine Besson, chercheuse en sciences de gestion, et Thierry Picq, professeur à EMLYON et expert des milieux de haute performance, sur l’apprenance, cet état d’esprit qui transforme l’apprentissage en dynamique continue. Au programme : le modèle 70-20-10, les RETEX militaires qui transforment chaque erreur en progrès collectif, et le rôle du manager comme créateur d’un cadre où l’on teste, partage et ajuste. Une conviction forte : une culture managériale solide ne se mesure pas à ce qu’on enseigne, mais à ce qu’on apprend ensemble.

Illustration : image générée par une IA



